Kathy Willis et Shonil Bhagwat, tous deux chercheurs à l'Université d'Oxford, semblent remettre en cause les simulations les plus pessimistes en matière d'appauvrissement de la biodiversité, lié aux changements climatiques. Selon eux, les écosystèmes résisteraient mieux que ce qui est prévu par les modèles probabilistes. Ces simulations ne tiendraient effectivement pas compte de toute la complexité de la Nature : effet tampon des micro-climats et de la topographie, capacité des espèces à s'adapter et à s'acclimater... Plutôt que les extinctions massives envisagées dans les hypothèses les plus alarmistes, on devrait plutôt assister, selon les auteurs, à des migrations et à des remplacements.
Toujours selon ces chercheurs, les facteurs les plus préjudiciables aux écosystèmes et à la biodiversité ne seraient pas liés au changement climatique. La fragmentation des habitats, c'est-à-dire l'impossibilité pour les espèces de se déplacer d'un habitat à un autre pour mieux s'adapter, serait bien plus inquiétante. Urbanisation, autoroutes, assèchement des zons humides ou encore monoculture intensive seraient autant d'éléments qui empêcheraient les espèces de se déplacer, les confinant ainsi dans un habitat qui ne leur convient plus. L'UICN (Union mondiale pour la conservation de la nature) partage ce point de vue, en soulignant aussi que la surexploitation et la pollution sont plus dévastatrices pour la biodiversité que les facteurs purement climatiques.
Clémentine
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