Une pelouse naturelle

Le 22 juin 2016 par Xavier Gerbeaud

Pour beaucoup, la pelouse de rêve c'est le gazon anglais, le fameux "green" tondu à ras et bien touffu, type terrain de golf. Oui mais voilà, cela tient plus du rêve que de la réalité sous de nombreux climats ! Pourquoi ne pas opter plutôt pour une pelouse naturelle, fleurie, demandant moins d'entretien et de dépenses ?

Le gazon anglais

Pelouse fleurieLa "pelouse britannique" est adaptée au climat de la Grande-Bretagne : océanique, frais, avec des pluies régulières. En France, la pluviométrie est inférieure, les étés (de plus en plus ?) chauds et secs. Dès lors, obtenir un gazon anglais impose la mise en place à grand frais d'un arrosage automatique, lequel devra en outre fonctionner très régulièrement, consommant autant de m3 d'eau... Peu raisonnable vis à vis des ressources planétaires, ni du budget : il est acquis que ces prochaines années le prix de l'eau va considérablement augmenter : autant prendre d'ores et déjà de bonnes résolutions !

Par ailleurs, cette "pelouse parfaite" nécessite beaucoup de soins : engrais, désherbage, lutte contre la mousse, tonte très régulière... Alors disons-le tout net : une belle pelouse n'est pas celle dont on aura supprimé la moindre plante sauvage, c'est celle qui sera subtilement intégrée au jardin, auquel elle sert tout à la fois de liant et de faire-valoir.

Une pelouse naturellement fleurie

Au naturel, la pelouse est fleurie. Aux graminées de base se mélent spontanément d'autres fleurs, différentes selon le climat, l'exposition et la nature du sol. C'est un milieu vivant, qui offre un spectable renouvellé et un abris pour les hôtes du jardin, au premier rang desquels les papillons. On ne parle bien sûr plus d'herbicide...

Certains jardiniers font la chasse aux herbes et fleurs sauvages. Or, un jardin trop entretenu, où les papillons et autres insectes ne trouvent ni refuge, ni nourriture, se trouve déséquilibré. Chenilles et pucerons prolifèrent, rendant l'appel aux produits chimiques indispensables. Essayez donc la pelouse fleurie, qui est déjà un bon compromis. Si vous le pouvez (parce que votre terrain est assez grand), laissez également sa place à la prairie. Porcelle, chélidoine, bouton d'or y viendront naturellement, ainsi que d'incontournables comestibles, tels les coquelicots et les pissenlits.

Mousse envahissante ?

Lutter durablement contre la mousse impose de trouver et corriger les causes de son apparition. Une terre durablement mouillée, un jardin trop à l'ombre... difficile d'aller contre. Mais souvent, la mousse apparaît parce que le sol est trop compact et peu perméable : logique sur une pelouse régulièrement piétinée... Première action, tondre à 6-7cm, pour laisser une chance aux graminées de résister. Favorisez l'infiltration de l'eau en décompactant la surface avec un scarificateur. Apportez à l'automne un peu de compost en surface : il nourrit l'herbe et favorise l'activité du sol (vers de terre en particulier). Tout ceci vaut bien mieux que tous les anti-mousse de la planète...

>> La mousse peut aussi être décorative !

Ne rien faire ne donnerait rien

Attention ! On n'a jamais dit que le résultat serait agréable sans aucun travail. Il importe par exemple de supprimer au départ les vivaces indésirables que sont le chardon, le liseron, le plantain... en arrachage manuel ou à l'aide d'un herbicide sélectif. Par la suite, une fois la pelouse correctement installée, elles ne feront que des apparitions ponctuelles, vite résorbées.

Il faut continuer à tondre, mais moins souvent et moins court. La tonte est indispensable pour supprimer les annuelles (très jolies, mais trop hautes pour la pelouse : si vous les laissez croitre vous aurez une prairie !) et favoriser les graminées. Si vous tondez trop court, vous empêcherez la croissance de "classiques", comme le trèfle ou les marguerites (dommage!), et vous favoriserez les plantes basses comme le pissenlit, le plantain, la porcelle... qui prendront vite le dessus sur les graminées... Enfin, on remonte toujours la hauteur de tonte avant l'été.

Des fleurs ?

Laissez tomber les mélanges fleuris vendus en jardinerie. Les annuelles et bisannuelles généralement intégrées au gazon ne tiennent pas longtemps.

Ne vous en faites pas : les fleurs viendront d'elles-mêmes. Pâquerettes bien sûr, violettes, primevères, véronique, saxifrages... Autant de gaité, et un très joli écrin pour les massifs fleuris, avec lesquels elles n'entreront pas en compétition pourvu que le jardin soit bien structuré. Mais ça, c'est une autre histoire...

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Crédit photos : Alexis Mons

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Questions / réponses

Questions déjà posées par les jardiniers sur le gazon, la pelouse.

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Réactions

Nelumbo
07/06/2010, à Montigny sur vesle

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Enfin un article plein de bon sens dans l'univers de l'horticulture. merci beaucoup de vehiculer cette conception d'une pelouse d'un interet certain!

Bébéa
04/06/2010, à Metz

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Notre pelouse située à l'ombre les 3/4 du temps a été traitée,rien ni fait,la mousse est toujours là,plus qu'envahissante,alors,on a decidé de l'accepter telle quelle,maintenant nous avons un parterre tout doux,tout vert,joli,chaleureux,tout autour poussent les jonquilles,les narcisses,les tulipes,puis les iris ,les hortensias..."notre " herisson fait des trous de temps en temps pour aller chercher un ver,c'est tout...pourquoi vouloir à tout prix éliminer la mousse si ce n'est par esthetique ?

Bergere89
29/05/2010, à Sens

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Mon petit terrain (400 m2), plus carré d'herbe que pelouse "anglaise" était tondu régulièrement et je mettais l'herbe dans le compost. Depuis 3 ans, j'ai fait l'acquisition d'une tondeuse électrique "mulching". Et en 3 ans, la pelouse est devenue un feutre de mousse qui a étouffé l'herbe. Je n'arrive pas à m'en débarrasser écologiquement, bien sûr. Pouvez-vous m'aider ?

Atpv
12/10/2009, à Montcabrier

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Lorsqu'une pelouse est "remplie" de mousse, c'est un signe de compacité du sol. La scarification, si elle est bien faite est une solution... Mais apporter un amendement va augmenter le phénoméne de "glaçage" des terres! Il faut oxygèner la terre en apportant du sable grossier ou des gavillons après scarification, puis semer et rouler... Utiliser les plantes fleuries, et les légumineuses qui participent au fonctionnement de la vie du sol et à la biodiversité! ATPV - Art et Technique du Patrimoine Végétal (particuliers) BTV - Bureau Technique du Végétal (collectivités) Mr BAERISWYL Alain En Marseille - 81500 Montcabrier Tel/Fax: 05.63.58.72.38 - Site: http://vegetal-design.com - E-mail: ATPV@orange.fr