Le pralinage

Le 12 décembre 2016 par Clémentine Desfemmes

Le pralinage est un geste que l'on pratique de moins en moins lors de la plantation d'un arbre ou d'un arbuste vendu à racines nues, et c'est bien dommage ! Redécouvrez les avantages de cette opération et préparez votre pralin "maison"...

Qu'est-ce que le pralinage ?

Pralinage de racines d'un arbre fruitierLe pralinage de racines consiste à enrober, avant la plantation, les racines d'un arbre ou d'un arbuste avec un mélange boueux à base d'argile, de bouse de vache et d'eau. Le pralinage concerne donc les végétaux vendus à racines nues (plantés à racines nues en automne ou en hiver ; d'octobre à mars selon les conditions climatiques).
En pratique, on trempe les racines dans un "pralin", de manière à bien les enduire, mais on ne se contente pas d'un trempage rapide : l'idéal est de laisser les racines dans le mélange boueux pendant 24h.

Les avantages du pralinage

C'est un fait avéré : le pralinage des racines au moment de la plantation offre de meilleures chances de reprise et favorise un départ de végétation vigoureux. Plusieurs raisons à cela :

  • Pratiqué au plus vite après l'achat des plantes à racines nues, il limite le dessèchement des racines et permet d'attendre quelques jours avant la mise en terre (au-delà de quelques jours d'attente, préférez la mise en jauge) ;
  • Le pralin forme une gaine protectrice autour des racines, ce qui favorise leur cicatrisation (plaies causées par l'habillage, c'est-à-dire par la taille des racines : suppression des quelques racines abîmées ou trop longues) et évite l'installation de parasites ou de maladies ;
  • Aussi et surtout, le pralinage facilite la reprise en améliorant le contact entre les racines et la terre, en accélérant le développement des radicelles, et en créant un environnement favorable autour des racines, riche en micro-organismes symbiotiques (bactéries, champignons) qui facilitent l'absorption d'eau et d'éléments nutritifs par les racines.

Quel pralin utiliser ?

Préparation d'un pralin du commerceOn trouve en jardinerie des pralins prêts à l'emploi, mais il est assez facile de préparer son propre mélange. La recette de base est la suivante :

  • un tiers d'argile en poudre ou en petits morceaux (que l'on peut remplacer de la terre de jardin fine, tamisée au besoin pour en retirer les cailloux -la terre des taupinières est parfaite pour cet usage !-, et éventuellement enrichie de terreau tamisé lui aussi) ;
  • un tiers de bouse de vache fraîche ou de fumier composté, ou de crottin de cheval frais, ou encore de compost (pour l'apport de micro-organismes vivants)
  • un tiers d'eau de pluie (l'eau du robinet contient du chlore, or, chlore et microorganismes ne font pas bon ménage !).

Prévoyez un grand récipient, de taille suffisante pour contenir l'ensemble du système racinaire de la plante à praliner : bassine, seau, grande poubelle... Selon l'humidité de la terre utilisée, adaptez la quantité d'eau de manière à obtenir un mélange homogène, assez fluide pour enrober toutes les racines, y compris les plus fines, mais également suffisamment pâteux pour adhérer aux racines (il ne faut pas que le pralin "dégouline" trop). Un bon repère : la consistance de la pâte à beignets !
Laissez reposer le mélange une vingtaine de minutes avant de l'utiliser.

Les petits plus
Il est possible d'ajouter des mycorhizes (disponibles en jardinerie) qui amélioreront l'absorption d'eau et de phosphore par les racines, notamment en sols pauvres (lire : Mycorhizer les plantes).
Dans les sols à tendance acide, un apport de dolomie (riche en magnésium et calcium) peut être utile pour les végétaux qui préfèrent un pH neutre.
Enfin, si vous utilisez une terre de jardin peu argileuse (lire : Connaître le sol argileux), il peut être nécessaire d'apporter de l'argile agricole pour que le pralin soit plus collant. Les anciens disent aussi que l'ajout d'un verre de lait au mélange améliore sa capacité à adhérer aux racines : ça ne coûte pas grand-chose d'essayer !

Pour quels végétaux ?

Pralinage d'un rosier racines nuesCe sont bien sûr les végétaux (arbres et arbustes, fruitiers ou d'ornement) vendus à racines nues qui sont concernés, mais pas seulement : certains jeunes plants de légumes à repiquer (chou, poireau) ou les rosiers déplacés d'un endroit du jardin à un autre sont également de bons candidats au pralinage.
Attention, certains arbres ne doivent pas être pralinés : c'est le cas des conifères (lire : Plantation des conifères), qui ne sont d'ailleurs quasiment jamais commercialisés à racines nues.

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