Arrosage du jardin : les citernes de récupération d'eau de pluie

Le 5 août 2010 par Clémentine Desfemmes

Arroser le jardin en été est souvent indispensable, surtout avec des étés qui sont de plus en plus secs. La facture d'eau s'en ressent : pour arroser à moindres frais et vous assurer une autonomie grâce à une réserve d'eau, installez une citerne de récupération d'eau de pluie, qui sera bien vite amortie.

Arrosage économique : utiliser l'eau de pluie

Citerne de 10.000 litresL'arrosage du jardin en été représente un budget qui peut vite devenir important, surtout pour les grandes surfaces ou dans les régions qui connaissent des étés très secs. Le réchauffement climatique et les périodes de sécheresses estivales qui semblent devenir récurrentes ne devraient pas arranger les choses dans les années à venir. Dans certaines régions, la pénurie d'eau en été devient un réel problème, qui se traduit par des consignes de réduction de la consommation d'eau du réseau de distribution : interdiction des arrosages ou de l'utilisation d'eau pour le lavage des véhicules, par exemple. Deux solutions s'offrent à vous pour réduire votre facture d'eau : opter pour des plantes à faibles besoins en eau, ou récupérer l'eau de pluie !

Les citernes de récupération d'eau de pluie, déjà obligatoires en Belgique pour les constructions récentes, se multiplient depuis quelques années en France. Elles présentent plusieurs avantages :

  • Economies réalisées sur la facture d'eau ;
  • Arrosage avec une eau de qualité idéale, car non calcaire ;
  • Indépendance vis-à-vis de l'eau du réseau de distribution : vos plantations ne souffrent plus des interdictions d'arrosage ;
  • Acte citoyen : moins de "gaspillage" d'eau potable, rétention de l'eau lors des gros orages (ce qui contribue à réduire les phénomènes d'inondations).

Citernes de récupération de l'eau : installation de base

Le principe de la récupération de l'eau de pluie est le suivant : lorsqu'il pleut, l'eau qui tombe sur votre toit est canalisée dans les gouttières. Au lieu de la laisser rejoindre les égouts, elle est récupérée par un collecteur de gouttière, filtrée afin de la débarrasser d'éventuelles feuilles, brindilles ou insectes (ce qui évite l'obturation des canalisations et les développements de vase ou de bactéries dans la cuve), et elle est enfin stockée dans une cuve adaptée, qui peut être enterrée ou apparente. Des canalisations et un système de pompe (enterrée de préférence, pour limiter le bruit et les risques de désamorçage) permettent de transporter cette eau jusqu'aux points de prélèvement (robinet extérieur, par exemple) : elle est alors disponible pour vos besoins d'arrosage. Un système de trop-plein doit également être prévu, pour refouler l'eau de pluie dans le réseau d'eaux pluviales, lorsque la citerne est pleine.

Citerne béton ou plastique, enterrée ou non ?

Première question qui se pose : le matériau utilisé pour la citerne.

  • Le plastique (type PEHD) a l'avantage d'être léger, et donc plus facile à transporter et à poser, et son entretien est facile. Cependant, dans la plupart des cas, la citerne ne peut pas être enterrée telle quelle : il faut l'entourer d'un voile d'enceinte pour absorber les mouvements du sol et améliorer sa résistance à la pression du sol. Lorsqu'elle est pleine, elle ne résiste pas au gel : les citernes plastiques non enterrées doivent donc être vidées en hiver.
  • Le béton est un matériau neutre pour l'environnement, et son principal avantage est son rôle tampon vis-à-vis de l'acidité de l'eau. Par ailleurs, une citerne en béton ne demande pas à être vidée en hiver, qu'elle soit enterrée ou non. En revanche, le béton résiste moins bien que le plastique aux mouvements du sol (au lieu de se déformer sous la pression, il se fissure) : une citerne béton mal posée peut connaître des problèmes d'étanchéité. Enfin, le béton est moins facile à entretenir que le plastique, car sa surface rugueuse favorise les dépôts et l'encrassement.

Quant à la question d'une cuve enterrée ou aérienne, plusieurs critères entrent en ligne de compte :

  • L'esthétique : une citerne enterrée, et donc cachée, ne défigure pas le jardin ;
  • L'utilité de l'eau en hiver : si vous souhaitez pouvoir utiliser votre citerne en hiver, mieux vaut l'enterrer, afin de ne pas avoir à la vider dès les premiers gels ;
  • Votre budget : une citerne aérienne coûte moins cher lors de l'installation, car les frais de terrassement sont considérablement diminués.

Une solution intermédiaire peut être d'installer la citerne dans une cave ou un sous-sol.

Combien ça coûte ?

Capacité de la citerne

Robinet extérieur relié à une citerneLe budget dépend bien sûr de la capacité de la citerne : elle varie de 1.000 à 15.000 litres. Celle-ci est à choisir en fonction de la surface de votre jardin, et de la quantité d'eau potentiellement récupérable selon la pluviosité (voir la pluviométrie de votre région sur le site de Météo France). Par exemple, un toit de 100m2 peut recevoir 1m3 d'eau au cours d'une averse correspondant à 10mm d'eau par unité de surface.

Coût de la pose

Le prix de revient est aussi fonction des travaux de terrassement à prévoir : dans certains cas (sol argileux ou poreux, nappe phréatique "haute" sous-jacente...), mieux vaut faire appel à un professionnel pour l'installation. Cela vous coûtera certes plus cher que si vous vous chargez vous-même de la pose, mais vous éviterez d'éventuels défauts d'étanchéité (affaissement et écrasement des cuves plastique, fissuration du béton), et vous pourrez bénéficier d'un crédit d'impôt, si le système de pompage respecte certaines normes (norme EN1717 notamment).

Installation plus ou moins sophistiquée

Enfin, le choix de la pompe (de plus ou moins grande puissance), l'ajout d'un dispositif de trop-plein, de filtres plus ou moins perfectionnés (filtre à sable, osmoseur, filtre bactérien ou à UV...), de système de basculement automatique sur le réseau d'eau de ville en cas de sécheresse, ou encore de contacteurs peuvent vite gonfler la facture. Si vous souhaitez aussi utiliser l'eau de pluie pour un usage sanitaire à l'intérieur de la maison (WC, lave-linge), il vous faudra respecter de nombreux critères fixés par la réglementation française (arrêté du 21 août 2008) : l'installation peut rapidement devenir complexe et le prix de revient s'en trouve augmenté.

Fourchettes de prix

Les prix varient donc beaucoup : comptez de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros.

  • Une citerne plastique non enterrée, à poser soi-même, d'une capacité de moins de 1.000 litres (ce qui est peu) coûtera environ 300€ ;
  • Une citerne plastique enterrée, d'une capacité de 2.000 à 10.000 litres, coûtera entre 3.000 et 8.000€, pose comprise ;
  • Une citerne en béton enterrée, de 5.000 à 10.000 litres, coûtera entre 2.000 et 5.000€, selon l'installation.

L'installation d'une citerne de récupération d'eau de pluie peut donc revenir assez cher, mais il s'agit d'un investissement qui s'amortit en quelques années.

A qui s'adresser ?

Selon la complexité de l'installation, plusieurs corps de métiers peuvent intervenir : maçon, plombier, éventuellement électricien si vous optez pour un système sophistiqué. Vous pouvez aussi vous adresser à un spécialiste offrant des solutions clé en main (dans ce cas, faites réaliser plusieurs devis auprès de différentes sociétés, car les prix pratiqués sont très variables... la qualité des travaux aussi).

A lite aussi :

 

 

 

Commentez cet article 3

Vous aussi donnez votre avis au sujet de :
Arrosage du jardin : les citernes de récupération d'eau de pluie

Questions / réponses

Les dernières questions posées par les jardiniers sur Gerbeaud.com :

Voir tout Poser une question

Réactions

Yarienquipousse
21/08/2010, à Thierville/meuse

Répondre

Prudence,certaines communes,lorsque la pose de la cuve de récupération est faite à la construction,n'hésite pas à doubler le montant de la taxe d'assainissement sur les mètres cubes d'eau consommées pour compenser le manque à gagner sur les quantités que vous avez récupérées. donc bien se renseigner, et éviter de faire de la pub sur votre installation

Gilbert28
18/08/2010, à Amilly 28

Répondre

J\'ai acheté des récupérateurs d\'eau de pluie \"belli\" qui n\'ont été utilisables que deux saisons. le plastique se fissure de partout donc fuites importantes. aucune réponse de cette maison . si je fais le compte le mètre cube récupéré me revient à plus de soixante euros. quel bénéfice ..... l\'eau du robinet est moins chère ....

Sotber
18/08/2010, à Amberieu en bugey 01

Répondre

Bonjour, pour avoir installé à la construction de ma maison une cuve béton de 5m3 je reste assez sceptique sur la rentabilté rapide de l'installation. en moyenne je consomme environs 20 à 25 m3 an car il ne pleut pas si souvent que cela dans l'ain. il faut environs 700 à 900 m3 pour amortir l'investissement.en utilisant la cuve on s'aperçoit vite que 5 m3 sont vite consommées et qu'on retourne au vite robinet. je dirais qu'il s'agit d'abord d'un geste écologique et civique car finalement on a tendance à économiser l'eau de la cuve. il est également plus rentable de poser la cuve à la construction (pose vrd) car des engins sont indispensables pour les tranchées et l'emplacement de la cuve. sachez que j'apprécie votre site alors bonne continuation. cordialement

Ceci peut aussi vous intéresser