Curiosités végétales : les plantes sensitives

Le 8 juillet 2013 par Clémentine Desfemmes

On considère généralement les plantes comme des organismes immobiles. Vivants, bien sûr, mais sans mouvements apparents : une plante qui gigote, c'est un peu aberrant ! Et pourtant, certaines d'entre elles sont capables de réagir à une stimulation extérieure en exécutant un mouvement. C'est le cas des plantes sensitives : découvrons-les !

Des plantes capables de réagir immédiatement à un stimulus

Une plante sensitive : Mimosa pudica

Une plante sensitive : Mimosa pudica

Une plante dite sensitive, c'est une plante capable de réagir à une stimulation extérieure (contact avec les feuilles, exposition aux rayons du soleil, intensité lumineuse, humidité ambiante...) en exécutant un mouvement plus ou moins rapide. L'objectif de ces mouvements induits et réversibles est la survie de la plante : protection du végétal face à un prédateur herbivore ou des conditions météorologiques défavorables, orientation optimale des feuilles par rapport au soleil, capture de nourriture pour certaines plantes carnivores...
Pour les scientifiques, la notion de "sensitivité" en général n'a guère de signification. En physiologie végétale, on parle plutôt de thigmonastie (réaction suite à un contact), de nyctinastie (mouvement induit par l'alternance jour/nuit), de thermonastie (mouvement déclenché par une variation de température), d'hydronastie (lié à une variation d'humidité)... 

Les plantes sensitives les plus spectaculaires...

Dionea muscipula

Dionea muscipula - poils sensitifs

Les plantes sensitives les plus étonnantes sont aussi les plus connues. A commencer par Mimosa pudica (appelé aussi sensitive) : au moindre contact avec l'une de ses feuilles, la plante est capable de replier en quelques secondes les folioles de la feuille effleurée.
Pour Dionea muscipula, la dionée attrape-mouche, le contact d'un insecte avec les poils sensitifs disposés aux extrémités des feuilles induit la fermeture du piège que composent les deux lobes distaux des feuilles, qui évoquent une véritable mâchoire.
Chez Codariocalyx motorius (Desmodium gyrans), deux petites feuilles situées sur le pétiole de feuilles plus grandes effectuent un mouvement elliptique destiné à repérer la meilleure orientation pour les grandes feuilles, afin de maximiser leur exposition à la lumière. Ce mouvement, visible à l'oeil nu, a d'ailleurs valu à ce desmodium le nom de "plante qui danse".
D'autres plantes de la vaste famille des mimosas sont également qualifiées de sensitives, et ont la faculté de replier leurs feuilles suite à un contact et/ou une stimulation lumineuse : Schrankia uncinata, Chamaecrista fasciculata, Mimosa nuttallii, Biophytum sensitivum...

... et les mouvements qui passent inaperçu

Desmodium gyrans

Desmodium gyrans

En pratique, on qualifie de "plante sensitive" celles qui réagissent rapidement à une stimulation tactile, et pour lesquelles le mouvement est le plus spectaculaire. Mais on a tendance à oublier que de nombreuses plantes sont capables de "mouvement" en fonction de l'environnement dans lequel elles se trouvent, même s'ils sont tellement lents qu'il passent quasiment inaperçu ! Citons par exemple les fleurs de tulipe qui s'ouvrent lorsqu'il fait chaud et se referment dès que la température chute, les vrilles du liseron (lire : Comment s'accrochent les grimpantes ?) qui effectuent des mouvements hélicoïdaux et explorent ainsi l'espace afin de "trouver" un support sur lequel s'enrouler, les feuilles de l'oxalis qui se replient le soir et se déploient à nouveau le matin...

Comment ça marche : explications physiologiques

Mimosa pudica : avant et après contact avec les feuilles

Mimosa pudica : avant et après contact avec les feuilles

Intéressons-nous plus particulièrement aux phénomènes de thigmonastie du Mimosa pudica et de la dionée attrape-mouche : ces mouvements induits par un simple contact ou un choc, actifs, réversibles, dans une direction indépendante de celle du stimulus, sont dus à des variations différentielles de turgescence.
Pour simplifier, au point de contact (sur les folioles pour le mimosa, sur les poils sensitifs de la dionée), un phénomène électrique de type potentiel d'action (comme celui de l'influx nerveux) est induit par des cellules spécialisées, et se propage jusqu'à l'organe réponse, où, grâce à des mouvements d'eau au sein des cellules, les feuilles se replient rapidement. Pour revenir à l'état initial, il faut que l'eau regagne les cellules dont elle a été chassée, ce retour à l'état initial étant beaucoup plus lent (plusieurs minutes pour le mimosa, plusieurs heures pour la dionée). La similitude avec les mouvements des animaux évolués s'arrête donc là : certes, on a au départ quelque chose qui ressemble à un influx nerveux, mais chez les plantes, pas de fibres musculaires capables de se contracter et de s'étirer très rapidement et de manière répétée !

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