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Syrphe

Habitué des jardins fleuris, et souvent pris pour une petite guêpe, le syrphe n'est qu'une petite « mouche », mais qui peut faire beaucoup pour le jardinier. Pollinisateur et grand prédateur des pucerons, il a tout d'un grand auxiliaire !

Les syrphes : de petites « mouches » inoffensives

Les syrphes forment une famille de diptères (insectes munis d'une paire d'ailes, comme les mouches) bien connus car très répandus l'été dans nos jardin, en vol stationnaire au-dessus des fleurs à pollen, mais dont on ne se rappelle jamais le nom, ou pire, que l'on prend, à tort, pour de petites guêpes du fait de leur abdomen souvent strié ou taché de jaune et de noir. Une parade pour tenir à distance quelques prédateurs ? Probablement ! Il faut dire que ces petites « mouches » inoffensives n'ont que leur capacité à changer de direction très rapidement pour échapper à l'appétit des moineaux.

Syrphe butinant une fleur de véronique
Syrphe butinant une fleur de véroniqueAgrandir l'image

Les syrphes au jardin

Les syrphes font partie de ces insectes auxiliaires que l'on a tout intérêt à faire entrer dans le jardin. D'une part, parce que les adultes qui se délectent du nectar et du pollen des fleurs sont de bons pollinisateurs, et que tout pollinisateur est bon à accueillir.

D'autre part, parce que leurs larves, sortes de petits vers translucides, sont de très grands prédateurs de pucerons, au même titre que les coccinelles (entre 400 et 500 pucerons par larve, sur une période de 12 à 15 jours) : elles jouent un rôle important dans le cadre de la lutte biologique.

Larve de syrphe
Larve de syrpheAgrandir l'image

Le cycle de vie des syrphes

Les syrphes adultes font leur apparition à la fin de l'hiver dès les premiers beaux jours, mais s'activent fortement en mai où ils commencent par repérer les colonies de pucerons puis pondent au milieu, ou à proximité, leurs œufs (entre 500 et 1000 par femelle). Au bout d'une semaine, les larves (environ 12 mm de long et de couleur variable selon l'espèce) apparaissent et durant une douzaine de jours vont se nourrir des pucerons. Vient ensuite la nymphose, moment où la larve se transforme en pupe puis au bout de 15 jours, en sort un adulte.

Syrphe pyrastre sur une fleur de pissenlit
Syrphe pyrastre sur une fleur de pissenlitAgrandir l'image

Selon les espèces, le nombre de générations peut varier entre 1 et 5 par an. On peut donc compter sur l’appétit des larves jusqu'à l'automne. Puis, dès novembre, les dernières générations de syrphes hivernent à l'état de larve ou de pupe (rarement adulte) sous un paillis, dans les interstices des vieux murs, sous les écorces ou les feuillages persistants...

Que faire pour accueillir les syrphes au jardin ?

Assurer le couvert

Les syrphes adultes se nourrissent du nectar et du pollen des fleurs, comme la bourrache, la lavande, la phacélie, la moutarde blanche, le trèfle, ou la ronce, avec une préférence pour les fleurs plates des Asteracées ou des Apiacées : cosmos, souci, marguerite, tournesol, fenouil, persil...
Pensez également que les syrphes peuvent apparaître dès février. Des fleurs dès la fin de l'hiver sont donc appréciables : noisetier, prunellier, saule marsault, ficaire...

Puceron vert du rosier et larve de syrphe
Puceron vert du rosier et larve de syrpheAgrandir l'image

Prévoyez également le garde-manger des futures larves : la réserve de pucerons ! Un petit coin de jardin dédié aux plantes sauvages attractives (pissenlits, carotte sauvage, chardons, orties, molènes, rumex, séneçons,...) ou à quelques « plantes à pucerons » cultivées, comme les capucines, assure non seulement la pitance des adultes mais également celle des larves... dans le cas où le jardin n’offrirait pas suffisamment de pucerons ! De la biodiversité, naît l'équilibre !

Des abris pour les syrphes l'hiver

Haies libres, vieux murs, tas de bois, paillis... les syrphes trouvent facilement des sites d'hibernation et de reproduction dans les jardins bio qui « entretiennent » de nombreux abris naturels.

Syrphe porte-plume
Syrphe porte-plumeAgrandir l'image

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