A l'intérieur des bâtiments, l'air est généralement
bien plus pollué qu'on ne le pense. Les matériaux
employés pour la construction, ceux mis en oeuvre pour
l'aménagement, ainsi que les produits d'entretien utilisés
pour le nettoyage contiennent bien souvent des substances mauvaises
pour la santé : Composés Organiques Volatils et autres
composants chimiques (benzène, formaldéhyde, toluène,
xylène...).
Ces composés chimiques sont présents dans des matériaux comme les PVC, contreplaqués, les vernis, les résines, les colles... Les produits de traitement du bois (insecticides), les solvants d'entretien et produits ménagers... Les moquettes qui contiennent des solvants de colles très volatils.
Notre présence et nos activités amènent également leur lot de pollution :
Odeurs, micro-organismes, allergènes des animaux domestiques, bricolage ou nettoyage...
Les désodorisants à base de parfums de synthèse, que l'on trouve fréquemment dans les toilettes, sont nocifs
Bien sûr, ce qui vaut pour les maisons vaut pour les bureaux. Spécifiques à ces derniers, imprimantes et photocopieurs laser émettent de l'ozone, irritant pour les voies respiratoires et les muqueuses oculaires. Vite, des plantes vertes !
En 1980, le Dr Bill Wolverton de la NASA a mené des études
portant sur le recyclage de l’air dans les navettes spatiales. Ces
premiers travaux permirent de découvrir que les plantes, êtres
vivants qui se nourrissent et échangent avec le milieu
extérieur, ont la capacité de dépolluer l’air
de façon significative. Depuis, différentes recherches
sont venues confirmer ses résultats.
En France, le
programme Phyt'Air regroupe depuis décembre 2001 les
recherches du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment)
de Nantes et de la faculté de pharmacie de Lille. 3 plantes
(chlorophytum, dracaena marginata et scindapsus
aureus) et 3 polluants (toluène, monoxyde de carbone et
formaldhéhyde) ont principalement été
étudiés.
Ces études indiquent que les
plantes absorbent les polluants principalement par les racines et par
les feuilles. On n'exclut pas aujourd'hui une participation des
micro-organismes présents dans le susbtrat.
Bien entendu, les plantes ne peuvent à elles seules garantir un air pur ! Elles doivent venir accompagner une démarche plus globale, préventive (construire avec des techniques et matériaux plus sains) et curative (aération manuelle, notamment). Voir plus bas.
Chaque plante ayant des capacités différentes à
filtrer les éléments polluants, c'est en les associant
que vous obtiendrez les meilleurs résultats. L'effet décoratif
n'en sera que meilleur !
Voici une liste de quelques plantes d'intérieur, vertes ou fleuries, présentant des capacités de dépollution intéressantes.
Le palmier d'Arec (Areca ou chrysalidocarpus lutescens) absorbe efficacement selon la NASA le xylène et le formaldhéhyde présents dans l'atmosphère. A conseiller pour les pièces fraîchement repeintes. Pas de soleil direct.
L'anthurium (anthurium andreanum) absorbe notamment l'ammoniac présent dans la cuisine. Il apprécie les ambiances humides et les sols contenant de la terre de bruyère. Brumisez régulièrement ses feuilles robustes et vernissées.
L'azalée (rhododendron indicum) absorbe les vapeurs d’ammoniac des détergents pour sols, le xylène et le formaldhéhyde. Couverte entre septembre et mai de belles fleurs roses. Lumière indirecte à 18° C maximum durant la floraison.
Chlorophytum
... Ou phalangère, ou « plante araignée » (chlorophytum comosum). Effet dépolluant contre les solvants des peintures et des colles (toluène, formaldéhyde). Capte aussi le monoxyde de carbone et le xylène. Plante robuste et prolifique, parmi les plus appréciées des plantes d'intérieur.
Dracaena fragrans absorbe formaldéhyde et benzène (notamment celui dégagé par la fumée de cigarettes). Capte aussi xylène et trichloréthylène. Formé de troncs sur lesquels poussent les rosettes de feuilles, il s'avère idéal dans les chambres où ils poussera tout en hauteur.
Appelé aussi "figuier pleureur", le ficus benjamina capte le formaldéhyde, le xylène et l'ammoniac. C'est un petit arbre élégant facile à conserver dans une pièce bien éclairée.
Philodendron
Nephrolepis exaltata 'Bostonienis' fait partie des meilleures plantes dépolluantes. Absorbe très bien le formaldhéhyde et le xylène, en raison d'un cycle absorption / rejet d'eau assez important. Une belle fougère décorative, aux frondes retombantes, découpées et ondulées. A placer dans une pièce fraîche en lumière tamisée.
Le lierre (hedera helix) filtre le formaldéhyde, le toluène, le trichoréthylène ainsi que le monoxyde de carbone dégagé par les appareils de chauffage. Cultivé en suspension, il peut être placé dans toutes les pièces de la maison : cuisine, salle de bains, chambre à coucher...
Le philo rouge (philodendron erubescens) est le plus efficace de la famille pour épurer l'air de son formaldhéhyde. Utile donc si le mobilier est formé de panneaux de particules. Se plait également dans l'humidité des salles de bain.
Spathiphyllum
Le pothos (scindapsus aureus) absorbe vaillamment le monoxyde de carbone, mais également toluène, benzène, hexane et formaldhéhyde. Parfait pour un coin bricolage. Evitez la chambre des enfants : sa sève irrite la peau.
La « fleur de lune » (spathiphyllum) est un dépolluant très efficace. Il absorbe quantité de composés organiques volatils contenus dans les colles, peintures, vernis et mastics utilisés en aménagement intérieur. Ses fleurs blanches ont le bon goût de s'épanouir presque toute l'année et il se contente de peu de lumière.
Beaucoup de plantes ?
On estime qu’une belle plante tous les 10 m² suffit à garder un air sain dans une maison de 2,50m de hauteur sous plafond.
L'air intérieur s'avère donc nettement plus pollué que celui de l'extérieur, même en ville avec les gaz d'échappement !
Aérer très régulièrement les maisons est donc conseillé : une bonne ouverture de fenêtres chaque matin valant mieux à ce titre qu'une VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) mal réglée et pas entretenue... source de pollution !
Outre l'aération, veillez également à :
éviter de trop chauffer,
entretenir et nettoyer les systèmes d'aération,
utiliser des matériaux de construction écologiques,
privilégier les produits d'entretien respectant l'environnement.
Xavier Gerbeaud

Vos avis, votre expérience
anne.guip (guipavas) : cc, je voudrai savoir quand je peux faire un semis en godets de graines de tournesols sous serre plastique. la plante de tournesols grande de15cm environ pour le 7à9 mai merci anne.guip