Le retour des rosiers anciens

Le 16 juin 2014 par Stéphane

Longtemps délaissés au profit des rosiers modernes à grandes fleurs, les rosiers anciens connaissent un retour en grâce depuis plusieurs années. Leurs atouts sont nombreux et ils n’ont pas leur pareil pour apporter une note romantique au jardin. Redécouvrez-les et succombez à leur charme rétro.

Qu’est-ce qu’un rosier ancien ?

Certains types de rosiers sont historiquement très anciens. Connue dès l’époque romaine, la rose gallique connut un franc succès au Moyen-Age, en particulier le cultivar ‘officinalis’ ou rose de Provins cultivée à grande échelle en Ile de France. Par hybridation, plusieurs centaines de variétés furent créées. Les rosiers de Damas, rapportés d’Orient par les Croisés, eurent aussi leur heure de gloire. Par la suite, des mutations spontanées ou des croisements ont permis le développement des Alba, des Cent-feuilles, des mousseux et de familles de rosiers bien remontants : Portland, Bourbon, Noisette, hybrides de rugosas et hybrides remontants qui font la liaison avec les roses modernes.

Roses modernes et nouvelles roses d’antan

Rose 'La France' (Guillot)

'La France' (Guillot)

Il est d’usage de considérer que les roses modernes apparaissent avec la création de ‘La France’ par Jean-Baptiste Guillot fils, deuxième représentant d‘un lignée de rosiéristes de talent. Il allie  la floraison remontante et parfumée des rosiers thé à la nature très saine des hybrides remontants. Cette rose, de renommée universelle, très double à la forme turbinée, est en  quelque sorte le prototype des rosiers modernes. Parfois, des rosiers créés juqu’en 1920 sont inclus dans ce groupe divers et varié des roses anciennes, notamment les très beaux hybrides de moschata créés en Angleterre à partir de 1900. En définitive, il est délicat de définir les rosiers anciens selon la date de création. En fait, c’est plus un style qu’une époque qui les caractérise.
Certains, comme ‘Buff Beauty’ créé en 1939, s’y apparentent ; de même, ‘Aloha’ (1949), ‘Pink Cloud’ qui date de 1952 ou encore ‘Alchemyst’ obtenu en 1956 s’y rattachent par la forme de leurs fleurs ou leur parfum. Un rosier comme ‘Sourire d’orchidée’ obtenu en 1985 figure au catalogue de nombreux producteurs de roses anciennes. La gamme ‘Générosa’ des roses Guillot s’enrichit chaque année de nouveautés qui combinent les atouts des roses modernes au charme des roses anciennes. Les créations exclusives de Fabien Ducher, dont la famille produit des roses depuis des générations, ou les rosiers anglais de David Austin sont aussi des roses nouvelles d’allure ancienne.

Feuillage ample et roses doubles très parfumées

'Yolande d'Aragon' (Guillot)

'Yolande d'Aragon'

La plupart des rosiers anciens ont un port arbustif très naturel. Assez hauts (1,50 mètres en moyenne) et larges, ils n’ont pas la raideur des rosiers modernes et leur pied se dégarnit moins. Leur vigueur permet parfois de les conduire en petits grimpants. Porté par des tiges ramifiées, leur feuillage dense et abondant est plus large et plus épais que celui des rosiers modernes, il est d’un vert clair et mat ou foncé et luisant. Sous le poids des corolles opulentes, l’arbuste a parfois tendance à s’évaser. Le trait commun à de nombreuses roses anciennes est en effet la duplicature et le parfum des fleurs.
Les roses sont en coupe pleine avec des pétales très nombreux disposés en quartiers. Les rosiers de Portland ‘Yolande d’Aragon’ mais aussi les rosiers Cent-feuilles comme ‘Fantin Latour’ sont des exemples types de ces arbustes aux roses très doubles. Pour les couleurs, les rouges sombres et veloutés et les roses intenses dominent, mais on rencontre aussi le rose pâle ou nacré et le blanc  pur ou ivoire. Quant au parfum, mélange d’odeur de thé, d’épices, d’aubépine ou de musc, il est suave et puissant (lire aussi : Rosiers parfumés).

Floraison unique ou très remontante

'Cardinal de Richelieu'

'Cardinal de Richelieu'

Beaucoup de variétés vraiment anciennes ne fleurissent qu’une seule fois en juin, mais cette floraison très généreuse s’étale sur 3 ou 4 semaines. Parmi eux citons :

  • ‘Kazanlik’ et ‘Ispahan’, des rosiers de Damas très parfumés ;
  • ‘Belle Isis’ rose pâle, ‘Belle de Crécy’ parme, ‘Cardinal de Richelieu’ violet pourpre. Ces trois rosiers galliques ont un parfum puissant ;
  • ‘Cuisse de Nymphe émue’, rose nacré au parfum délicat.

 Des grimpants et des rosiers lianes qui ont une forte végétation :

  • ‘Félicité et Perpétue’ blanc ;
  • 'Albertine’ rose ;
  • ‘Veilchenblau’ mauve ;
  • ‘Seagull’ blanc.

D’autres sont remontants, c’est–à-dire qu’ils offrent deux belles vagues de fleurs, l’une en juin et l’autre en automne, avec des remontées ponctuelles entre les deux. Voici une sélection parmi les plus remontants et les plus parfumés :

'Félicité et Perpétue'

'Félicité et Perpétue'

  • ‘Comte de Chambord’ rose foncé ;
  • ‘Catherine Guillot’ rose vif, ‘Comtesse d’Oxford’ rouge vif (deux obtentions Guillot) ;
  • ‘Antoine Ducher’ rouge vif (créé par Claude Ducher au XIXème siècle) ;
  • ‘Roseraie de l’Haÿ’ pourpre mauve, très parfumé ;
  • ‘Salet’ rose vif, très parfumé ;
  • ‘Mme Isaac Péreire’ fuchsia, parfum enivrant.

 Parmi les grimpants :

  • ‘Mme Alfred Carrière’,  blanc pur, au parfum subtil ;
  • ‘Gloire de Dijon’, jaune ;
  • ‘New Dawn’, rose tendre.

Les amateurs de floraisons massives mais pleines de charme adopteront des hybrides de moschata comme ‘Buff Beauty’, jaune chamois, ou ‘Felicia’, rose saumon.

Des rosiers faciles à vivre

'Buff Beauty'

'Buff Beauty'

En général, ils se montrent assez résistants aux maladies même s’il peut arriver que, dans de mauvaises conditions, certaines variétés soient sensibles à l’oïdium ou au marsonia. Les attaques sont assez sporadiques et moins sévères que celles qui touchent nombre de rosiers modernes à grandes fleurs.

>> Lire aussi : Des rosiers jamais malades

Il faut les nourrir comme les autres rosiers, vous garantirez leur bonne santé et une floraison abondante. Ils s’avèrent tous faciles à entretenir, ils ne réclament pas de vraie taille pour bien fleurir. Il s’agit plutôt d’un nettoyage qui consiste à ôter le bois mort, les rameaux grêles et mal placés qui encombrent le centre de l’arbuste, à raccourcir les branches d’un tiers (de moitié pour les hybrides remontants) et à couper de temps en temps une ou deux branches âgées.

>> Lire aussi : Les différentes formes de roses

Crédit photos : www.roses-guillot.com /

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