Chêne : plantation et culture

Le 15 juin 2017 par Clémentine Desfemmes

Le chêne : voilà bien un arbre majestueux, chargé d'histoire et de symboles ! Sa présence ne passe pas inaperçu au jardin, mais pour qu'il donne le meilleur de lui-même et vive longtemps, il faut que le sol et le climat lui conviennent. Plantation, culture, voici nos conseils pour inviter le chêne au jardin !

Le chêne, un grand arbre... mais pas toujours !

Chêne (Quercus robur) : feuilles et glands
Chêne (Quercus robur) : feuilles et glandsAgrandir l'image

Le chêne est un arbre très courant en France, puisqu'il représente 28% de la forêt française (source ONF). Il est ainsi l'arbre le plus fréquent dans notre pays ! Il est pourtant relativement rare dans les jardins, et pour cause : selon les espèces, il peut atteindre des dimensions très imposantes (jusqu'à 40 mètres de hauteur, et souvent 10 à 15 mètres d'envergure), et a besoin d'un espace dégagé pour bien se développer. Avec de telles mensurations, autant il est l'arbre parfait pour les grands espaces arborés, les parcs ou les alignements, autant il faut y réfléchir à deux fois avant de planter un chêne dans un jardin !

Le genre Quercus (famille des Fagacées), qui compte environ 300 espèces, est très diversifié et largement représenté, notamment dans l'hémisphère nord. En France, on rencontre un nombre relativement important d'espèces de chênes qui, si elles présentent évidemment des points communs, peuvent avoir des morphologies et des exigences bien différentes. Du chêne kermès, petit arbuste buissonnant méditerranéen, au chêne pédonculé qui affectionne les sols frais et peut atteindre 30 mètres de hauteur, campé sur un tronc d'une circonférence impressionnante... le chêne a décidément bien des visages !

>> Lire notre fiche : Chêne : quelle espèce choisir ?

Feuillage léger, silhouette tortueuse

Chêne
ChêneAgrandir l'image

Le feuillage du chêne n'est pas très dense et dispense une ombre légère, en laissant apparaître la ramure de l'arbre, souvent tortueuse et irrégulière, qui forme un houppier large et étalé, ou plus élancé selon les espèces. Le tronc offre une écorce assez caractéristique, marquée de profonds sillons longitudinaux.
Quant aux feuilles, elles sont elles aussi bien reconnaissables : lobées, parfois même profondément dentées, voire piquantes, elles peuvent être caduques (dans certains cas, marcescentes : une fois sèches, elles restent en place tout l'hiver et ne tombent qu'au printemps suivant) ou persistantes (chêne vert, chêne liège, chêne kermès).
La floraison est assez discrète, entre mai et juin ; les glands -botaniquement, des akènes- mûrissent durant l'été et tombent vers le mois de septembre. Il faut cependant être patient pour voir la première fructification, qui peut prendre 50 ans à 100 ans... Tout est relatif cependant : un chêne peut vivre 5 siècles, voire bien davantage !

Un bois dont on fait les bateaux
Le chêne fournit un bois très dur, dense, lourd et résistant, capable de traverser les siècles et d'affronter le contact prolongé de l'eau. On en fait donc des charpentes, des traverses de chemin de fer, mais aussi de très beaux meubles, des tonneaux, et, autrefois, des bateaux. La forêt de Tronçais, plantée de chênes, a d'ailleurs été créée pour les besoins de la construction navale, sous Colbert (ordonnance de 1669). Le chêne fait également un excellent bois de chauffage, qui se consume lentement.

Plantation et culture du chêne

Sol et exposition

Chêne rouge (Quercus rubra) - Automne
Chêne rouge (Quercus rubra) - AutomneAgrandir l'image

La plupart des chênes apprécient un sol profond, frais mais drainé, ainsi que les espaces dégagés : ils ont besoin de lumière et n'aiment guère la concurrence des autres arbres. On les installe généralement en isolé, par exemple sur une vaste pelouse. Cependant, certaines espèces à développement moins important peuvent être cultivées en haie ou en massif (chêne vert). A noter que le chêne est également cultivé sous forme de bonsaï.

Le chêne se plante de préférence en automne, afin que ses racines aient le temps de s'installer en profondeur pour affronter la sécheresse de l'été suivant. Car, mis à part les espèces méditerranéennes, le chêne a besoin d'une certaine humidité du sol : les premières années qui suivent la plantation, il faudra songer à l'arroser par temps sec. Attention cependant aux sols compacts ou gorgés d'eau : le chêne ne les supporte pas (à l'exception du chêne des marais qui, comme son nom l'indique, tolère bien les sols hydromorphes).
Si le sol de votre jardin a tendance à être très humide en hiver, plantez votre arbre au mois de mars, mais veillez alors à arroser très régulièrement tout au long du printemps et de l'été qui va suivre.

En ce qui concerne la résistance au froid, celle du chêne est généralement très bonne (au moins -25°C), avec un bémol pour les espèces du sud de la France (chêne vert, chêne liège, chêne tauzin), qui ne sont rustiques "que" jusqu'à -12 à -17°C.

Attention, ne plantez pas un chêne près d'une construction (habitation, mur, canalisations...), car son puissant système racinaire pivotant peut causer des dommages importants.

>> Lire : Comment bien planter un arbre

Multiplication

Germination d'un gland (chêne)
Germination d'un gland (chêne)Agrandir l'image

Le chêne se multiplie aisément par semis : les glands seront plantés dans des pots à l'automne, à peine recouverts de terreau. Placés tout l'hiver à l'extérieur, ils germeront vers le début du printemps. Cette technique de multiplication est certes économique, mais elle a ses inconvénients : les très jeunes chênes sont fragiles (ils craignent le soleil durant leurs premières années, tout en redoutant les excès d'eau), et un jeune plant acquis en pépinière, muni d'un système racinaire déjà développé, sera mieux armé pour s'installer correctement... et vous gagnerez quelques années par rapport au semis!
Côté muliplication végétative, la greffe est possible, ainsi que la bouture, mais celle-ci "racine" difficilement.

Maladies et parasites du chêne

Oidium sur feuilles de chêne
Oidium sur feuilles de chêneAgrandir l'image

Certaines espèces de chênes sont sensibles à l'oïdium (chêne pédonculé, chêne sessile).
En sol trop humide, un champignon peut également s'installer dans le système racinaire et entraîner la mort de l'arbre : c'est l'armillaire couleur de miel (ou pourridié).
Au printemps, les pucerons colonisent volontiers les jeunes pousses : l'invasion est sans danger pour les arbres déjà âgés, mais les piqûres de ces insectes peuvent provoquer une déformation peu esthétique des feuilles.

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Questions / réponses

Questions déjà posées par les jardiniers sur les arbres.

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Réactions

Kelleur
24/02/2014, à

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Bonjour,ne fait on pas plein de chose avec les glands ..? http://association.fruits.oublies.pagesperso-orange.fr/contrib/cheneglandsdoux/chene.html