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Cueillettes estivales

L'été est là, avec ses promesses de balades... et de cueillettes. Que peut-on cueillir dans la nature ? Pour quel usage ? Quels risques et quelles contraintes prendre en compte ? Voici quelques clés pour profiter sans arrière-pensée des plaisirs de la cueillette sauvage.

Le plaisir de la cueillette

Cueillette de myrtillesRenouer avec des traditions ancestrales, redécouvrir des saveurs oubliées et introduire un peu de fantaisie dans l'assiette, remplir allègrement son panier de trésors glanés au fil des promenades... Ces petits plaisirs liés à la cueillette nous font envisager la nature sous un autre angle : celui de la générosité. Le temps d'une balade, la nature sauvage n'est plus seulement celle que l'on admire, que l'on dompte ou que l'on protège, elle redevient aussi celle qui donne. Et dans un monde où la gratuité est en voie de disparition, ces plaisirs tout simples, accessibles au plus grand nombre, sont précieux... et appréciés.

Cueillettes gourmandes, cueillettes utiles

En cuisine

Les produits naturels font, tout autant que les produits du terroir, l'objet d'un regain d'intérêt depuis quelques années : la redécouverte des plantes sauvages comestibles est ainsi dans l'air du temps. De grands noms de la gastronomie française, comme Marc Veyrat et Michel Bras, puisent d'ailleurs leur inspiration dans cette profusion tombée dans l'oubli. Chénopode Bon-Henri, pissenlit, asperges sauvages, ail des ours, arbouse, sureau noir, cynorrhodon (fruit de l'églantier), pourpier, pimprenelle, cornouille ou criste marine, autant de noms qui nous sont vaguement familiers et qui ne demandent qu'à se laisser apprivoiser par nos papilles, sous forme de confitures, de liqueurs, de salades, comme légume ou en tant que condiment.

Santé et beauté

Millepertuis (Hypericum perforatum)Les inconditionnels de la phytothérapie et les adeptes des soins de beauté faits-maison profiteront de leurs promenades estivales pour cueillir l'achillée millefeuille, le plantain, la prêle des champs, le millepertuis, la camomille sauvage, l'hysope, la consoude, la reine des prés, le noyer, le coquelicot... Fraîches ou séchées, ces plantes réputées pour leurs vertus médicinales ou leurs bienfaits pour la peau fourniront les principes actifs de tisanes et de décoction, mais aussi de masques adoucissants, de lotions purifiantes ou d'huiles apaisantes 100% naturelles.

Traitements pour jardin bio

Enfin, les jardiniers désireux d'éviter autant que possible l'emploi de produits chimiques trouveront à ces cueillettes un autre intérêt : récolter de quoi préparer purins et décoctions de plantes, utilisés comme traitements biologiques (purin de prêle, d'ortie, de fougère, décoction de tanaisie, infusion de camomille...) ou comme fertilisant naturel (purin de consoude).

Connaître les risques

Espèces toxiques

Digitale pourpreLe risque le plus évident est celui de confondre une plante comestible avec une espèce toxique. Tout ce qui est naturel n'est pas inoffensif, loin de là : certaines plantes figurent parmi les poisons les plus violents, et on considère qu'environ 10% de la flore française est toxique. Les moins nocives provoquent de simples troubles digestifs, les plus dangereuses vous tueraient presque à coup sûr. La prudence est donc de mise : ne cueillez que les plantes que vous connaissez. En cas de doute, ne touchez pas à la plante, et d'une manière générale, munissez-vous d'un petit guide de botanique (il en existe de très accessibles, comme Cueillettes sauvages sans risque) qui vous aidera à identifier sur le terrain les "bonnes" plantes et à laisser de côté les "mauvaises". Par exemple, il est bon de savoir que les feuilles de la consoude se confondent aisément avec celles de la digitale, celles de l'ail des ours avec celles du muguet des bois, et les cynorrhodons avec les fruits de la morelle douce-amère...

Pollution chimique

Veillez aussi à ne cueillir que les plantes, les baies et les champignons qui poussent loin des routes et des champs cultivés, afin d'éviter toute pollution due aux gaz d'échappement ou aux pesticides agricoles. En ville, mieux vaut s'abstenir de récolter des plantes "sauvages", pour les mêmes raisons (dans les parcs public bien évidemment -c'est interdit !-, mais aussi dans les terrains vagues, le long d'un mur ou d'un grillage...).

Risque bactériologique et parasitaire

Enfin, même si l'environnement de la plante est parfaitement sain d'un point de vue chimique, le risque biologique demeure : les feuillages ou les baies qui poussent près du sol peuvent avoir été contaminés par des déjections animales, susceptibles de transmettre différentes maladies bactériennes et parasitoses. Dans tous les cas, un nettoyage soigné s'impose, surtout pour les produits consommés sans cuisson préalable.

Et la loi dans tout ça ?

Cueillette de l'ail des oursNe pas cueillir dans les parcs naturels ou les réserves, cela va de soi. Eviter les propriétés privées et ne s'autoriser à prélever des plantes que sur les terrains communaux, c'est une question de bon sens (et encore, la cueillette sans autorisation sur les terrains de la commune est interdite dans les textes, mais elle est tolérée par les us et coutumes). Cependant, il y a d'autres contraintes que l'on connaît moins : renseignez-vous sur les espèces protégées en France ou dont la cueillette est interdite ou réglementée dans votre département (arrêtés préfectoraux ou municipaux). Ces mesures  sont destinées à limiter les impacts de la cueillette sauvage sur l'environnement et la biodiversité. Dans cet esprit, quelles que soient les circonstances de la cueillette, évitez de détruire le pied dans son ensemble et ne prélevez, à l'aide d'un couteau ou de ciseaux, qu'une partie de la plante. Si cela est impossible, ne cueillez pas toutes les plantes (ou champignons) d'une même espèce en un lieu donné.

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