Les allergies au pollen

Le 29 avril 2012 par Clémentine Desfemmes

Au printemps, c'est bien connu, les allergies saisonnières dues aux pollens sont de retour. Quels en sont les symptômes, quelles sont les plantes responsables, comment limiter les risques d'allergie : le point sur l'allergie au pollen.

Comment reconnaître une allergie au pollen ?

Allergie au pollen - BouleauSi vous faites partie des 10 à 20% de la population française qui souffrent du fameux "rhume des foins", cette année encore, vous n'échapperez pas au nez qui coule, aux éternuements, aux yeux rouges et larmoyants, et à la "gorge qui gratte" ! On peut devenir allergique au pollen à tout âge : si la plupart des allergies apparaissent chez les adolescents et les jeunes adultes, il n'est pas rare de voir des enfants en bas âge ou des personnes âgées développer les premiers symptômes de l'allergie au pollen.

Contrairement à un banal rhume, une allergie respiratoire causée par le pollen d'une plante donnée apparaît chaque année à la même époque, avec une petite variabilité en fonction des conditions météorologiques et de la zone géographique (ces deux facteurs ayant une influence sur la période de pollinisation des végétaux, et donc de libération de pollen dans l'atmosphère). Les symptômes sont souvent ceux d'une rhinite (on parle alors de rhinite allergique) : éternuements, nez bouché et/ou écoulement nasal liquide et clair (des sécrétions jaunes ou verdâtres signent quant à elles une rhinite infectieuse), picotements et démangeaisons dans la gorge, le nez, le voile du palais. Certaines personnes peuvent également développer une conjonctivite (yeux rouges et larmoyants), ou encore de l'asthme (difficultés à respirer, respiration sifflante). Les symptômes tendent généralement à s'amplifier au fil des années, parfois au point de devenir très gênants.

Les principaux pollens allergisants

Toutes les plantes ne sont pas responsables d'allergies respiratoires :

Plantain en fleur

Plantain en fleur

  • Certaines ne produisent pas du tout de pollen (fougères, mousses...) ;
  • D'autres ne libèrent pas ce pollen en grande quantité dans l'atmosphère, et/ou les grains de pollen sont trop gros et trop lourds pour être transportés sur de longues distances (plutôt que le vent, ce sont alors les insectes qui assurent le transport du pollen d'une plante à l'autre, et donc la fécondation des fleurs femelles : on parle de plante entomophile - Lire notre article La pollinisation) : le risque d'allergie n'existe que dans le voisinage de la plante (mimosa par exemple) ;
  • D'autres, enfin, produisent un pollen peu ou pas allergisant (le pouvoir allergisant d'un pollen dépend des particules protéiques qui le composent et de la capacité du grain de pollen à libérer ces protéines dans les voies respiratoires).

On classe habituellement les principales espèces allergisantes en trois groupes : les arbres, les graminées, et les autres plantes herbacées, qui, à eux trois, libèrent du pollen dans l'atmosphère de janvier à octobre (!), en 3 vagues successives.

Arbres

Chatons de saule

Chatons de saule

Ce sont les arbres (notamment les arbres à chatons, mais pas seulement) qui donnent le coup d'envoi de la saison pollinique : dans le Sud de la France, certaines pollinisations (cyprès, thuya) commencent dès le mois de janvier. Plus au Nord ou pour d'autres espèces, la libération de pollen démarre plus tard et peuvent se prolonger jusqu'à la fin du printemps.
Le cyprès et le bouleau sont les arbres dont le pollen est le plus allergisant : de nombreuses personnes y sont sensibles. Le thuya, le chêne, le hêtre, le charme, le frêne, le saule, l'aulne, le platane, l'olivier, le noisetier ou encore le peuplier présentent également un pouvoir allergisant, plus ou moins élevé selon les espèces.

Graminées

Les graminées sont également très allergisantes : qu'elles soient sauvages (dactyle, chiendent, ivraie, fléole, roseaux...) ou ornementales (fétuques, herbe de la Pampa, stipas, agrostis...), gare au pic de production de pollen, en juin ! La saison des pollens de graminées va de mai à juillet, voire plus tard dans l'été en montagne.

Bon à savoir

Si vous êtes allergique aux graminées et vivez dans une zone agricole, ne redoutez pas les champs de blé, d'avoine ou de maïs (à moins d'aller y fourrer votre nez exprès !) : les graminées cultivées (céréales) ont un grain de pollen gros et lourd, peu transporté par le vent, et qui n'est parfois même pas libéré par la fleur pour favoriser l'autofécondation. En revanche, méfiance vis-à-vis des prés destinés à être fauchés pour donner du foin : les graminées sauvages y fleuriront en abondance, libérant du même coup leur pollen...

Autres plantes herbacées

Ortie, plantain, armoise, oseille (sauvage ou cultivée), pariétaire, ambroisie, chénopode, autant de plantes qui sont responsable de la 3e vague annuelle de pollen, entre la fin de l'été et le mois d'octobre.

Les citadins autant exposés que les campagnards

Alignements de platanes en ville

Alignements de platanes en ville (Aix en Provence)

On pourrait penser que les habitants des villes sont moins sujets aux allergies au pollen que ceux qui vivent à la campagne. Or, il n'en est rien : les pollens voyagent très loin, et l'atmosphère urbaine est donc elle aussi concernée par cette "pollution verte".
Par ailleurs, plusieurs plantes responsables d'allergies sont cultivées en ville : arbres d'alignements comme les platanes, haies monospécifiques où le charme et le thuya sont très utilisés, graminées d'ornement cultivées dans les espaces verts municipaux ou les jardins de ville, sans parler de toutes les plantes sauvages pionnières qui trouvent leur place dans les terrains vagues : ortie, ambroisie...
Enfin, la pollution atmosphérique urbaine tend à augmenter le pouvoir allergisant des pollens (les substances chimiques, en réagissant avec la membrane du grain de pollen, favorisent la libération des protéines allergisantes), et elle accentue l'irritation oculaire, bronchique ou nasale.

Que faire ?

Graminées en fleur

Graminées en fleur

Si l'allergie n'est pas trop handicapante, et si elle est limitée dans sa durée, on peut toujours éviter de respirer un air chargé en pollen pendant les pics allergiques en limitant ses sorties à l'extérieur (et en maintenant les fenêtres fermées) par temps ensoleillé et venteux. Profitez d'une averse pour sortir, car la pluie "nettoie" l'air.
Si vous êtes allergique aux graminées, évitez de partir en vacances à la montagne en juillet : la pollinisation, qui a lieu plus tard en altitude, battra alors son plein... votre allergie aussi !
Bien sûr, si vous bénéficiez d'un jardin ou d'un balcon, évitez d'y planter les plantes incriminées ! Et, même si vous n'êtes pas directement concerné par l'allergie au pollen, songez à tous ceux qui en souffrent et remplacez les espèces allergisantes par d'autres (par exemple, si vous souhaitez planter un cyprès, oubliez Cupressus sempervirens au profit de Cupressus macrocarpa ; pour une haie, abandonnez une haie monospécifique composée uniquement de charmille et préférez une haie variée (c'est d'ailleurs beaucoup mieux pour la biodiversité), ou optez pour une espèce non allergisante comme Amelanchier canadensis.
Enfin, si l'allergie est vraiment gênante, consultez votre médecin traitant qui vous prescrira un traitement à base d'anti-histaminiques, ou un allergologue, qui pourra vous proposer une identification du (ou des) pollen(s) incriminé(s), ainsi qu'une désensibilisation.

>> Lire aussi : Un jardin hypoallergénique : les plantes allergisantes à éviter

>> Voir le site www.pollens.fr pour en savoir plus et accéder aux bulletins allergo-polliniques

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