Se passer des engins motorisés au jardin

Le 1er juillet 2016 par Thibault

Lorsqu'au quotidien on subit les bruits agressifs de la ville et la pollution nauséabonde des pots d'échappement, on rêve d'un jardin calme et reposant, du chant des oiseaux et du parfum des roses. Alors quand vient l'heure de tondre la pelouse ou de tailler les haies, le retour des moteurs vient soudain rompre le charme. Mais pourrait-on raisonnablement s'en passer ?

Retour à l'âge de pierre ?

A première vue, pour se passer des outils à moteurs au jardin, il faudrait renoncer au confort et au progrès. Les choses ne sont pas si simples en réalité... Et si le vrai progrès, c'était de mieux utiliser la nature pour moins travailler ? 

Les outils manuels 

Tondeuse manuelleC'est l'alternative la plus évidente aux engins motorisés. On substitue simplement l'énergie du moteur par l'huile de coude. La bonne vieille cisaille fait le travail du taille-haies, la tondeuse manuelle remplace la tondeuse à moteur, la biobêche remplace le motoculteur … Le jardinage redevient plus sportif et permet de garder une bonne forme physique. Le travail demeure néanmoins plus agréable puisqu'il se fait sans bruit de moteur et sans pollution. Autre avantage : la qualité et la précision du travail, largement supérieure avec ce genre d'outils. 

Au risque de transformer un loisir en corvée

Gants de jardinierRemplacer les outils à moteur par des outils manuels peut s'avérer être une bonne solution dans les petits jardins, là où l'ampleur des travaux est limitée. Mais il faut être réaliste : partout ailleurs, la fatigue physique et le temps à y consacrer peuvent vite faire regretter l'aide des moteurs. Le jardinage doit rester un plaisir, et le jardinier ne doit pas devenir un esclave. Si l'aide des outils sans moteur ne suffit pas, alors peut-être faut-il repenser le jardin pour le rendre moins dépendant de nos interventions. Car la nature peut aussi être un allié. 

Mieux penser le jardin

Travailler avec la nature plutôt que contre elle

Pour limiter l'usage des engins motorisés au jardin, il peut être judicieux de s'interroger sur l'utilité réelle de certaines pratiques qui sont presque devenues des réflexes avec le temps. C'est le cas du labour. Le travail du sol est un travail physique et le jardinier qui cultive un grand potager (lire : Quelle surface pour mon potager ?) préfère souvent s'aider d'un motoculteur, qui laboure rapidement et en profondeur. Mais ce travail est-il indispensable ? Est-il même seulement efficace ? De nombreuses expérimentations sur le terrain ont démontré qu'il était parfaitement possible et facile de cultiver un jardin sans retourner le sol. En réalité, le travail du sol est même un non-sens d'un point de vue biologique puisqu'il nuit à sa vitalité et à sa santé. Pour vous en convaincre, faites un essai sur plusieurs années et comparez. Vous verrez que les micro-organismes qui peuplent le sol sont les alliés du jardinier, et pour peu que vous ne détruisiez pas tous les ans leur habitat, ils travailleront à votre place pour maintenir le sol vivant, aéré, et fertile (lire : La faune du sol, pour un sol vivante et fertile). Les techniques douces sont nombreuses et efficaces : biobêche, paillage, engrais verts, ...

Réduire la surface de gazon

Prairie fleurieLa tondeuse à gazon est sûrement la première source de nuisances sonores au jardin, et nombreux sont les jardiniers pour qui tondre la pelouse est une véritable corvée. Et pourtant, les surfaces engazonnées ne cessent de s'étendre autour des maisons dans les zones résidentielles. Le gazon est bien sûr utile : c'est une formidable aire de jeux pour les enfants, on peut y pique-niquer, se reposer, … Mais a-t-on besoin pour autant d'une grande surface pour assurer ce rôle ? Plutôt que de continuer à entretenir laborieusement un gazon digne d'un golf, pourquoi ne pas réduire la surface au minimum nécessaire ? Une autre solution consiste à conserver la même surface de pelouse, mais d'en entretenir uniquement une partie en gazon, et de laissez pousser le reste en prairie. Il suffit alors de faucher une seule et unique fois par an à la fin de l'été. Cette alternative est à la fois esthétique (la prairie est naturellement composée de gracieuses graminées et de fleurs sauvages) et écologique (un formidable refuge pour de nombreux insectes et autres petits habitants du jardin). 

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Choisissez des végétaux adaptés

L'if pousse lentementPour limiter la taille des végétaux, et donc la nécessité d'utiliser un outil à moteur, il faut bien penser à la vigueur des plantes au moment de la création du jardin. Par exemple, évitez de planter des plantes très vigoureuses si vous souhaitez formez une petite haie d'à peine un mètre de hauteur. Choisissez au contraire des plantes à pousse lente,  qui ne nécessiteront pas d'être taillées tous les deux mois. Concrètement, il est possible de former une boule en topiaire avec du chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida), mais la même boule formée en buis ou en if demandera beaucoup moins de taille car ces derniers poussent beaucoup plus lentement.

>> Lire aussi : Ecopâturage : chèvres et moutons pour tondre les espaces verts

Crédit photos : stevendepolo (1) / Molecular Audio (2) / fras1977 (3) / wintersoul1 (4) via Flickr.com

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