Lutter contre la chenille de noctuelle

Le 21 septembre 2011 par Clémentine Desfemmes

La noctuelle, ou plutôt sa chenille, aussi appelée "ver gris", est un ravageur redouté du jardinier. Ce parasite se délecte en effet de nombreuses plantes, tant potagères qu'ornementales. Comment reconnaître une attaque de noctuelles, et quel traitement appliquer ?

Savoir identifier les noctuelles

Chenille de Agrotis ipsilon

Chenille de Agrotis ipsilon

Les noctuelles forment une très vaste famille de lépidoptères (papillons) : celle des Noctuidae. On estime qu'il existe environ 25.000 espèces de noctuelles dans le monde, dont 750 en France métropolitaine ! Il s'agit essentiellement de papillons nocturnes ; leur couleur et leur aspect est assez variable, mais le plus souvent, les noctuelles sont d'assez grande taille (jusqu'à 4 ou 5 cm d'envergure) et leurs ailes sont plutôt ternes, dans des tons de brun, de beige et de noir. Les chenilles sont en général dodues, sans poils, de couleur grise ou brun clair, parfois verte, et assez grosses au dernier stade de leur développement (3 à 5 cm). Elles sont actives durant la nuit, tôt le matin et en début de soirée (aux heures fraîches) ; pendant la journée, elles se cachent dans la couche superficielle du sol ou au pied des végétaux, ou encore dans le coeur de la plante (noctuelle du chou).

Quelles sont les périodes "à risque" ?

Les premières attaques de chenilles sont généralement observées au printemps, parfois plus tard, jusqu'en juillet pour certaines espèces de noctuelles. Au moins deux générations de chenilles se succèdent souvent entre le printemps et l'automne, on peut donc observer plusieurs vagues d'attaques. La dernière génération d'automne effectue sa nymphose (=transformation en papillon) dans le sol, après y avoir passé tout l'hiver sous forme de cocon. Elle émerge au printemps suivant, et les femelles adultes, en pondant leurs oeufs, marquent le coup d'envoi d'une nouvelle "saison"...

Dégâts occasionnés

Agrotis ipsilon - Imago

Agrotis ipsilon - Imago

On distingue deux groupes de noctuelles : celles qui se nourrissent des feuilles, parfois aussi des fleurs et des fruits ( noctuelles défoliatrices) ; et celles qui vivent dans et sur le sol (noctuelles terricoles). Ces dernières peuvent causer d'importants dégâts, notamment au potager, car elles grignotent le collet des plantes, la base des jeunes tiges et les racines : les plantes atteintes se flétrissent et meurent. Les noctuelles défoliatrices, elles, perforent les feuilles : le feuillage endommagé semble avoir été attaqué par des escargots ou des limaces, à cette différence près qu'il n'y a nulle trace de mucus, et que des déjections noirâtres ou verdâtres sont retrouvées sur la plante parasitée. Les deux espèces terricoles les plus fréquentes au jardin sont Agrotis ipsilon (noctuelle ipsilon) et Agrotis segetum (noctuelle des moissons).

Quelles plantes sont concernées ?

Les noctuelles sont polyphages pour certaines espèces, c'est-à-dire qu'elles sont peu regardantes quant à la plante nourricière, d'autres sont au contraire inféodées à une plante en particulier. De très nombreux végétaux peuvent être touchés par les attaques de noctuelles :

Comment lutter ?

Prévention

Le principe vaut pour le plupart des parasites et maladies, mais il est particulièrement vrai dans le cas de la noctuelle : mieux vaut prévenir que guérir. En effet, une fois que les chenilles sont installées dans le sol, il est bien difficile de s'en débarrasser. Quelques gestes préventifs :

  • Au printemps, vous pouvez poser un voile anti-insecte pour protéger vos cultures potagères.
  • Autre solution : effectuez des pulvérisations de décoction de pyrèthre (ou tanaisie) ou d'infusion d'absinthe, qui agissent comme répulsif et éloignent les papillons femelles à la recherche d'une plante hôte.
  • Enfin, si vos plantes ont été attaquées par des chenilles de noctuelles au cours de l'année, vous pouvez, durant l'hiver qui suit, réaliser des binages au pied des plantes, voire carrément retourner la terre (au potager par exemple) : cela permet de faire remonter à la surface les chenilles qui hibernent dans le sol, et donc de les exposer au gel et aux prédateurs (oiseaux).

Actions curatives

Si les noctuelles sont là, vous pouvez tenter une pulvérisation de solution insecticide à base de Bacillus thuringiensis sur les très jeunes chenilles (ce traitement biologique n'est guère efficace sur les chenilles de noctuelles déjà grosses), et le soir, c'est-à-dire quand les chenilles s'activent sur les plantes. La décoction de pyrèthre en pulvérisation peut également donner de bons résultats. Enfin, ces chenilles étant facilement repérables dans le sol (lorsqu'on les dérange, elles s'enroulent sur elles-mêmes, ce qui permet d'ailleurs de les différencier de larves de taupin), on peut les rechercher dans la terre, les ramasser et les détruire.

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