
Coings et feuilles de cognassier
De l'ancienne Perse à l'Anatolie, le coing est cultivé depuis plus de 4 000 ans. Les anciens l'appelaient du joli nom de "Poire de Cydonie" en l'honneur de Cydon, ville de Crète où les Grecs en ont fait leurs délices, fourrés de miel. Savez-vous que la Pomme d'or offerte à Aphrodite par Pâris était en réalité un coing ? Le héros désignait ainsi la plus belle des déesses, en échange de la promesse qu’il pourrait épouser Hélène.
Le cognassier n’a pas été soumis à beaucoup de travaux d’amélioration ni d’hybridation. La sélection a contribué à la création de quelques cultivars qui offrent l’avantage d’une production fruitière plus avantageuse que l’espèce type.
Le cognassier est un petit arbre sans souci. Il s'adapte bien aux climats de la plupart de nos régions et résiste très bien au gel hivernal, même s'il est tout particulièrement adapté au Midi. Peu exigeant sur la nature du sol, il se plaira dans toute bonne terre de jardin qui ne se dessèche pas en été ; l'idéal sera un sol neutre ou légèrement acide, fertile et restant frais. Choisissez un endroit dégagé et abrité des vents froids. Arrosez en cas de sécheresse et veillez à conserver le sol propre dans un rayon de 50 cm autour du tronc. Contrairement aux autres fruitiers, la taille n'est pas indispensable pour obtenir de beaux fruits, ce qui simplifiera votre vie de jardinier. Il suffit de supprimer le bois mort et de tailler les branches inutiles ou mal placées. Chaque printemps, donnez-lui un peu d'engrais pour arbres fruitiers.
Une floraison remarquable
Bien que moins importante en volume que celle de la plupart des autres arbres fruitiers (notamment les cerisiers et les pommiers), la floraison du cognassier est très décorative en raison de la dimension de ses fleurs et de leur coloris assez soutenu. On peut tout à fait le considérer comme un arbre d’ornement dans un petit jardin, notamment en ville. Les premières fleurs apparaissent sur des sujets âgés de 4 à 5 ans. Avec ses fleurs qui s’ouvrent en mai, le cognassier est le plus tardif de tous les arbres fruitiers de nos régions.
Offrez une silhouette des champs à votre jardin de ville ! Le cognassier s'y prête à merveille. Si vous disposez vraiment de peu de place, vous pouvez aussi le cultiver en palmette, il habillera fort joliment votre mur. De toute évidence, il aura sa place dans votre haie naturelle, laissez-le alors pousser en buisson libre. Dans un massif, avec un grand céanothe bleu (Ceanothus thyrsiflorus) et un oranger du Mexique doré (Choisya ternata ‘Sundance’), il vous offrira une composition lumineuse et contrastée, une vraie merveille en mai au moment de la floraison. Mais avec sa belle silhouette et son effet décor permanent, son plus beau rôle est peut-être tout simplement d'être placé en isolé sur votre pelouse, pas vraiment au milieu, mais juste un peu décalé, ou aussi près d'une pièce d'eau, si vous en avez une, là il bénéficiera en permanence d’une bonne humidité.
De préférence durant la période d’arrêt
végétatif (de fin octobre à mi-mars). Les sujets
proposés à racines nues reprennent sans problème
après un habillage (taille) des radicelles et un bon pralinage.
Le sol doit être très soigneusement préparé
avant la plantation et surtout débarrassé de toutes
les mauvaises herbes. Un apport de poudre d’os comme engrais
de fond est tout à fait conseillé.
Les racines ayant tendance à s’étaler, creusez
un trou assez large. Le point de greffe doit se situer nettement
au-dessus de la surface du sol.
Il est fortement déconseillé d’effectuer une
taille des rameaux lors de la plantation.
Entre 3 et 4 m pour les cognassiers à usage décoratif. Dans une haie, plantez tous les 2 à 2,50 m. Entre 4 et 7 m pour les arbres destinés à la production fruitière.

L'écorce des cognassiers
est très décorative
Profond, fertile, neutre ou légèrement acide, généreusement
enrichi de matière organique pour conserver une bonne fraîcheur
en été. Le cognassier préfère les sols silico-argileux, mais il s'adapte bien dans tous les terrains
qui ne se dessèchent pas.
Contrairement à ce qui est souvent écrit, le cognassier
supporte les terres légèrement
calcaires (8 %), mais sa fructification y semble plus irrégulière.
Attention, dans les sols très acides, les fruits sont moins
parfumés.
Plein soleil, à l’abri des vents forts.
Le climat méditerranéen est idéal. Celui de la Provence convient mieux que celui de la Côte d’Azur, car les vents chargés de sel ne sont pas toujours très bien appréciés.
Supprimez le bois mort. Équilibrez les charpentières
chez les jeunes sujets.
Les trois ou quatre premiers hivers, taillez pour établir
une charpente de rameaux fructifères. Par la suite, intervenez
seulement pour éliminer les pousses mal placées ou
en surnombre.
En hiver, sur les cognassiers palissés, réduisez des
deux tiers de leur longueur les pousses de l’année
précédente. Coupez de préférence au-dessus
d’un bouton à fruit (bien arrondi) qui se forme principalement
à la base des jeunes rameaux. Éliminez les pousses
en surnombre ou mal placées.
Veillez aussi à bien dégager le centre de la ramure
et à éliminer les rejets au pied.
Apportez une fumure organique acide au moment de la plantation et un engrais pour arbres fruitiers chaque année au printemps. Paillez avec du compost ou du fumier bien décomposé en automne. Arrosez par temps sec. Maintenez bien le sol propre autour des cognassiers (dans un rayon de 50 cm autour du tronc) afin d’éviter la concurrence en eau avec la flore spontanée.
Cueillez les coings le plus tard possible en automne car ils ne
grossissent plus une fois séparés de l’arbre.
Procédez avant la première gelée. Dans la plupart
de régions, on attend que les fruits tombent d’eux-mêmes,
mais cela les fragilise et réduit leur temps de conservation.
La maturité des fruits a besoin d'un long été
chaud et même bien mûr, le coing reste dur.
Les coings se conservent potentiellement durant deux ou trois mois
dans un endroit sombre et frais. Mais il faut bien contrôler
l’humidité (risques importants de pourriture) et bien
les isoler de tous les autres fruits auxquels ils risquent de transmettre
leur puissant arôme.

Monilia sur le coing
Toutes les affections des pommiers et des poiriers sont potentiellement à même de se trouver sur le cognassier. La tavelure (Venturia inaequalis et Venturia pirina), provoque des taches noires sur les feuilles et les fruits, avec des crevasses profondes. L’entomosporiose du cognassier (Entomosporium maculatum) produit des taches brunes sur les feuilles avec des croûtes caractéristiques, ce qui provoque une chute prématurée du feuillage. Le monilia des jeunes coings (Monilia linhartiana) produit des taches de pourriture marron portant des pustules blanches concentriques. La sclérotiniose du cognassier (Sclerotinia cydoniae) fait brunir les feuilles qui portent des filaments grisâtres et détruit les fleurs ou momifie les fruits.
Des traitements fongicides préventifs à la bouillie
bordelaise sont conseillés au moment du débourrement
(éclatement des bourgeons) et de la chute des feuilles en
automne. Il est bon d’accentuer la protection avec la pulvérisation
d’un fongicide de synthèse au moment de l’ouverture
des bouquets floraux, puis à la chute des pétales
et lors de la formation des jeunes fruits.
Le dégâts des ravageurs comme les pucerons et les chenilles
sont limités et nécessitent rarement un traitement.
Le marcottage par buttage sert à obtenir des sujets qui
seront greffés en écusson en pied à œil
dormant.
Les variétés à gros fruits sont écussonnées
à œil dormant du 15 juillet au 15 août, sur des
cognassiers francs de deux ans (obtenus par semis de pépins
en automne, la levée s’effectuant au printemps) ou
de l’aubépine (Crataegus laevigata). Il semble que
l’emploi de l’aubépine comme porte-greffe confère
un surcroît de fertilité au cognassier. Cela lui permet
aussi de mieux s’adapter aux sols franchement calcaires. Les
greffes en fente à la fin février donnent aussi de
bons résultats, principalement sur aubépine. Poirier
et sorbier des oiseleurs peuvent aussi servir de porte-greffe au
cognassier, mais ils sont très rarement employés.
Pour les sujets destinés à l’ornement, vous
pouvez effectuer des boutures herbacées en juin, semi-ligneuses
de juillet à septembre ou ligneuses (à bois sec) d’octobre
à décembre.
Vos avis, votre expérience
Elisabeth (Luc sur mer) : Tailler un cognassier atteint d'entomosporiose, ceci associé à un traitement à base de bouillie bordelaise, peut-il contribuer à sa guérison ? Cet arbre a environ 60 ans. Merci pour vos conseils.