Le fumier de cheval

Le 10 avril 2015 par Isabelle C.

Il est de notoriété publique que le fumier de cheval est bon pour les rosiers. Mais savez-vous pourquoi on l'utilise ? Connaissez-vous toutes ses vertus potagères et les précautions à prendre lors de son utilisation ? Voici quelques éléments de réponse à ces interrogations.

Fumier et fumure

Fumier de chevalLe fumier est un mélange de déjections animales et de litière végétale, généralement de la paille. Sa composition en fait un allié de choix pour le jardinier :

  • riche en micro-organismes et en paille (ou autres matières fibreuses de la litière), il permet de régénérer l'humus et d'améliorer les qualités du sol.
  • plus ou moins riche en éléments minéraux (azote, phosphore, potassium...), il peut être utilisé comme fertilisant organique, pour nourrir le sol ; c'est le cas essentiellement du fumier de volaille.

En résumé, que des bonnes choses pour le jardin ! Il faut être toutefois prudent dans son utilisation. Trop jeune, le fumier peut contenir des germes pathogènes ainsi que des graines d'adventices qui peuvent par la suite germer et envahir le jardin. De plus, sa décomposition nécessite une quantité d'azote importante ; puisé dans la terre, ce dernier peut ensuite se trouver en quantité insuffisante pour assurer le développement des plantes (lire : La faim d'azote). Il est donc important de composter le fumier avant toute utilisation.

Le fumier de cheval se démarque des autres fumiers par sa composition ; en effet, il a la particularité de présenter une forte proportion de matière sèche (paille), ce qui le rend très efficace pour améliorer les sols lourds. En revanche, le processus de décomposition s'en trouve ralenti. Son compostage nécessite donc de le mélanger avec d'autres matières organiques comme les déchets verts du jardin et de la cuisine. Ce mélange a, de plus, l'avantage d'équilibrer sa valeur fertilisante, à la base pauvre en phosphore.

Comment utiliser le fumier de cheval ?

Sac de fumier de chevalLe fumier de cheval composté s'utilise de la même façon que le compost classique.

  • mûr, il est incorporé au sol lors du bêchage automnal ou bien avant un semis.
  • « demi-mûr », il joue pleinement son rôle « améliorant » de la structure du sol. A l'automne, alors que les températures sont encore douces, épandez-le en surface, sur les espaces du jardin libérés de leurs cultures. Les vers et autres micro-organismes se chargeront de finir le processus de transformation du fumier en humus. Au printemps, il est également possible de l'installer au pied de certaines plantes, en guise de paillage régénérant, mais uniquement pour les gourmandes suffisamment développées : rosiers, fruitiers, tomates, melons, courges et autres cucurbitacées...

Fumier chaud

Une autre particularité du fumier de cheval est qu'il est chaud. En effet, la fermentation produite lors de sa décomposition s'accompagne d'une très forte hausse de température. Cette qualité le positionne en tête des fumiers les plus utilisés pour la réalisation des « couches chaudes », lors de la mise en place des cultures hâtées. 40 cm de fumier frais de cheval recouvert par 20 cm de mélange de terre et de terreau peuvent fournir une température d'environ 25 °C durant 4 à 5 semaines. Une source de chaleur écologique et économique ! (lire « Construire un châssis pour les semis d'hiver »).

Toxicité du fumier de cheval

La question de la toxicité du fumier n'est pas anodine. En effet, le fumier de cheval peut contenir des éléments toxiques suivant que la bête soit sous traitement médical ou non. C'est notamment le cas pour les animaux vermifugés. Cependant, il semble que les traces de vermifuges disparaissent au bout de 3 semaines et ne seraient donc présentes que dans du fumier frais. Laissez-le donc vieillir quelques jours avant de l'introduire dans le compost ; les vers pourraient ne pas apprécier le médicament !

>> A lire aussi : Fumier au jardin : les bons gestes pour éviter les contaminations

Où se procurer du fumier de cheval ?

Si vous ne possédez pas de chevaux ou que vous ne connaissez personne pour vous en procurer gratuitement (club équestre, particulier...), vous pouvez éventuellement en trouver en lisant les petites annonces (donné ou vendu). Sinon, il est possible d'acheter des sacs de fumier déjà composté en jardinerie.

Réaliser un compost de fumier

Installez le fumier en tas ou en andins selon la quantité disponible. Retournez-le au moins deux fois, à 6 semaines d’intervalle et laissez-le vieillir 3 mois.
NB : s'il est trop sec (quantité de paille), arrosez-le lors de la formation du tas.

>> Lire aussi : Les 10 commandements du jardinier à l'écoute de la nature

Crédit photos : Malene - D.R.

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Questions / réponses

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Accilien johnes
20/03/2015, à Port-au-prince, haiti

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Je veux des tableaux comportant des elements chimiques de fumier de cheval

Transilane
21/02/2015, à Nîmes

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Je trouve que cet article est très complet. en effet, il aborde tout ce qui concerne l'utilisation du fumier de cheval, bravo et merci.

Kabouille
20/02/2015, à Saxon

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J'ai trouvé en jardinerie du fumier en "pelet" est-ce aussi efficace que le fumier frais? merci pour votre réponse.

Mic
13/02/2015, à Ste-bazeille 47

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j'ai l'intention de mettre du fumier de cheval (sac de 50l) et passer le motoculteur après.....est-ce bon pour le potager ? motoculteur , ou juste ratisser après l'avoir répandu sur la planche ?

Ysschia
11/12/2014, à Les bordes aumont

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J ' ai du fumier de cheval du mois de juillet 2014 , resté dans des sacs pour m'en servir maintenant . . . comment puis- je m'en servir pour mes nouvelles greffes de rosier que je fais moi -même . . . je serais contente d'avoir une réponse pour m'en servir ( se sont des rosiers grimpants que j'ai chez moi ! merci pour la réponse . . .

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