Tordeuse

Le 6 mai 2017 par Clémentine Desfemmes

La tordeuse est un parasite qui touche de nombreuses plantes. Ces petites chenilles peuvent attaquer des arbres, notamment fruitiers, et des arbustes, par exemple des rosiers, et faire des dégâts au verger et au jardin d'ornement. Il existe plusieurs moyens de lutte.

Des petites chenilles parasites de nombreux végétaux

Tordeuse chenille

Chenille en fin de croissance (archips podana)

Les tordeuses sont des chenilles, donc des larves de lépidoptères (c'est-à-dire de papillons). Elles peuvent appartenir à différentes familles : celles des Tortricidae le plus souvent, plus rarement celle des Gelechiidae. Les adultes sont généralement de petite taille, de même que les chenilles, qui présentent des aspects variables, notamment en ce qui concerne leur couleur.

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Adulte au repos sur une feuille

Adulte (papillon) au repos sur une feuille

Les nombreuses espèces de tordeuses s'attaquent à une grande variété de végétaux, chacune ayant une préférence pour certaines plantes. On distingue ainsi :

  • La tordeuse orientale du pêcher, qui parasite la plupart des arbres fruitiers à noyaux ou à pépins (Grapholita molesta) ;
  • La tordeuse des citrus (Argyrotaenia citrana) ;
  • La tordeuse verte du chêne (Tortrix viridana) ;
  • La tordeuse des rosiers (Croesia bergmanniana) ;
  • La tordeuse du mélèze (Zeiraphera improbana) ;
  • La tordeuse du pois (Cydia nigricana) ;
  • La tordeuse à bandes obliques (Choristoneura rosaceana), qui concerne un grand nombre de végétaux, arbres, arbustes, et plantes herbacées, et en particulier le famille des Rosacées (arbres fruitiers, rosiers...) ;
  • La tordeuse des buissons (Archips rosana) ;
  • La tordeuse des fruits (Archips podana) ;
  • La tordeuse des arbres fruitiers (Pandemis cerasana)...

Symptômes et dégâts

Dégâts de tordeuse sur poires

Dégâts sur poires (Archips rosana)

Ces petites chenilles doivent leur nom de "tordeuses" au fait qu'elles enroulent les feuilles sur elles-mêmes afin de former un tuyau, à l'intérieur duquel elles se mettent à l'abri des prédateurs et consomment la feuille parasitée. On les reconnaît également aux quelques fils de soie qu'elles sécrètent pour se fixer aux feuilles. Certaines tordeuses (Tordeuse orientale du pêcher, tordeuse des rosiers...) se nourrissent aussi des bourgeons (bourgeons floraux des rosiers) qui, criblés de trous, ne se développent pas correctement, et des jeunes pousses (arbres fruitiers), qui se dessèchent et portent des écoulement de gomme. Ces tordeuses "piquent" aussi les fruits, qui tombent précocement ou deviennent liégeux et déformés.

Les dégâts sont variables selon la gravité de l'attaque et selon la plante parasitée. Dans le meilleur des cas, seules quelques feuilles peuvent être atteintes, mais parfois, la croissance du végétal est compromise et de sérieux dégâts peuvent être infligés aux récoltes dans les vergers. Au jardin d'ornement, les dommages sont surtout esthétiques, notamment sur les rosiers dont les feuilles peuvent être dévorées, et les fleurs, très abîmées.

Moyens de lutte

Dégâts de tordeuse sur jeune pousse de pêcher

Dégâts sur pousse de pêcher

Pour les attaques de faible ampleur, on peut se contenter de supprimer à la main les feuilles, les fruits et les rameaux atteints. Si les chenilles se montrent trop envahissantes, plusieurs moyens de lutte sont envisageables :

  • La confusion sexuelle : grâce à des dispositifs émetteurs de phéromones spécifiques placés dans le verger ou le jardin, les papillons adultes mâles sont désorientés et incapables de trouver leurs femelles. Il n'y a donc pas d'accouplement, donc pas d'oeufs fécondés, et pas de chenilles.
  • Le piégeage des adultes mâles : ici encore, les phéromones sont mises à profit. Elles sont utilisées pour attirer les papillons mâles au fond d'un piège, où ils meurent englués. De même que la confusion sexuelle, cette méthode vise à empêcher la fécondation des oeufs.
  • La lutte biologique intégrée : les chenilles des tordeuses ont des prédateurs naturels (trichogrammes, certains hyménoptères), à choisir en fonction de l'espèce de la tordeuse.
  • Les traitements biologiques : le Bt (Bacillus thuringiensis) est efficace sur les chenilles de tordeuse.
  • Les traitements chimiques : ceux-ci peuvent varier selon la tordeuse incriminée, mais le pyrèthre et la roténone sont souvent utilisés en derniers recours (ils détruisent aussi les insectes bénéfiques !). Dans ce cas, deux applications sont conseillées, à 30 minutes d'intervalle : la première pour faire sortir les chenilles de leur abri, la seconde pour les tuer. 

>> Lire aussi : Pyrale du buis

Crédit photos : Coutin R. - OPIE (1,2,4) / INRA (3)

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