Frelon oriental (Vespa orientalis) : identification, risques et vigilance au jardin en France
Comment identifier le frelon oriental ?
Le frelon oriental est un grand frelon, de taille comparable au frelon européen (Vespa crabro). Les ouvrières mesurent en moyenne 18 à 23 mm, tandis que les reines peuvent atteindre 35 mm.
Principaux critères d’identification
- couleur dominante roux brun, tirant vers le rouge ;
- seulement deux segments jaunes visibles sur l’abdomen ;
- tête partiellement jaune, avec des mandibules rousses ;
- corps peu velu, à l’aspect lisse.
Il ne faut pas le confondre avec le frelon asiatique (Vespa velutina), plus sombre, noir et jaune, avec des pattes jaunes.
Les nids sont généralement dissimulés dans des cavités (murs, talus, sol), ce qui les rend discrets et parfois difficiles à repérer lors des activités de jardinage.
Origines et diffusion : où en est-on en France ?
Originaire d’un vaste territoire allant du sud de l’Italie au Moyen-Orient et à l’Asie centrale, le frelon oriental est adapté aux climats chauds et secs.
En France, sa présence est récente :
- premières observations à Marseille en 2021 ;
- plusieurs nids détruits entre 2021 et 2023 ;
- signalements récents dans le Var et les Alpes-Maritimes.
Les scientifiques évoquent deux pistes principales pour expliquer son arrivée :
- le transport accidentel de reines, notamment via les ports ;
- une extension naturelle depuis l’Italie, favorisée par le réchauffement climatique.
À ce stade (début 2026), son implantation reste très localisée, sans comparaison avec l’expansion massive du frelon asiatique.
Quel impact sur les abeilles et la biodiversité du jardin ?
Comme les autres frelons, Vespa orientalis est un prédateur opportuniste. Il se nourrit d’insectes, de fruits mûrs et de nectar, mais chasse aussi les abeilles pour nourrir ses larves.
Dans certaines régions du monde, il est considéré comme un prédateur majeur de l’abeille domestique, capable de :
- capturer les butineuses à l’entrée des ruches ;
- provoquer un stress intense bloquant le butinage ;
- affaiblir durablement les colonies.
En France, le risque principal serait un effet cumulatif avec le frelon asiatique, notamment dans les zones méditerranéennes plus sèches.
L'enjeu n'est pas neutre, et les jardiniers ont un rôle à jouer : un jardin pauvre en fleurs et en refuges fragilise encore davantage les pollinisateurs, déjà sous pression face aux prédateurs et au changement climatique.
Quels moyens de lutte et quels bons réflexes au jardin ?
À ce stade, la stratégie repose sur la vigilance et la gestion raisonnée, et non sur la destruction systématique.
Actions recommandées
- signaler toute observation suspecte (INPN, MNHN) plutôt que tenter une destruction ;
- ne pas installer de pièges non sélectifs au jardin, qui capturent de nombreux insectes utiles ;
- favoriser un jardin accueillant pour les pollinisateurs (diversité de plantes mellifères, haies et zones refuges, points d’eau peu profonds).
La destruction des nids doit être réservée à des professionnels, en particulier en zone urbaine ou habitée.
Conclusion
En 2026, le frelon oriental ne constitue pas encore une menace majeure en France, mais les exemples passés incitent à la prudence. Il constitue un signal supplémentaire des bouleversements écologiques en cours. Face à ces nouvelles espèces, le rôle du jardinier consiste à observer, comprendre et agir avec mesure.
On ne le répétera jamais assez : quand on est jardinier amateur, ce qu'on peut faire de mieux pour protéger les abeilles, c'est préserver un jardin vivant et diversifié, allié naturel de la biodiversité.
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