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Mouche de la carotte
Symptômes
Dégâts de la mouche de la carotte
Trop tard ! Vous ne verrez les dégâts de la mouche de la carotte - ou plutôt de sa larve - qu'au moment de la récolte lorsque vous retirerez du sol des racines parcourues de galeries noirâtres, généralement situées à plus de 5 centimètres du collet. Des galeries plus ou moins superficielles, remplies de déjections qui nuisent à la conservation et donnent un mauvais goût aux parties situées à proximité. Les larves pouvant s'attaquer aux autres ombellifères, vous pouvez trouver des dégâts similaires sur les racines du céleri et parfois sur celles du persil ou du panais.
Psilia rosae
Mouche de la carotte
Le responsable est une toute petite mouche de 4 à 5 millimètres de longueur, Psilia rosae, qu'il est important d'apprendre à identifier lorsqu'on la piège pour connaître la période des vols. Les ailes, plus longues que l'abdomen, sont transparentes, avec des nervures jaunâtres, le thorax et l'abdomen sont noirs, la tête brune, les yeux brun-rouge et les pattes jaunes. La larve, peu mobile, atteint jusqu'à 10 millimètres en fin de développement ; elle est d'un blanc jaunâtre assez brillant. Les pupes, d'où émergeront les adultes, sont brun-clair et ne dépassent pas 5 millimètres.
Mode de vie
Les pupes en hibernation dans le sol à proximité des précédentes cultures de carottes libèrent les premières mouches adultes au printemps, en avril ou mai selon la température du sol. La première génération peut faire des dégâts sur les jeunes carottes de printemps, mais c'est surtout la seconde génération, à l'automne, qui est à craindre pour les carottes de conservation (il y a même parfois une troisième génération). Les adultes vont d'abord trouver refuge dans les haies à proximité où ils se nourrissent de pollen et de nectar.
Après l'accouplement, les femelles s'envolent vers les cultures de carottes, généralement en fin de journée, attirées par les substances odorantes émises par les feuilles. Elles pondent chacune une cinquantaine d'œufs, isolément ou par petits groupes, dans le sol, à moins de 10 centimètres des carottes. Après éclosion, la larve s'enfonce dans le sol et, guidée par les exsudats racinaires, s'attaque d'abord aux racines secondaires avant de creuser ses galeries dans la carotte. Son développement achevé, la larve se nymphose et se transforme en pupe, toujours bien à l'abri dans le sol. Les adultes peuvent émerger au bout de vingt-cinq jours, ou davantage s'il fait trop chaud, et le cycle recommence. Les vols et les pontes de la seconde génération s'étalent entre fin juillet et début novembre, selon les régions.
Comment lutter
Compte tenu du cycle du parasite, vous ne ferez pas se succéder des carottes au même endroit ou même à proximité d'une culture qui a été attaquée. Evitez les apports trop riches en azote ou les engrais organiques insuffisamment compostés qui attirent les parasites.
Carabes et staphylins dévorent œufs et larves de la mouche de la carotte, mais l'impact de cette prédation est mal connu et généralement insuffisant.
Les vols et les pontes pouvant s'étaler sur plusieurs mois, le recours aux insecticides bio est inutile. Par contre les répulsifs et certaines plantes à odeur forte peuvent suffire à éloigner les mouches à l'échelle d'un petit potager : alternez rangées de carottes et d'alliacées (oignons, ails, poireau…), ajoutez des graines d'aneth à votre semis et apportez entre les rangs, pendant les périodes de vols, des feuilles de plantes répulsives comme l'absinthe, la tanaisie, la fougère ou la lavande, ou encore des infusions de ces plantes.
Pour une protection plus sûre et pour des surfaces plus importantes, il faut utiliser des voiles non tissés du type P10 ou P17 dont on se sert aussi comme protection thermique, ou des voiles anti-insectes à mailles fines, type Filbio.
Les premiers se déchirent facilement, les seconds sont presque deux
fois plus chers, mais peuvent se réutiliser plusieurs années s'ils
sont manipulés avec précaution. Suite aux essais positifs réalisés
par le Grab (Groupe de recherche en agriculture biologique), les maraîchers
bio ont systématisé leur usage pour leurs cultures de carottes.
Prenez bien soin d'enterrer tous les bords pour ne laisser ni prise au vent,
ni porte d'entrée pour les mouches, et prévoyez un peu de marge
pour ne pas trop comprimer les fanes.
Il est recommandé de retirer les voiles entre juillet et mi-août,
date à partir de laquelle les vols de la seconde génération
peuvent reprendre. L'idéal étant de surveiller les vols soit en
installant des pièges jaunes englués juste au-dessus des fanes,
soit, plus simplement, en posant une cuvette jaune contenant de l'eau additionnée
d'un mouillant ou de liquide vaisselle. Installez votre voile dès que
vous avez identifié la première mouche.
Voiles de renforçage non-tissés en 2x10m ou anti-insectes chez Magellan, ZA Les Landes, 24290 La Chapelle-Aubareil; également disponibles dans certaines jardineries.
Antoine Bosse-Platière, Les 4 Saisons du jardin bio
Crédit photos : Raskbak / Sarefo
En partenariat avec :
Terre vivante, spécialisé depuis 30 ans dans le jardinage bio, éditeur des 4 Saisons du jardin bio.
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Vos avis, votre expérience
nanard62 (dainville) : Depuis que je pratique les semis de carottes d'hiver entre les routes d'oignons de mulhouse, je n'ai plus ce problème galerires noires sur les légumes. de plus situé près d'Arras,je laisse les carottes en pleine terre recouvertes de feuilles mortes dès le début décembre; je les récolte intactes au fur et à mesure des besoins celà évite la deshydratation.