L'efficacité des plantes dépolluantes reste à prouver

Le 28 août 2010 par Clémentine Desfemmes

Cultiver quelques plantes vertes en pots, choisies parmi les espèces végétales présentées comme étant dépolluantes, suffit-il à respirer un air plus sain à l'intérieur des pièces d'habitation ? Cela reste encore à prouver scientifiquement.

Des données scientifiques incomplètes et une information très floue

Pothos 'Marble Queen'Les plantes dépolluantes, on en parle beaucoup. Certaines sont en effet capables d'absorber des substances chimiques polluantes et de les "digérer" : différentes études réalisées depuis les années 70 le prouvent. Cependant, la plupart des tests effectués jusqu'à présent ne reproduisent pas les conditions réelles : les plantes sont placées dans des enceintes de petit volume, durant une durée limitée, et elles ne sont soumises qu'à un seul polluant, présent à des concentrations bien supérieures à celles qui sont observées dans nos appartements. Par ailleurs, les plantes présentées comme étant dépolluantes sont de plus en plus nombreuses, et les informations fournies aux consommateurs font rarement l'objet d'une validation scientifique.

Programme Phytair : évaluer les capacités dépolluantes des plantes

Afin d'aider les pouvoirs publics et les consommateurs à y voir clair, et de disposer de données scientifiques fiables, le programme Phytair a été lancé en 2004 par l'ADEME (Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie), le CSTB de Nantes (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) et la faculté des sciences pharmaceutiques et biologiques de Lille. Parmi les multiples espèces végétales présentées comme étant dépolluantes, les chercheurs ont commencé par étudier 3 plantes très répandues : le pothos, le dracaena et le chlorophytum. Les premiers résultats obtenus en laboratoires sont convaincants : ces 3 plantes se montrent capables d'absorber le formaldéhyde, le benzène et le monoxyde de carbone.

D'indispensables tests grandeur nature dans une maison témoin du CSTB

Reste à poursuivre l'expérience en plaçant cette fois les plantes dans des conditions réalistes, c'est-à-dire reproduisant celles d'une pièce d'habitation et d'une maison  : humidité de l'air limitée, température constante et plutôt élevée, luminosité variable, densité foliaire plus ou moins importante, grands volumes, faibles mouvements de l'air, éventuel phénomène de saturation des végétaux à long terme... Seuls ces résultats, qui devraient être disponibles en 2011, pourront confirmer ou non l'efficacité des plantes dépolluantes à l'échelle d'une habitation. L'objectif est également d'étendre l'étude à d'autres espèces végétales.

En attendant, ouvrez les fenêtres !

En attendant de savoir si votre ficus en pot est réellement capable d'assainir l'air de votre salon, appliquez les consignes de base (et de bon sens) : réduire les sources de polluants (éviter le tabagisme en lieu clos, entretenir les systèmes de chauffage à combustion, choisir des matériaux de construction et de décoration ainsi que des produits d'entretien adaptés...) et aérer les pièces (idéalement, 10 minutes le matin et 10 minutes le soir).

A lire aussi : La phytoremédiation, ou comment les plantes dépolluent sols et eaux

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