Le faux semis

Le 22 avril 2016 par Iris Makoto

Le désherbage est LE grand casse-tête du jardinier. S'il n'existe pas de solution idéale, il est possible d'alléger la corvée par des pratiques culturales simples comme le faux semis, une technique de maîtrise des mauvaises herbes facile à mettre en place et qui a fait ses preuves.

Le sol : une réserve inépuisable de graines

Faux-semis

Faux semis

La plus grande réserve de graines se trouve sous nos pieds : le sol. Elles y sont en dormance (repos végétatif) et il suffit d'un rien, une hausse de température, un peu plus d'eau ou d'oxygène, la présence d'une bactérie, un accroc dans l'enveloppe de protection... pour qu'elles se réveillent et se mettent à germer.

Lorsque le jardinier travaille la terre en prévision des futurs semis et des plantations (labour, sarclage...), les graines stockées dans le sol remontent à la surface. En modifiant leur environnement immédiat, il crée des conditions propices à leur germination. Le développement des mauvaises herbes intervient alors simultanément avec celui des cultures. Ainsi, légumes et fleurs semées se trouvent directement en concurrence avec les mauvaises herbes (plus robustes), puisant dans la même réserve d'eau, d'azote et autres éléments nutritifs alors qu'elles ne sont qu'au stade de plantules.

Qu'est-ce qu'un faux semis ?

Faire un faux semis consiste à créer des conditions favorables à la germination des graines d'adventices stockées dans le sol, en travaillant la terre, comme si vous alliez réaliser un semis (décompacter et émietter, et ensuite supprimer les mauvaises herbes dès qu'elles apparaissent). Le sol est alors libéré d'une partie de ses herbes encombrantes, du moins le temps que se fassent les semis des plantes potagères.

Avantages

  • la densité des adventices annuelles est réduite
  • la terre est préparée pour les semis et les plantations
  • d'éventuels ravageurs tapis sous terre peuvent se trouver dérangés voire éliminés

Inconvénients

  • la terre reste sans couverture végétale quelque temps et non protégée des intempéries
  • la date des semis est reportée ce qui peut perturber le développement des cultures à suivre
  • la technique prend un peu de temps à mettre en place
  • les plantes vivaces du type liseron ou chiendent ne sont pas touchées

Si la liste des inconvénients vous effraie, faites un essai pour vous convaincre, sur les planches de légumes les plus sensibles aux mauvaises herbes (carottes, persil, radis...)

Le faux semis en pratique

Ratissage des mauvaises herbes (faux semis)Le faux semis est à réaliser une quinzaine de jours avant les vrais semis.

Il s'agit alors de préparer le sol de la même façon que vous le feriez pour effectuer vos vrais semis, afin d'obtenir un lit de semences bien émietté et nivelé, sans croute de surface. Si la culture à mettre en place nécessite un apport de compost, pensez à effectuer cet apport un mois avant le faux semis.

La levée des mauvaises graines démarre avec la première pluie ; si elle tarde à venir ou si vous souhaitez hâter le processus, vous pouvez arroser (en pluie) votre sol préparé.

La destruction intervient lorsque les premières plantules apparaissent. En creusant quelques centimètres dans le sol, vous verrez que les germes des graines qui ne sortent pas encore sont déjà longs. Vous n'avez plus qu'à passer le râteau en surface (attention à ne pas faire remonter de nouvelles graines) pour déloger les indésirables.

La terre est ensuite prête pour accueillir cette fois-ci les vrais semis ; inutile de la retravailler.

Programmer le faux semis

Sachant que la mise en place du faux semis suppose au moins quinze jours, celui-ci doit être programmé. Exécuté trop tôt, les conditions climatiques risquent de ne pas être propices à la levée des graines (un faux semis ne pouvant pas se faire avec des températures trop froides ou sur une terre trop sèche ou trop humide). Mais il ne s'agit pas non plus de trop retarder la date des vrais semis, car ce serait alors ces derniers qui en pâtiraient.

Les faux semis les plus faciles à réaliser, et les plus efficaces sont ceux qui se font entre avril et mai. L'atmosphère s'est réchauffée et le sol est encore humide... des conditions favorables à tous les semis !

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Crédit photos : Debra Solomon - Natty Strawberry

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Questions / réponses

Questions déjà posées par les jardiniers sur le jardinage éco-responsable.

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Réactions

Catimimi
26/04/2016, à St gilles

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J'avais remarqué ça... par hasard... je vais en faire un système. Merci !

Pausecouleur21
27/03/2011, à Dijon

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Sur mon blog http://pausecouleur21.e-monsite.com j'apporte des conseils pratiques pour le semis de Pois. Pour accélérer la levée en terrain sec, on peut tremper le Pois dans un peu d'eau durant plusieurs jours, pour l'hydrater, avant de le mettre en terre.

Aleph
26/03/2011, à Pont-à-celles

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Cette année, je vais essayer de mettre en pratique ce que Bernard Betrand présente dans "le génie du sol vivant". Pas de désherbage, uniquement nourrir la vie du sol et écarter ce qui ferait trop d'ombre aux semis.