Attirer les insectes pollinisateurs

Le 6 février 2018 par Isabelle C.

Cultiver des plantes mellifères, aménager des abris et des nichoirs..., les solutions pour attirer les abeilles, papillons et autres insectes pollinisateurs dans le jardin sont simples et faciles à mettre en place.

Qui sont les insectes pollinisateurs ?

Pas de jardin productif sans insectes pollinisateurs. Mais qui sont ces petites aides précieuses qui transportent de fleurs en fleurs le pollen responsable de leur fécondation ? Les abeilles, osmies et bourdons, bien sûr, qui butinent inlassablement les fleurs à la recherche du pollen et / ou du nectar, mais également les guêpes et de nombreuses mouches comme le syrphe (sorte de petite guêpe au vol stationnaire) ou le grand bombyle (Bombylius major) ressemblant à un petit bourdon muni d'un long appendice servant à recueillir le nectar, quelques coléoptères comme l'Oedémère vert (Oedemera sp.) ou ce joli petit scarabée nommé cétoine dorée, sans oublier les papillons dont fait partie le célèbre Moro Sphinx.

>> Lire : Qui sont les principaux insectes pollinisateurs ?

Oedemera sp.
Oedemera sp.Agrandir l'image

Les abris naturels des insectes et lieux de reproduction

Les jardins de nos grands-parents fournissaient naturellement des abris pour l'hiver et des lieux de reproduction aux pollinisateurs : bois morts, troncs, écorces, branches, tiges herbacées, souches... Mais à trop vouloir nettoyer le jardin et le potager à l'automne, ceux-ci disparaissent. Laissez donc faire la nature comme bon lui semble à certains endroits du jardin :

  • Les abeilles sauvages recherchent de petites cavités creusées dans le bois, les tiges ou les rochers.
  • Les bourdons se plaisent sous terre, dans une cavité déjà creusée.
  • Les syrphes hivernent sous les paillis, dans les interstices d'un vieux mur, sous une écorce ou cachés parmi le feuillage des persistants.
  • Les larves d'oedemères naissent et se développent à terre, dans le bois en décomposition, les souches, les tiges ou racines mortes.
  • Bien que beaucoup de papillons adultes ne vivent que quelques semaines, certains hivernent (œufs, larves, chrysalides ou imagos) cachés dans la végétation, dans les fentes d'un tronc, dans le sol, un pierrier, un tas de bois... Quant à leur reproduction, elle se fait sur des fleurs hôtes* dont la reine est l'ortie ! (lire : Un jardin paradis pour les papillons).
  • La cétoine dorée pond ses œufs dans les déchets végétaux (compost, tas de feuilles mortes, bois mort, paillis et BRF, dont les larves se nourrissent.
Chenilles de papillon (paon du jour) sur ortie
Chenilles de papillon (paon du jour) sur ortieAgrandir l'image

Les hôtels à insectes

Si le jardinier ne peut supporter un certain désordre dans son jardin, il peut toujours avoir recours aux hôtels à insectes et aux carrés de sol (carrés délimités par un cadre en bois remplis de terre et de sable). Sachez toutefois que les auxiliaires, lorsqu'ils le peuvent, préfèrent organiser eux-mêmes leurs abris et peuvent donc bouder ceux que vous leur offrez. Vous pouvez malgré tout augmenter les chances d'occupation de vos nichoirs, en les installant propres, dans des endroits abrités des intempéries et éloignés de vos lieux de passages.

>> Lire : Hôtel à insectes : quels intérêts ?

Hôtel à insecte
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Des fleurs mellifères en toute saison ou presque

La nourriture des pollinisateurs, pollen et nectar, est fournie par les fleurs mellifères et nectarifères. Mais pas n'importe lesquelles : tous les pollinisateurs n'apprécient pas forcément les plantes exotiques et les variétés horticoles.

Pour satisfaire le plus grand nombre, créez des zones dédiées aux espèces sauvages (spontanées et semées) en misant sur la diversité (nombreuses sont les espèces inféodées à des plantes hôtes indigènes spécifiques pour leur reproduction et leur alimentation) :

Abeille butinant du mélilot, très mellifère
Abeille butinant du mélilot, très mellifèreAgrandir l'image

Au potager, cultivez des fèves, courgettes, tournesol, tomates... et laissez fleurir quelques choux, oignons et artichauts.

Les arbres sont aussi de bons pourvoyeurs de fleurs intéressantes, notamment lors des périodes « creuses ». On peut, par exemple, compter sur les fleurs de noisetier et de saule Marsault dès février, sur celles du frêne et prunellier au début du printemps, et sur la ronce et le lierre pour les derniers mois de l'année. Pensez-y si vous avez la possibilité de faire une haie.

>> Lire : Les plantes mellifères

Nourrir larves et chenilles

Les besoins des progénitures de nos pollinisateurs ne sont pas toujours identiques à ceux de leurs parents. Il faut donc également s'assurer que puissent se nourrir les larves de syrphes, grandes prédatrices de pucerons, en plantant quelques « plantes à pucerons » comme la capucine si le jardin n'en fournit pas assez. Pensez aussi aux larves de cétoine (tas de compost ou de feuilles mortes) et aux chenilles de nos chers papillons ; et oui ! Pas de papillons sans chenilles gloutonnes ! Soyez tolérants !

Larve de cétoine dans le compost
Larve de cétoine dans le compostAgrandir l'image

De l'eau pour boire

Papillons et abeilles apprécieront également que vous leurs fournissez un peu d'eau accessible et peu profonde (un récipient avec quelques cailloux) pour qu'ils puissent boire sans prendre le risque de se noyer.

Pour finir, une recommandation probablement inutile pour la majorité d'entre vous : on évite tout traitement phytosanitaire non sélectif, qui cible ravageurs et auxiliaires sans distinction.

*Certains papillons ont besoin de plantes bien précises pour se reproduire. L'ortie permet la reproduction de nombreux d'entre eux, et leur fournit également de la nourriture.

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