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Pommes de terre : butter ou pailler ?

Réussir la culture des pommes de terre sans enterrer les plants, sans les butter, et en les recouvrant simplement d’une bonne couche de paille, voilà qui est étonnant ! Une nouvelle façon de cultiver les patates, qu’ont accepté de tester 70 lecteurs de la revue 'Les 4 Saisons du jardin bio' ainsi que les jardiniers du centre Terre vivante.

Protocole de l’expérimentation 

pommes de terre sous paillageIl s'agit de cultiver une même variété sur deux parcelles distinctes. Les deux parcelles ont  bénéficié de la même fertilisation à base de compost (2 à 3 kg par m²). Sur la parcelle témoin, la préparation du sol et la plantation se font de manière habituelle. Lorsque les plants atteignent 10-15 cm de haut, on butte.

Sur l’autre parcelle, préalablement ameublie, les pommes de terre sont posées à même le sol avec les mêmes distances d’écartement que dans la parcelle témoin. Puis elles sont recouvertes par un paillis de 5 à 8 cm d’épaisseur (paille, feuilles mortes, restes de foin, broyat…). Lorsque les plants sont sortis, on ajoute à nouveau 5 cm de paillis. 

Après la récolte, on compare le nombre de tubercules récoltés par plant, le poids des récoltes et le nombre de pommes de terre ayant verdi. Une grande diversité de pommes de terre ont été testées, notamment la ‘Ratte', la ‘Nicola’, l‘Amandine’ ou la ‘Charlotte’.

Résultats 

Pommes de terre sous paillageLes pommes de terre sous paillis ont généralement démarré plus tard, un retard allant jusqu'à deux semaines. Probablement car le sol couvert se réchauffe plus difficilement. Grâce au paillis, les mauvaises herbes ont posé moins de problèmes, ce qui soulage du travail d'entretien. 

Certains ont été confrontés à un problème accru de limaces, voire de campagnols : dans ce cas, l'observation régulière et le piégeage sont indispensables (lire : Contre les limaces : ce qui marche vraiment). Malgré une baisse de rendement - parfois significative - observée dans plus de la moitié des cas, il y a eu également de belles réussites. 

A rendement équivalent, la pratique du paillage est plébiscitée, notamment en raison de sa simplicité : « Avec le paillage, les pommes de terre affleurent ; une fois la paille enlevée, il n'y a plus qu'à les tirer à la main » raconte un lecteur du magazine ayant participé au test. Et il n’y a plus de pommes de terre blessées par la fourche-bêche lors de la récolte.

Le nombre de pommes de terre ayant verdi  est sensiblement équivalent, et plus important dans 20 % des cas, mais le soin apporté au paillage permet de limiter ce verdissement. Pailler permet également une économie d'arrosage. 

Pistes d’amélioration

Récolte des pommes de terreSur une terre bien ameublie, on peut enfoncer les tubercules de quelques centimètres dans la terre plutôt que de les poser simplement. On obtiendra alors un meilleur développement. 

Pour le paillage, il faut éviter d’en mettre une couche trop épaisse dès le départ, car les plants risquent d’avoir du mal à démarrer leur croissance. Mieux vaut pailler une seconde fois un peu plus tard. 

L’idéal est de valoriser les ressources du jardin : feuilles mortes, tontes, broyats…  Mieux que la paille, ces matériaux ont un fort pouvoir couvrant et nourrissent le sol en se décomposant au fil de la saison. On peut aussi ajouter des feuilles de consoude, riches en potasse.

>> Lire aussi : Parasites et maladies de la pomme de terre

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