Le compostage de surface

Le 26 août 2014 par Isabelle C.

Voilà une idée bien étrange que de vouloir étaler ses déchets organiques dans le potager ! Pourtant, à y regarder de plus près, le compostage de surface a bien des avantages, pour le jardin comme pour le jardinier !

Entre paillis et compost

Compostage de surfaceComme le compost en tas, le compost de surface vise à entretenir ou améliorer la fertilité du sol par le recyclage des déchets organiques. Pourtant, le compost de surface n'est pas, à proprement parler, un compost ; il ne fait pas intervenir le même processus de dégradation des matières organiques que le compost en tas (fermentation avec hausse des températures). La technique s'apparente davantage à celle du paillis. Elle consiste à étaler, à même le sol, les déchets. Au fur et à mesure de leur production, vous alimentez cette couverture organique, qui se décompose et enrichit le sol, au fil du temps.

Pourquoi pratiquer le compostage de surface ?

Déchets à composterPlusieurs avantages se dégagent de cette technique.

  • D'une part, elle exige moins de travail. Avec le compostage de surface, fini les opérations de retournements, la gestion des tas de compost (mûrs ou en préparation), les allers-retours avec la brouette (ou le seau) du tas au jardin... Ici le déchet part directement au jardin.
  • D'autre part, les déchets organiques sont intégralement disponibles pour la microfaune et les microorganismes du jardin, contrairement au compostage en tas, où une partie est consommée par les décomposeurs.
  • Enfin, le compostage de surface dispense de la mise en place d'un paillis. Il forme une couverture pour le sol, avec les mêmes avantages qu'un paillis classique : moins d'arrosage, protection contre les intempéries, maîtrise des mauvaises herbes (lire aussi : Désherber : des solutions bio)...

Quels déchets peut-on composter en surface ?

Paillis et compostBeaucoup de jardiniers utilisent le compost de surface spontanément, avec les déchets du jardin, et, en particulier, avec les feuilles mortes ou les déchets de taille (sous forme de BRF). Ils les installent généralement à l'automne, au pied des arbustes, dans les massifs et parfois au potager, sur les planches libres.
On peut facilement aller plus loin dans la démarche, et notamment au potager. Au fur et à mesure des récoltes et du nettoyage du potager, laissez sur place toutes les parties des légumes non consommées, comme les fanes (lire : Manger les fanes des légumes), les feuilles de salades ou de bettes abimées, les pieds de tomates ou de haricots après la récolte, les fleurs fanées... Coupez, au sécateur, les morceaux les plus durs ou les plus gros (fanes, tiges de haricots, feuilles de courges...) et répartissez-les aux pieds des cultures du potager, mélangés à des feuilles mortes, à du BRF, aux tontes de pelouse ou à d'autres matériaux de paillis. La variété des déchets permet d'obtenir un « compost » équilibré et un « paillis » aéré, laissant circuler l'air et l'eau.
Apportez-y également les mauvaises herbes que vous arrachez, en prenant soin, cependant, à ne pas y introduire celles qui sont en graines. En effet, dans le compostage de surface, il n'y a pas de hausse des températures et les graines ne sont pas détruites.
De même, les plantes atteintes de maladies coriaces, comme le mildiou, sont à proscrire.

Et les déchets de cuisine ?

Paille au potagerPour une démarche aboutie, les déchets de cuisine (les mêmes que ceux que l'on jette dans le compost en tas) sont, également, répartis sur les planches de culture. Mais attention ! Cela se fait en respectant quelques règles.

Sous la paille

Les déchets de cuisine ne sont pas particulièrement esthétiques, surtout lorsqu'ils sont en décomposition. Il est donc fortement conseillé de les recouvrir de paille ou d'un matelas de feuilles mortes. De plus, cette couverture a l'avantage de garder l'humidité nécessaire à la dégradation de ces déchets.

Sur la paille

À l'automne, si les planches de cultures sont vides, il est préférable d’installer entre le sol et les déchets de cuisine (ou les déchets verts ou mous en général) une petite couche de déchets carbonés comme le BRF ou la paille. En effet, à cette période, la température du sol, encore chaude, combinée aux pluies de saison, favorise la dégradation de la matière organique qui libère, en quantité, son azote sous forme de nitrates. S'il n'y a pas de culture en place pour le consommer, cet azote minéralisé est lessivé et perdu. En apportant de la matière riche en carbone (qui a besoin d'azote pour se décomposer), vous le fixez au sol*.

Fini le tas de compost ?

Tas de compostLe compostage de surface est, sans nul doute, une des meilleures façons de préserver la qualité agronomique et biologique du sol du potager, tout en recyclant ses déchets organiques. Mais si vous êtes un adepte du « fait maison » et que vous avez l'habitude de préparer vos propres mélanges de terre pour les semis, les repiquages et les bouturages, gardez quelques déchets pour former un petit tas de compost !

>> Lire aussi :


* Pour plus d'informations sur la « Minéralisation et la fuite des nitrates », rendez-vous sur le blog de Gilles Domenech : http://jardinonssolvivant.fr/mineralisation-automne-fuite-nitrates/

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Questions / réponses

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Réactions

Elisa gaym
01/11/2014, à 18220 les aix d'angillon540

Répondre

Faut-il entasser fruits pourris au pied de l'arbre fruitier?(pêches par ex)

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