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Destruction de la biodiversité : Ikea® condamné par la justice
Autorisation de construction : une étude d'impact réalisée à la va-vite
En 2007, la société Ikea® demande l'autorisation de construire une plateforme logistique près de Marseille, au lieu-dit de la Feuillane, sur un terrain en friche. Comme l'exige la loi, Ikea® fait réaliser une étude d'impact sur les espèces animales et végétales potentiellement dérangées par la construction de cette vaste plateforme : c'est à Eco-Med, cabinet d'expertise-conseil en environnement, que le travail est confié. Ikea® met son prestataire sous pression, afin que l'étude soit réalisée rapidement... trop rapidement. Le cabinet ne fournit donc qu'un prédiagnostic, à défaut d'une étude complète. Ce prédiagnostic semble satisfaire les services de l'Etat et le CNPN (Conseil National de Protection de la Nature), car Ikea® reçoit le feu vert pour les travaux.
Feu vert pour la destruction d'espèces
Problème : la zone abrite des orchidées sauvages, qui fleurissent au printemps. L'étude d'impact ne les aurait pas détectées, celle-ci ayant été réalisée en automne et en hiver. Et les orchidées ne sont pas les seules espèces vivantes à être dérangées par Ikea®. L'association Nature Citoyenneté Crau Camargue (Nacicca) dévoile son propre inventaire : 8 espèces végétales (orchidées sauvages, mais aussi Gratiola Officinalis, Spiranthes aestivalis...), 21 espèces d'oiseaux protégées (notamment le faucon crécerellette, vulnérable, et le rollier d'Europe, menacé) ainsi que des reptiles et des amphibiens (triton palmé) sont installés sur la zone... Fort de ces nouvelles informations, le CNPN demande alors à Ikea de modifier le chantier pour limiter l'impact sur la faune et la flore, mais la plateforme est tout de même construite. La destruction d'espèces protégées est donc sciemment autorisée.
Ikea® est finalement condamné
Cependant, Ikea® a oublié de demander la dérogation préfectorale pour destruction d'espèces : cet oubli n'a pas échappé à l'association Nacicca. Ikea® s'est ainsi vu condamné, début juin, à 10.000 euros d'amende, pour "destruction d'espèces végétales protégées", "destruction du milieu d'une espèce végétale protégée", et "destruction du milieu particulier d'une espèce animale non domestique". Ikea® a fait appel de cette décision.
En France, en matière de protection de la biodiversité et de l'environnement, les autorités font parfois (souvent ?) preuve d'un certain laxisme... Quant aux cabinets d'expertise chargés de réaliser les études d'impact, l'histoire montre qu'ils ne sont pas infaillibles.
Clémentine Desfemmes
Crédit photos : flickr.com / philippeboissel
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Vos avis, votre expérience
romainp2301 (PARIS) : 10.000 euros? c'est un blague! a quand des amendes bcp plus concéquentes (voir de la prison)pour enfin faire prendre concience de l'importante de cette biodiversité si importante à notre equilibre,a la nature.