Puceron cendré du pommier

Le 21 septembre 2017

Parmi les multiples pucerons qui s'attaquent au pommier, c'est celui qui provoque le plus de dégâts : enroulement puis jaunissement des feuilles, déformation des rameaux et des fruits... Comment le reconnaître, et comment lutter efficacement ?

Introduction

Colonie de pucerons cendrés au revers du feuillage d'un pommier

Colonie de pucerons cendrés au revers d'une feuille

Bienvenue dans la grande, l'immense famille des pucerons. Plus de 900 espèces recensées en Europe ! Avec des caractéristiques communes extrêmement désagréables : la faculté de se reproduire à très grande vitesse et d'être très mobiles, celle d'attaquer la plupart de nos plantes cultivées en se nourrissant de leur sève et de leur transmettre des maladies à virus.

Nous allons nous intéresser au genre Dysaphis, qui comprend une centaine d'espèces et parmi elles Dysaphis plantaginea, plus connu sous le nom de puceron cendré du pommier (son hôte secondaire est le plantain). Parmi les nombreuses espèces de pucerons qui s'attaquent au pommier, c'est le plus dangereux, avec le puceron lanigère. L'adulte, aptère (sans ailes), est un gros puceron d'environ 2,5 mm, globuleux, vert olive ou rose vineux, recouvert d'une pulvérulence blanche à grisâtre, et doté de longues antennes. Les formes ailées sont vert foncé.

Symptômes

Dégâts causés au feuillage du pommier : crispation, nécrose, crispation

Dégâts sur le feuillage

Les premières colonies se forment dès le mois d'avril et les dégâts ne tardent pas à apparaître : les feuilles se gaufrent, se déforment et s'enroulent avant de jaunir ; les jeunes rameaux et les fruits se déforment également ; ces derniers resteront petits et bosselés.

En outre, ce puceron rejette un abondant miellat qui favorise le développement de fumagine (moisissures noirâtres), et qui intéresse beaucoup les fourmis. Celles-ci visitent régulièrement leurs " troupeaux ", stimulent la production de miellat, et protègent les pucerons de leurs ennemis naturels, favorisant ainsi leur prolifération.

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Mode de vie

La reproduction des pucerons est assez étonnante et elle explique la rapidité des pullulations.

Le cycle commence avec les œufs d'hiver pondus sur l'hôte primaire (le pommier) après fécondation classique des femelles par des mâles. Les œufs noirs et ovales sont situés à la base des bourgeons ou sous les écorces. Ils résistent au froid et éclosent lors du gonflement des bourgeons, donnant naissance à des " fondatrices ".

Dégâts sur les pommes : les fruits sont déformés à la suite des piqûres printanières.

Pommes déformées suite aux piqûres du printemps

Le cycle va alors connaître une fabuleuse accélération grâce à la parthénogenèse : il n'y a plus de perte de temps due à la rencontre des sexes, et ne naissent que des femelles. De plus, celles-ci sont vivipares (pas de stade œuf) et les larves deviennent adultes et se reproduisent très rapidement : on compte six à neuf générations par an, de mai à octobre, chaque femelle pouvant engendrer environ 70 larves. À ce rythme, la surpopulation guette... Les adultes s'adaptent alors en mettant au monde davantage d'individus ailés qui se disséminent sur d'autres pommiers.

À partir de juin commence la migration vers l'hôte secondaire, le plantain (parfois aussi le rumex ou le cerfeuil), où vont apparaître les formes sexuées qui reviendront à l'automne s'accoupler et pondre sur le pommier.

L'autre grande particularité des pucerons, c'est leur système buccal de type piqueur-suceur. Très sophistiqué, il leur permet d'accéder aux tissus qui transportent la sève élaborée à l'intérieur des végétaux. La piqûre s'accompagne parfois de sécrétion de salive qui peut transmettre des virus (notamment avec les pucerons des légumes).

Comment lutter ?

Toutes les variétés de pommiers n'ont pas la même sensibilité au puceron cendré.

On évitera les plus sensibles :

  • 'Granny Smith',
  • 'Baujade',
  • 'Idared',
  • 'Topaz'.

Il n'en existe que deux qui lui résistent :

  • 'Florina'
  • 'Goldrush'.

Les excès de fertilisation, notamment azotée, favorisent son développement ainsi que les gourmands très vigoureux, qu'il faut tailler. L'important, c'est de ne pas se laisser prendre de vitesse, car les insecticides végétaux sont peu efficaces sur des colonies installées, surtout si les feuilles sont déjà enroulées. Ils sont également peu sélectifs, à un moment où les auxiliaires sont les seuls à pouvoir jouer un rôle régulateur.
La bonne stratégie consiste à :

  • empêcher l'arrivée des fourmis en posant des barrages englués (ou colliers antifourmis du commerce) sur le tronc avant le départ de la végétation ;
  • effectuer un traitement aux huiles blanches (paraffine) diluées à 1 ou 1,5 %, dès l'ouverture des bourgeons si la température est supérieure à 10 °C. L'objectif est de toucher les œufs en cours d'éclosion et les jeunes fondatrices ;
  • traiter une seconde fois, toujours avant la fleur, au moment où les feuilles s'écartent, en ajoutant un insecticide végétal (à base de pyrèthre) afin d'atteindre également les fondatrices plus âgées.

Enfin, il faut s'efforcer de favoriser au maximum la présence des insectes auxiliaires par des haies variées, des bandes florales diversifiées et un enherbement à fauches espacées. Les larves de syrphes sont les plus précoces et les plus voraces, puis viendront coccinelles, chrysopes, cécidomyies... si vous évitez tout traitement insecticide après la fleur. Ce dernier ne se justifie qu'en cas de fortes attaques sur de jeunes arbres qui risquent d'en pâtir durablement.

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Antoine Bosse-Platière, Les 4 Saisons du jardin bio

Crédit photos : (R. Coutin / OPIE) - avec l'aimable autorisation de l'INRA

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Terre Vivante En partenariat avec :

Terre vivante, spécialisé depuis 30 ans dans le jardinage bio, éditeur des 4 Saisons du jardin bio.

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Questions / réponses

Questions déjà posées par les jardiniers sur les envahisseurs du jardin.

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Réactions

Pomchol
28/12/2010, à 92350 le plessis robinson

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Je suis effrayé en 2010 de lire vos façons de faire en bio avec vos traitements aux huiles contre les pucerons et empêche les 28 prédateurs connu de vivre et de contrôler eux même les pucerons et après un peu de bouillie bordelaise qui est bactéricide et fongicide terminant au sol le pollue au cuivre et tue les bactéries et champignons symbiotiques indispensables à la vie convenable d’une plante. J’ai 67 ans de vie à la terre et encore praticien de jardinage naturel sur 3000 m2

Dormiouz
22/04/2010, à Waterloo

Répondre

Je n'arrive pas à avoir des fleurs sur mon camélia , les feuilles deviennent vert pâle et les boutons floraux se déssèchent et ne s'ouvrent pas