Trouver le bon endroit pour y installer son potager est primordial. Plusieurs facteurs entrent en compte et ne doivent pas être
négligés.
Tout d'abord, voyons l’aspect pratique : un potager près de
la maison, si possible pas loin de la cuisine est toujours très agréable
et évite de faire des kilomètres sous les tempêtes hivernales
pour se fournir en poireaux.
L’été, les herbes
aromatiques et les tomates seront à portée
de main.
La proximité d’une arrivée d’eau est indispensable,
pour ne pas finir avec les bras traçant des sillons sur le sol à
force de vas et vient en portant un arrosoir trop lourd.
Ensuite l’aspect technique : l’exposition de votre jardin est très importante, essayez de lui réserver un espace ensoleillé et protégé des vents violents. Cela va sans dire, mais mieux vaut le préciser, l’endroit devra être exempt de toute pollution, éviter de faire pousser vos légumes sur votre fosse septique ou sur l’emplacement d’anciens gravats ou autre décharge, les substances polluantes perdurent de longues années dans le sol et il n’ y aurait plus aucun intérêt à faire du bio.
L’idéal serait de tester
le sol afin d’en déterminer le PH car on ne fait pas pousser
les mêmes plantes en sol
calcaire et en sol
acide.
Pour cela il suffit d’acheter un kit en jardinerie ou encore d’avoir
« l’œil du paysan » et de conclure de la nature
du sol d’après la végétation indigène. Si les hortensias et autres rhododendrons vous éblouissent de leur floraison spectaculaire, vous êtes sur
un terrain acide.
Il faut s’inspirer des voisins, voir ce qui pousse bien chez eux et ne
pas hésiter à leur demander des conseils.
Une fois la nature du sol déterminée et selon celle-ci, on incorporera
les amendements nécessaires correspondant à un rééquilibrage
du sol.
Un autre critère très important : le climat !
Il faut être réaliste et oublier la culture des pastèques
dans le Nord de la France, ou encore celle des choux-fleurs dans une zone aride
du Sud.
Une fois ces critères définis, un plan
du jardin est élaboré sur papier, déterminant les diverses
planches, les légumes qu’elles contiendront en tenant compte de
leurs affinités, car oui, il y a des amitiés chez les plantes dont
il faut tenir compte dans le jardinage bio si l’on veut combattre les parasites et les maladies de façon naturelle.
Ce plan devra être remanié chaque année afin d’appliquer
une rotation
des cultures et de ne jamais replanter un légume vorace au même
emplacement avant quatre ans. Le sol aura ainsi le temps de se recharger en
nutriments.
Par exemple, la première année sur un sol bien fertile et amendé
on cultivera des tomates, des fraises des courges,
la seconde année, sur le même emplacement on installera des oignons,
des salades ou des betteraves, la troisième des haricots
verts et des petits
pois...
Une fois les "mauvaises herbes" arrachées, il faut aérer
le sol à l’aide d’une fourche bêche. Pour cela on
plante l’instrument tous les 10 cm et on remue d’avant en arrière
sans retourner le sol afin de ne pas perturber les différentes couches.
L’apport de nutriments se fera d’après la nature du sol, on
dosera afin d’essayer d’équilibrer le PH au alentours de 6.
N’hésitez pas à demander conseil dans votre jardinerie, ou
pépinière, ils connaissent bien la nature du sol de la région
et vous conseilleront au mieux.
Lors de la préparation du sol, il est possible d’incorporer
les cendres de votre cheminée, si bien sûr vous n’y brûlez
que du bois. Les cendres ont un fort apport en potassium, et le charbon de bois
est un traitement naturel contre les maladies cryptogamiques : double action
pour un seul produit recyclé.
Votre compost peut bien sûr y être ajouté.
Un apport en fumure organique est toujours souhaitable avec un dosage plus important
sur les planches de légumes voraces.
Renseignez-vous bien sur les besoins des divers types de légumes que vous allez installer et essayez de les respecter au mieux. Un légume cultivé dans de bonnes conditions sera moins sensible aux attaques des maladies et des parasites. Achetez-les sur place aux producteurs de la région et mettez-les en terre au bon moment, surtout pas de précipitation !
N’oubliez pas qu’un potager bio est un écosystème complexe,
il faut attirer les animaux utiles, comme les petits oiseaux pour lesquels ont fabriquera des nichoirs,
un vieux tas de bois au fond du jardin sera un abri idéal pour une famille
de hérissons.
Plantez de la sauge qui attire les abeilles nécessaires à une
bonne pollinisation de vos légumes.
Vous pouvez aussi commander des insectes auxiliaires utiles qui s’attaqueront
aux aleurodes et autres pucerons :
il existe une solution naturelle pour éradiquer chaque ravageur.
N’oubliez pas lors de l’élaboration de votre plan de tenir
compte des bonnes
associations par exemple les carottes et les oignons qui se protègent
mutuellement contre leurs parasites respectifs. L’œillet d’Inde
est un bon répulsif, il devrait être semé en ligne pour
encadrer les planches alliant ainsi utilité et apport de couleur. Il
est amusant et instructif de faire vos propres expériences et de noter
les résultats au fil des années.
En mettant ces conseils en pratique, vous vous régalerez bientôt de fruits et légumes sains et redécouvrirez des goûts étonnants. Plaisir des sens garanti !
Crédit photos : Thieury(1) - XG (2) - Oscar (3) - Hughes Delporte (4)
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