Observer les microclimats au jardin

Le 6 mars 2016 par Clémentine Desfemmes

On parle beaucoup de la notion de zone climatique, notamment lorsqu'il s'agit de choisir des espèces ou des variétés adaptées à son jardin, ou encore de savoir à quelle date démarrer les semis ou rentrer les plantes frileuses. Mais c'est compter sans les microclimats : chaque jardin a ses particularités climatiques. Apprenez à mieux connaître celles du vôtre !

Microclimat local, lié à la micro-zone géographique

Les 12 zones climatiques qui dessinent la carte des climats en France ne suffisent pas à définir précisément le climat d'une localité. Bien sûr, les grandes lignes sont là : plutôt méditerranéen, océanique, continental, montagnard... Mais cela reste imprécis, car d'autres paramètres entrent en ligne de compte :

  • La topographie : la proximité d'une montagne ou d'une vallée, susceptible de favoriser ou au contraire de dévier certains vents ou les précipitations ;
  • L'implantation sur une pente : selon l'exposition sur un versant ou l'autre (au nord, au sud...), le climat est sensiblement différent ;
  • La présence d'un cours d'eau ou d'une pièce d'eau, qui entretient une certaine humidité et apporte de la fraîcheur en été ;
  • L'altitude, qui joue sur les amplitudes thermiques...

Ainsi, entre deux lieux situés à quelques kilomètres l'un de l'autre, on peut avoir des variations sensibles du climat local.

Jardin gelé un matin d'hiver
Jardin gelé un matin d'hiverAgrandir l'image

Microclimats à l'intérieur du jardin

Murs et façades

Il y a un paramètre encore plus local en matière de microclimat : celui lié au plan du jardin lui-même. Ainsi, au pied d'un mur orienté au Sud, les conditions seront plus ensoleillées, plus chaudes, de jour comme de nuit, mais aussi plus sèches qu'ailleurs dans le jardin (chaleur du soleil emmagasinée le jour par le mur ou la façade, et restituée durant la nuit, protection vis-à-vis des vents froids venant du Nord, meilleur drainage du sol...).

A l'inverse, au pied d'un mur orienté au Nord, l'absence de soleil rendra l'endroit plus frais, voire froid, hiver comme été, avec aussi davantage d'humidité résiduelle après un épisode pluvieux. Certaines plantes se satisferont fort bien de ces conditions ombragées et fraîches, d'autres, au contraire, ne pourront pas y vivre.

Jardin abrité derrière des murs
Jardin abrité derrière des mursAgrandir l'image

Haies

Une haie a l'avantage d'exercer une protection contre les vents dominants, mais aussi d'entretenir une certaine fraîcheur (ombre, humidité du sol...). Au pied d'une haie, les plantes seront moins sensibles au froid hivernal mais aussi aux vents desséchants en été ; et l'ombre portée sera favorable aux végétaux qui craignent le soleil brûlant.

>> Lire : Une haie ou un mur ?

Haie brise-vent
Haie brise-ventAgrandir l'image

Au pied des arbres

Le pied des arbres bénéficie souvent d'une ombre fraîche. Ombre sèche ou humide selon la nature des arbres (conifères, feuillus, ramure dense ou plus clairsemée...) et l'exposition, le sous-bois offre un micro-climat favorable aux plantes qui redoutent les fortes chaleurs et la sécheresse. Sous les arbres, on relève souvent plusieurs degrés de moins aux heures les plus chaudes en été, ce qui permettra aux camélias, hortensias, hellébores, hosta et autres plantes d'ombre comme les fougères de supporter les périodes de canicule.

Sous-bois frais et ombragé
Sous-bois frais et ombragéAgrandir l'image

Repérer les micro-climats du jardin

Pour repérer les micro-climats du jardin, outre la prise en compte des facteurs précédemment cités, vous pouvez, très concrètement, faire vos propres relevés et observations.

  • Un bon indice pour identifier les zones du jardin qui se réchauffent le plus vite à la sortie de l'hiver : repérer celles où la neige fond en premier. Plantez-y vos premières annuelles au printemps, elles y seront moins sensibles aux dernières gelées (notamment durant la période sensible qui précède les fameux Saints de glace).
  • Inversement, les zones où les premières gelées blanches sont observées les matins d'automne sont celles où vous éviterez d'installer les plantes les plus sensibles au froid : elles auront plus de risques d'y souffrir des gelées hivernales.
  • Faites des relevés de températures, notamment en notant les minima et maxima en plusieurs endroits du jardin, tout au long de l'année, et sur plusieurs années, de manière à pouvoir établir des moyennes : vous affinerez ainsi votre connaissance de la zone de rusticité dans laquelle se situe votre jardin, et vous pourrez mieux choisir les végétaux qui pourront s'y adapter ;
  • Réalisez des relevés de pluviométrie ;
  • Observez et notez sur un plan, au cours d'une journée et en différentes saisons, les zones ombragées du jardin (l'ensoleillement évolue selon la saison et notamment selon la hauteur du soleil dans le ciel : une zone pourra être ensoleillée le matin ou en fin d'après-midi en juillet, mais ne pas voir le soleil de toute la journée en décembre).

>> Lire aussi : La zone de l'oranger, qu'est-ce qu'est ?

Thermomètre
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