Les conifères caducs

Le 5 juin 2015 par Clémentine Desfemmes

Savez-vous qu'il existe des conifères caducs ? Ces arbres étonnants peuvent, à l'automne, rivaliser de couleurs chatoyantes avec les feuillus, pour mieux reverdir au printemps. Cyprès chauve, mélèze : qui sont-ils au juste ?

Des conifères qui perdent leurs aiguilles en hiver

C'est souvent tenu pour acquis : un conifère est forcément persistant ; il garde ses aiguilles d'une année sur l'autre. Mais comme chaque règle comporte des exceptions, et bien si, certains conifères perdent toutes leurs aiguilles en automne, et en produisent de nouvelles au printemps suivant ! Le mélèze et le cyprès chauve sont ainsi des conifères caducs. Leur aspect change au fil des saisons : d'un beau vert franc au printemps et en été, ils se parent de couleurs dorées et chaudes en automne, avant de dénuder leur élégante silhouette et de prendre leur allure hivernale, sombre et énigmatique...

Taxodium distichum - Cyprès chauve
Taxodium distichum - Cyprès chauveAgrandir l'image

Les conifères caducs, des arbres exceptionnels

Le cyprès chauve, Taxodium distichum

Le cyprès chauve (Taxodium distichum) est un arbre originaire des régions marécageuses des Etats-Unis, à la longévité impressionnante (jusqu'à 1000 ans !). Il se plaît dans les sols humides, voire détrempés. Une terre acide ne le gêne pas, au contraire ; il peut cependant s'accommoder de la plupart des sols, sauf ceux qui sont très calcaires, pourvu qu'ils restent frais en permanence. Dans les sols saturés d'eau, le cyprès chauve émet des pneumatophores (excroissances racinaires émergeant du sol) qui lui permettent de respirer. Au jardin, on le plante de préférence au bord d'une pièce d'eau ; il apprécie une situation ensoleillée et peut supporter jusqu'à -15°C en hiver.
Son port est conique, étroit, et ses aiguilles vertes et souples prennent des couleurs brun cuivré en fin d'automne : le cyprès chauve s'avère alors particulièrement décoratif. Il produit des cônes, semblables à ceux des autres cyprès.

Taxodium distichum - Feuillage en automne
Taxodium distichum - Feuillage en automneAgrandir l'image

Les mélèzes

Le mélèze d'Europe (Larix decidua) est un élément incontournable des paysages alpins. Son "feuillage", vert au printemps et en été, prend d'admirables couleurs jaune d'or à jaune orangé en l'automne. Il peut atteindre 40 mètres de hauteur et vivre 600 ans, mais sa croissance est lente. Il donne de petits cônes épineux.
Parfaitement adapté aux jardins de montagne, il peut pousser jusqu'à 2500m d'altitude et se montre très rustique. Il peut être planté au soleil, à l'ombre ou à la mi-ombre, mais apprécie cependant quelques heures d'ensoleillement quotidien. Il préfère les sols à tendance acide mais peut s'adapter à des sols ordinaires, pourvu qu'ils ne soient pas trop légers. Son système racinaire est très développé, veillez donc à l'installer dans un sol profond, loin des constructions (murs, canalisations...). Enfin, sachez qu'il ne supporte pas la pollution : il ne peut donc pas être cultivé en ville.

Outre le mélèze d'Europe, il existe d'autres espèces de mélèzes :

  • Le mélèze d'Amérique (Larix laricina) est très répandu au Canada ;
  • Le mélèze de Chine, ou mélèze doré (Pseudolarix amabilis) est originaire d'Asie ;
  • Le mélèze du Japon (Larix kaempferi) se distingue par ses aiguilles vert bleuté ;
  • Le mélèze d'eau (Metasequoia glyptostroboides) est natif de Chine. Il est considéré comme une espèce en voie de disparition.

Les mélèzes sont généralement des arbres habitués aux grands espaces. Pour les petits jardins, optez pour des variétés à petit développement (Larix kaempferi 'Stiff Weeping', Larix decidua puli).

Larix decidua - Eté
Larix decidua - EtéAgrandir l'image

Et le ginkgo ?

Enfin, impossible de ne pas citer le Ginkgo biloba : cet arbre étonnant est en effet caduc... et il est classé parmi les conifères !

Des aiguilles qui tombent en hiver... fantaisie de la nature ?

Entre conifères et feuillus ?

Il est bien difficile d'expliquer certains mystères de l'évolution, mais comme la nature ne laisse généralement pas grand-chose au hasard, on peut penser que la caducité de ces rares conifères est un héritage évolutif. Les conifères sont en quelque sorte les ancêtres des arbres feuillus : les feuillus caducs (chêne, hêtre, frêne, châtaignier...) auraient acquis un feuillage en "remplacement" des aiguilles en même temps que leur cycle végétatif devenait annuel (au lieu de pluriannuel chez les conifères et les arbres persistants en général : chez le Pin, par exemple, les aiguilles se renouvellent environ tous les 5 ans... mais pas toutes en même temps, d'où le terme "persistant" !). Il peut donc paraître logique qu'à un moment de l'évolution, certains conifères soient devenus caducs avant de voir leurs aiguilles se "transformer" en feuilles pour donner les feuillus caducs. Les conifères caducs seraient donc des survivants de l'évolution, un peu comme si ces espèces étaient restées à un stade intermédiaire : déjà plus tout à fait des conifères, mais pas encore des feuillus...

Larix decidua - Printemps
Larix decidua - PrintempsAgrandir l'image

Adaptation aux conditions climatiques

Autre remarque, pas forcément inconciliable avec la précédente : les conifères caducs sont des arbres qui ont besoin d'un sol frais (mélèze), voire constamment humide (cyprès chauve). Dans un milieu où le sol tend à s'assécher en hiver (soit parce que la pluviométrie est plus faible, soit parce que le sol est gelé en permanence, rendant ainsi l'eau inutilisable pour les racines), le fait de perdre toutes ses aiguilles en automne est donc un avantage adaptatif : pas d'aiguille, pas d'évapo-transpiration, donc pas de pertes d'eau, et de meilleures chances de survie de l'arbre au manque d'eau hivernal.

Larix decidua - Hiver
Larix decidua - HiverAgrandir l'image

Ceci peut aussi vous intéresser

Commentez cet article 0

Vous aussi donnez votre avis au sujet de :
Les conifères caducs

Questions / réponses

Questions déjà posées par les jardiniers sur les conifères.

124 questions

Voir tout Poser une question