pictogerbeaud.com

Récupérer l'eau de pluie

La récupération de l'eau de pluie est l'une des bases du jardinage éco-responsable. Pour l'arrosage (voire d'autres usages), avec une eau de qualité et gratuite. Découvrez l'équipement nécessaire, les différentes options de stockage... Bien utile en ces temps de sècheresse.

Gratuité

Récupérateur d'eau de pluieCa semble évident, mais le premier avantage de l'eau de pluie, c'est sa gratuité. En France, l'eau du réseau coûte en moyenne 3€ le m³ (2011); un montant correspondant au coût de prélèvement, de traitement, de distribution... Et à la marge des distributeurs.

Les économies potentielles sont donc importantes, si on compte en moyenne 10m3 pour arroser 100m² de jardin « mixte » (potager, massifs...), ou encore 25 m³ pour les WC d'un foyer de 4 personnes...

Et d'un point de vue environnemental, quel gâchis d'utiliser cette eau potable pour arroser la pelouse... ou alimenter les toilettes !

Qualité de l'eau

Autre point clef, la qualité de cette eau : elle n'est ni chlorée, ni calcaire, ni trop froide (un point important pour l'arrosage des plantes).

Bitume

Attention ! Le toit de votre abri de jardin couvert de toile goudronnée ou de tuiles bituminées chargera l'eau récupérée en hydrocarbures : il ne faut donc pas l'utiliser...

Potentiel de récupération

Récupérateur d'eau aspect murQuelle quantité d'eau pouvez-vous espérer récupérer ? C'est bien sûr variable selon les régions, selon les années... On compte en moyenne environ 600 litres par m² de toiture.

Pour obtenir une estimation plus précise, il faut connaître les précipitations moyennes dans votre région (voir pour cela le site de MétéoFrance), la surface de votre toiture ainsi que le « coefficient de perte » (qui varie de 0,6 pour une toiture plate à 0,9 pour une toiture en tuile en passant par 0,8 pour un toit ondulé).
La formule est alors :

Volume récupérable (l/an) = précipitations (l/m²/an) x surface toiture (m²) x coefficient

Différentes solutions

Point commun aux différentes installations, l'eau de pluie qui ruisselle sur votre toit sera récupérée par les gouttières placées en bordure des toitures, et canalisée par des descentes jusqu'au dispositif de stockage. PVC, zinc ou aluminium, c'est selon (critères de durabilité, d'esthétique, voire contraintes liées à l'environnement).

Faute de disposer d'un puits (qui recueille lui aussi, de façon indirecte, ce qui tombe du ciel), il vous faudra disposer d'un contenant pour stocker l'eau. C'est lui qui concentre l'essentiel des coûts.

Installer un récupérateur d'eau

Récupérateur d'eau et arrosoirAujourd'hui largement répandus, en jardinerie, dans les Grandes Surfaces de Bricolage ou par correspondance, il en existe de toutes les sortes, de toutes les formes et à tous les prix.
Rentrent en jeu des critères d'esthétique (il faut reconnaître que ça n'est pas le point fort des gros cylindres verts !), mais bien évidemment aussi de coût et de capacité. Comptez de 200 à 800 litres, sachant que certains peuvent en outre être reliés les uns aux autres, ce qui accroît la capacité globale.

Il faudra forcément placer ce récupérateur près d'une descente de toit, laquelle sera équipée d'un collecteur (zinc à abaisser ou bien tuyau avec raccord plastique).

Pensez à surélever l'installation, pour permettre le passage facile d'un arrosoir sous le robinet situé en partie basse.

.

Crapaudine de gouttièreLa couverture du bac est également recommandée, pour limiter la formation d'algue, la multiplication des moustiques...

Enfin, pour le coup d'oeil, rien n'interdit de dissimuler ce récupérateur derrière un treillis sur lequel vous ferez courir une grimpante...

Grille de protection (crapaudine)

Objectif de la crapaudine : éviter que le bac ne se remplisse avec les feuilles, branchages et autres résidus tombés du toit. Un équipement indispensable.

Cuves de surface

Plusieurs fabricants proposent également des cuves en polyéthylène d'un volume plus conséquent, 1000 à 2000 litres. Intéressant, mais plus difficile à camoufler. Un collecteur filtrant à 2 positions (été / hiver) servira également à gérer le « trop-plein ».

L'installation dans un hangar ou une cave peut être envisagée : intéressante pour mettre la réserve d'eau hors gel.

Avec ce type de réservoir, on peut déjà envisager l'utilisation d'une petite pompe électrique, pour faciliter l'arrosage, ou alors raccorder l'installation à un goutte-à-goutte ou un tuyau microporeux.

Aller plus loin

Cuve enterréeSi vos besoins sont très importants (grand jardin...), il faut alors passer aux cuves enterrées.
Leur contenance peut être largement supérieure, mais leur coût est élevé, en raison principalement des frais liés à l'excavation. D'où l'intérêt d'équiper une maison lors de sa construction...
Différents matériaux sont possibles (acier, béton ou polyéthylène). Le béton neutralise l'acidité de l'eau, et s'avère plus compétitif pour les forts litrages. Il permet en outre le passage d'un véhicule en surface; important si vous comptez installer la cuve sous une allée.
L'équipement sera plus lourd (pompe, filtres...).

… et la maison ?

Avec une cuve de grande capacité, vous pouvez franchir un cap et alimenter par exemple les WC et le lave-linge. L'intérêt économique et environnemental s'avère d'autant plus net. L'installation doit être étudiée avec soin (ballon pour garder l'eau sous pression, filtres variés, pompe adaptée). Et, bien sûr, un réseau totalement indépendant de l'eau sanitaire devra être mis en place.

>> Lire aussi : Economiser l'eau au quotidien : les bons gestes à adopter

http://www.gerbeaud.com
La passion du jardinage