pictogerbeaud.com

Créer un bonsaï : comment s'y prendre ?

Un beau bonsaï coûte cher : si ces arbres vous séduisent, pourquoi ne pas les créer vous-même ? Intéressante et tellement plus gratifiante qu’un simple achat, la formation d’un bonsaï à partir d’un jeune arbre est relativement facile. Faites-vous la main sur plusieurs sujets, et n’ayez pas peur des ratés : il faut bien se lancer !

Choisir une espèce adaptée à l’art du bonsaï

Conseils de base pour créer un bonsaï

Toutes les espèces d’arbres ou d’arbustes ne se prêtent pas à la miniaturisation. Certaines supportent mal les tailles répétées, d’autres ont un système racinaire trop important pour survivre dans le peu de terre qu’autorise la culture du bonsaï.

Le feuillage a également son importance : les espèces à petites feuilles (ou aiguilles) comme le buis, l’if ou le charme sont plus adaptées à la formation d’un bonsaï harmonieux que celles à larges feuilles, telles que le platane, le marronnier ou le catalpa.

Jeune bonsaï en cours de formation
Jeune bonsaï en cours de formationAgrandir l'image

La longueur des internoeuds est aussi à prendre en compte : plus les nœuds (=zones où s'attachent les feuilles sur la tige) sont rapprochés sur le rameau, meilleur sera le résultat (le hêtre, par exemple, produit davantage de feuilles et de ramifications dans un faible volume qu’un chêne, aux longues pousses porteuses de feuilles très espacées).

Ceci étant dit, on peut créer des bonsaïs avec des espèces très variées : feuillus, conifères, arbres et arbustes à fleurs… Les arbres ne sont d’ailleurs pas les seuls à donner de beaux bonsaïs : les arbustes ne sont pas en reste, pourvu qu’ils aient naturellement un tronc bien dessiné.

Exemples d’espèces pouvant être taillées en bonsaï

Former un bonsaï à partir d'un jeune arbre

Un bonsaï est avant tout un arbre. Comme ses grands frères, il est obtenu à partir d’un semis, d’une bouture ou d’un marcottage, et pour gagner quelques années, on peut aussi se procurer un jeune plant dans la nature. Si vous débutez, optez pour l’une de ces solutions qui ne coûtent rien ; vous pourrez vous lancer dans l’achat de jeunes plants chez un pépiniériste lorsque vous vous serez « fait la main ». Rien ne vous empêche cependant de commencer par acheter un jeune arbre, soit parce que vous n’avez pas accès à ce réservoir de plantes qu’est la nature, soit parce que vous vous sentez suffisamment à l’aise... ou que vous êtes pressé !

Futurs bonsaïs - Jeunes plants
Futurs bonsaïs - Jeunes plantsAgrandir l'image

Rapide : prélèvement d’un jeune plant dans la nature

Par rapport au bouturage et au semis, qui demandent un peu de patience avant d’obtenir un résultat, partir d’un jeune plant permet de gagner quelques années.

Pour se procurer un jeune arbre, on peut se rendre dans une jardinerie ou chez un pépiniériste ; on peut aussi prélever un sujet dans la nature ou dans un jardin. Pour un prélèvement sauvage, il faut en principe, en France, obtenir l’autorisation de l’Etat ou de son représentant (DRAAF, DIREN, ONF si c'est en forêt...) ; sur un terrain privé, il faut l’accord du propriétaire.

Si vous avez accès à un jardin à la campagne (en ville, les semis spontanés d’arbres et arbustes sont moins fréquents), inspectez-en tous les recoins, notamment au pied des arbres et le long des haies, épargnés par la tondeuse : il y a de bonnes chances d’y trouver un jeune plant, qu’il ne vous restera plus qu’à prélever délicatement, de préférence entre l’automne et le tout début du printemps, hors période de gel (vous pouvez le faire tout au long de l’année, mais avec de moins bonnes chances de reprise). Les feuillus supportent généralement mieux la transplantation que les conifères, dont le prélèvement s’avère plus délicat.

Jeune pin
Jeune pinAgrandir l'image

Facile : bouturage et marcottage

Il est également tout à fait envisageable d’obtenir un bonsaï à partir d’une bouture. Avantage de la technique, elle vous donne accès à des essences non spontanées dans la nature ou les jardins, et elle est plus rapide que le semis. Parmi les espèces les plus faciles à multiplier et à entretenir, citons le buis, les érables ou encore le charme. Essayez aussi les genévriers, les cognassiers, les jasmins, les cotonéasters, les ifs, les cyprès… Procédez au printemps ou en été pour les feuillus, et en début d’automne pour les conifères.

Le marcottage se pratique au printemps, et il est assez facile à réussir chez les espèces qui s’y prêtent, notamment les feuillus (la glycine est par exemple une candidate idéale au marcottage, mais de nombreux arbres et arbustes aux branches basses, fines et souples donnent également de bons résultats). Chez les conifères, il faut compter un à deux ans pour avoir suffisamment de racines (entre 1 et 6 mois pour un feuillus). Inconvénient de la technique, il faut avoir l’arbre « père » sous la main : difficile de faire un marcottage dans un parc !

Dans le cas d’un bouturage ou d’un marcottage, il faudra attendre que les jeunes plants se soient bien enracinés et qu’ils aient bien redémarré avant de commencer à les tailler : comptez entre 1 et 2 ans de culture avant toute intervention (taille de racine, taille des parties aériennes, rempotage...).

Buis - Bouture
Buis - BoutureAgrandir l'image

Pour les plus patients : le semis

Si le semis est incontournable pour certains arbres (pommiers, orme du Japon, pin noir du Japon), on peut aussi le pratiquer pour de nombreuses autres essences, du moment que l’on est un peu patient : il faut au minimum 5 ans pour obtenir un jeune bonsaï à partir d'un semis. Avantage : cette méthode est économique !

Bonsaï - Création
Bonsaï - CréationAgrandir l'image

Formation du bonsaï : premiers pas

Quel pot pour mon bonsaï ?

On commencera la culture du jeune plant dans un pot assez profond (une vingtaine de centimètres au minimum), pour lui permettre de bien amorcer son développement. Lorsque le petit arbre commence à prendre forme, on peut le rempoter dans des pots de plus en plus plats : les bonsaï sont cultivés dans des poteries très larges, peu profondes, et présentant un large orifice de drainage. On en trouve dans la plupart des jardineries.

>> Lire : Choisir le bon pot

Jeunes noisetiers : futurs bonsaïs
Jeunes noisetiers : futurs bonsaïsAgrandir l'image

Quel substrat ?

Le substrat devra être drainé, aéré et léger. On préférera des apports très réguliers d'engrais organiques à un substrat très nourrissant, afin d'adapter les apports au cycle végétatif de l'arbre. Soignez cependant sa qualité, car les bonsaïs n'ont que très peu de terre à leur disposition. On trouve parfois en jardinerie des substrats spécifiques adaptés aux bonsaïs, importés du Japon (akadama, kanuma...). Ces terres naturelles sont onéreuses : réservez peut-être l'investissement pour plus tard, lorsque votre arbre sera installé dans un vrai pot à bonsaï. En attendant, préparez votre propre mélange, par exemple :

Jeunes bonsaïs
Jeunes bonsaïsAgrandir l'image

Et enfin... la taille du bonsaï !

Impossible de ne pas aborder ici la question de la taille, nous direz-vous... Et pourtant, celle-ci est tellement cruciale qu'elle mériterait une fiche bien à elle, d'autant que les bonsaïs peuvent prendre des formes très variées. Certains auteurs en font des ouvrages complets, c'est dire la complexité de la question. Pour vous permettre de vous lancer, voici déjà quelques conseils basiques, que vous affinerez de vous-même au fur et à mesure :

Jeune bonsaï - Juniperus
Jeune bonsaï - JuniperusAgrandir l'image

>> A lire aussi :

http://www.gerbeaud.com
La passion du jardinage