
Cette chute de fruit est sans gravité. Elle résulte d'une mauvaise pollinisation. Certaines variétés y sont plus sujettes que d'autres; consolez-vous en vous disant que ça vous évite d'éclairir...
Si fructification il y a, elle est souvent abondante. Même s'il fait mal au coeur, l'éclaircissage est indispensable. Sur le poirier, ne conservez à la fin mai qu'un à deux jeunes fruits par bouquet. Privilégiez le fruit le plus beau, qui se trouve généralement à l'extérieur de l'inflorescence, et non au centre du bouquet comme chez le pommier.
Les poiriers, comme les pommiers, ont tendance à mal s'autoféconder. Pour améliorer la fructification, plantez donc à côté deux variétés se pollinisant mutuellement (on parle de fécondation croisée).
Voici un petit tableau portant sur quelques variétés répandues. En pépinière, le vendeur doit être capable de vous donner cette information...
| Pollinise => | Doyenné du Comice |
Conférence | Louise Bonne d'Avranches |
Beurré Hardy |
Delbardélice | Williams Bon Chrétien |
Docteur Jules Guyot |
| Doyenné du Comice | x | x | x | x | |||
| Conférence | x | x | x | x | x | ||
| Louise Bonne d'Avranches | x | x | x | ||||
| Beurré Hardy | x | x | x | x | |||
| Delbardélice | x | x | x | ||||
| Williams Bon Chrétien | x | x | x | x | |||
| Docteur Jules Guyot | x | x | x | x |
Si
ce champignon est certainement le plus redouté dans les vergers
de pommiers, son apparition sur le poirier est nettement moins fréquente.
Les symptômes sont l'apparition de tâches sur face inférieure des feuilles (supérieure sur le pommier). Les jeunes tâches sont de couleur vert olive, d'aspect huileux. Elles se dessèchent, craquèlent et virent au gris-noir en vieillissant. La chute des feuilles est possible en cas d'attaque sévère. Sur les fruits, des tâches brunes en relief apparaissent, et la partie touchée se développe moins rapidement, ce qui déforme la poire.
Seule la lutte préventive est efficace. Lorsque les filaments du champignon sont installés, on ne peut les déloger.
La maladie sera contenue à condition de donner aux arbres les meilleures conditions de culture : taille appropriée, ramassage des feuilles à l'automne, apport de compost, fertilisation du sol à l'automne, paillage... Le feuillage pourra être renforcé avec des traitements bio à base d'ortie, de prèle ou encore de poudre d'algue.
Moins fréquent également que sur le pommier, il s'agit certainement de l'oïdium
Voilà le symptôme de la rouille grillagée (gymnosporangium fuscum). Il s'agit d'un champignon s'installant sur les feuilles au début de l'été. Des excroissances apparaissent ensuite sur leur face inférieure. Le champignon se développe sur une plante hôte, le genévrier (juniperus), hélas aujourd'hui assez répandu dans les jardins. Evitez donc de planter ces deux arbres à proximité, et coupez les feuilles si elles sont atteintes.
La
présence sur les feuilles de nombreuses boursouflures, pareilles
à des cloques, allant du vert au brun foncé, témoigne
d'une atteinte du phytopte du poirier. Les dégâts sont
provoqués par de minuscules acariens blanchâtres qui
hivernent sous les écailles des bourgeons et envahissent
les jeunes feuilles avant même qu'elles se déroulent.
La lutte est très difficile. Si l'attaque est limitée, supprimez les rameaux infestés. Une pulvérisation de soufre avant floraison peut éventuellement limiter la propagation.
A l'automne, ce phénonmène n'aurait rien d'étonnant. S'il survient dès la fin août, et que vous constatez parallèlement une végétation moins vigoureuse année après année, c'est que l'arbre est atteint du pourridié, une maladie atteignant les racines provoquée par un champignon du sol. Le dépérissement sera progressif, produisant souvent des effets au printemps (branches "mortes"). Il n'y a hélas pas de remède à ce mal.
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