Le diagnostic des sols par les plantes sauvages

Le 18 mars 2017 par Isabelle C.

Observer les "mauvaises herbes" qui poussent spontanément sur un terrain permet de comprendre ce qui se passe dans le sol, quelle est son histoire et ce qu'on peut en attendre. Le sol est vivant : on peut dialoguer avec lui ! Si vous trouvez des pâquerettes dans votre jardin, c'est que la terre a quelque chose à vous dire...

Qu'est-ce qu'une plante bio-indicatrice ?

Plantain lancéolé

Plantain lancéolé

Une plante ne pousse pas ici ou là, par hasard. Un certain nombre de facteurs qui lui sont propres doivent être réunis pour que ses graines, en dormance dans le sol durant des années, puissent germer : le climat, l'ensoleillement, la composition du sol, la présence ou l'absence d'eau, de bactéries, etc. autant d'éléments qui définissent le milieu originel dans lequel se développe la plante à l'état sauvage (biotope primaire).

Sa présence, à la condition bien sûr qu'elle soit dominante et en nombre suffisant, est donc indicatrice de l'état du sol, de sa transformation voire des dysfonctionnements à venir.

Les bio-indicateurs dans le potager

D'un point de vue pratique, pour le jardinier, l'étude des plantes bio-indicatrices est utile à différents niveaux :

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Connaître la nature du sol pour évaluer au mieux ses besoins

Liseron

Liseron

Il est important d'avoir une bonne analyse de la terre avant tout apport d'amendements ou de fertilisants, quels qu'ils soient, y compris de compost fait maison.

Le liseron des champs (Convolvulus arvensis), de la famille des Convolvulacées, dont les rhizomes et les tiges volubiles et rampantes ont une forte propension à recouvrir les sols lourds et argileux, se développe sur des sols trop riches en azote. Sa présence nous indique donc un excès de fertilisation.

Trop de fumier ?

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Travailler le sol de la bonne manière et au bon moment

Chiendent

Chiendent

La façon de préparer un terrain avant sa mise en culture a une influence directe sur l'état du sol.

Le chiendent (Elytrigia repens), de la famille des Poacées, se multiplie essentiellement par ses rhizomes traçants très prolifiques et concurrence ainsi fortement les cultures avoisinantes ; c'est La mauvaise herbe par excellence. Important colonisateur des sols fatigués et déstructurés, grâce à ses fameux rhizomes, il est le signe d'une terre trop souvent retournée (voir Retourner la terre...ou non), d'un bêchage trop profond et de la formation de semelles imperméables à l'air et à l'eau.

Un conseil : du repos sous une belle prairie fleurie.

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Détecter les zones de compactage du sol.

Potentille rampante

Potentille rampante

Semer, entretenir, récolter ; que de temps passé dans le jardin : gare au piétinement !

La présence de la potentille rampante (Potentilla reptans) de la famille des Rosacées, est un signal bien connu des jardiniers. C'est une petite fleur pourvue de stolons, qui rampe au ras du sol. Les chemins de passage entre les rangs de culture du jardin en sont souvent envahis. Sa présence signifie que le piétinement du jardinier a conduit à un état de compactage et d'asphyxie du sol.

Une solution : semer un engrais vert pour restructurer le sol.

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Mauvaises herbes, pas de panique !

Les « mauvaises herbes » ne sont donc pas si mauvaises que ça. Pourtant, une fois qu'elles nous ont renseignés sur l'état du sol, il est parfois nécessaire de limiter l'épanouissement de certaines d'entre elles. L'étude des plantes bio-indicatrices nous apprend que la présence de plantes spontanées et envahissantes dans le jardin est liée le plus souvent à des erreurs techniques ou à la qualité / quantité des apports extérieurs.

Avant d'utiliser un quelconque herbicide, optez pour des pratiques culturales différentes, adaptées à l'état du terrain ; en améliorant ainsi la qualité du sol les conditions propices à la germination des graines des adventices disparaitront.

Ajoutez à cela un désherbage manuel et un bon paillage, et la corvée de désherbage sera allégée.

Et si vous voyez apparaître du mouron blanc (Stellariamedia) ou du plantain lancéolé (Plantago lanceolata), réjouissez-vous, vous êtes en présence d'un sol bien équilibré.

Et la pâquerette alors?

La pâquerette est une plante indicatrice d'un sol argileux et acide, plus ou moins épuisé en calcium. Riche en carbonate de calcium, elle joue un rôle de régulateur dans un sol déséquilibré.
Voilà des qualités bien intéressantes pour le bien être de la terre, mais aussi pour celui de l'homme !

>> Lire aussi : Quels légumes cultiver en fonction de son sol ?

Pour en savoir plus : L'encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales : Guide de diagnostic des sols (v1 et v2) de Gérard Ducerf - Editions Promonature

Crédit photos : Kurt Stueber - surachit - Rasbak - Aroche

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Questions / réponses

Questions déjà posées par les jardiniers sur la terre, le sol.

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Réactions

Chiendent
16/12/2009, à Marseille

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Ce qui devrait être unb jardin est un ams de roche surmonté d'une couche de terre de la garigue desherbé sans succes, bonheur des insectes et min désespoir calcaire. une friche avec tout ce qui veut pousser coquelicots,pissenlits cruciferes jaunes et blanches. Que faire? j'aimerais y mettre des plantes de sol sec,iris ,pourpiers cystes.... merci de m'aider,je désespère