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Manger bio, ça change quoi au quotidien ?

Acheter bio, c'est bien plus qu'un phénomène de mode. La consommation bio s'accompagne souvent d'un changement dans les habitudes de consommation : consommer bio, c'est consommer différemment.

La bio, un mode de vie ?

Panier de pommes bioEn 2010, 43% des Français ont acheté des produits bio au moins une fois par mois, selon le dernier baromètre CSA pour l'Agence BIO. Ainsi, depuis quelques années, la bio se démocratise, et manger bio n'est plus réservé à une poignée de militants. Les raisons d'acheter bio sont multiples : préservation de sa santé, qualité et goût des produits, sécurité, protection de l'environnement, achat éthique... Qu'elles soient altruistes ou plus égoïstes, elles correspondent souvent à des motivations profondes. Ainsi, le consommateur bio ne se contente pas de remplacer un produit lambda par un produit AB. L'acte d'achat s'inscrit dans une démarche plus globale et, bien souvent (pour 37% des conso-acheteurs*), les comportements alimentaires se modifient.

Local et de saison

Consommer bio, c'est d'abord consommer local et de saison. Première raison à cela : quand on achète de manière responsable et respectueuse de l'environnement, on évite les produits importés du bout du monde (bilan carbone oblige), et, en toute logique, on ne mange pas des cerises à Noël ou des oranges en juillet. On privilégie les fruits et légumes cultivés localement et on fait une croix sur les tomates produites sous serre à contre-saison... Ce retour à la saisonnalité des menus est le changement le plus sensible dans les habitudes des consommateurs bio (93% d'entre eux*).

Plus de produits frais, plus de préparation

Marché bioManger bio, c'est aussi protéger sa santé. Le bio conso-acheteur délaisse les plats cuisinés et les produits industriels, trop riches en sel, en sucre, en graisses saturées et en additifs, et consacre une plus grande partie de son budget courses aux produits bruts et surtout, aux produits frais (89% des consommateurs bio*). Conséquence immédiate : il passe plus de temps en cuisine (59% des personnes interrogées*). On peut imaginer que ce retour au fait-maison permet certes de mieux maîtriser le contenu de l'assiette, mais aussi qu'il favorise les repas en famille, le partage et la convivialité, ce qui est une bonne chose dans notre société où repas déstructurés et alimentation déséquilibrée sont trop souvent de mise.

Augmentation des dépenses alimentaires...

On ne peut pas le nier : quand on consomme bio, on paie les produits plus cher. Un yaourt bio reste plus cher qu'un yaourt classique, et le prix du kilo de poulet bio ne peut pas être comparé à celui du poulet premier prix élevé en batterie. Les consommateurs bio ont donc souvent l'impression d'augmenter leurs dépenses alimentaires (ils sont 61% à le dire*).

... mais moins de gaspillage et une liste de courses repensée

Quand on met du bio dans son panier et dans son assiette, la relation à la nourriture se modifie : on a davantage de respect pour les aliments, et, du coup, on calcule mieux les quantités nécessaires et on jette moins (83% des conso-acheteurs estiment avoir réduit le gaspillage). Par ailleurs, on a tendance à mettre moins de viande au menu, au profit des protéines végétales (le choix en céréales et légumineuses est nettement plus vaste au rayon bio !) : c'est autant d'économies réalisées. De même, cuisiner soi-même à partir de produits bruts (et de saison) revient généralement moins cher que de se nourrir essentiellement de produits industriels prêts à l'emploi. Enfin, quand on est attentif à sa santé, on limite la consommation de produits superflus souvent dépourvus d'intérêt nutritionnel (bonbons, pâtisseries industrielles, snacks...). Au final, la liste de courses se trouve allégée, de même que la note lors du passage en caisse.

Découvertes gustatives

Ferme cueillette

Récolte de fraises à la ferme cueillette

Consommer bio, c'est aussi découvrir de nouveaux produits et élargir son horizon culinaire, notamment si l'on fait ses courses dans un magasin spécialisé ou un marché bio : vaste éventail d'huiles végétales vierges, céréales originales, légumes oubliés et variétés anciennes, mystérieux produits à base de soja, laits végétaux surprenants, graines oléagineuses inédites, algues étonnantes... Ainsi, 78% des conso-acheteurs* déclarent qu'avec le bio, ils achètent des "types de produits" différents.

Une nouvelle manière de faire ses courses

Autre changement dans la vie quotidienne, la diversification des lieux d'achat (pour 67% des conso-acheteurs bio) : au lieu de fréquenter essentiellement les grandes surfaces, les consommateurs bio se tournent de plus en plus vers les marchés de plein air (fruits et légumes), les magasins spécialisés (produits d'épicerie, boissons, compléments alimentaires), la vente directe à la ferme (viande, oeufs, fromages), les artisans (boulanger, boucher) ou, plus confidentiels, les AMAP, les fermes-cueillettes ou les paniers bio. En ce sens, le développement du marché des produits bio a un avantage : il remet en question le monopole de la grande distribution en étant plus favorable aux circuits courts et aux commerces de proximité.

Des produits bio, oui, mais du jardin !

Poule au potagerPour ceux qui ont la chance d'avoir un jardin, quoi de plus naturel (et de plus agréable) que de produire ses propres fruits et légumes bio ? Avoir un coin de potager ou quelques arbres fruitiers (ou un petit balcon pour les "jardiniers des villes"), c'est déjà un pas vers l'autosuffisance alimentaire. Choix des variétés, culture sans engrais chimiques ni pesticides, récolte à pleine maturité, économies réalisées sur le budget courses, partage d'une production abondante avec son entourage, sans oublier le plaisir de cueillir, cuisiner, conserver et déguster ses propres produits : autant d'atouts à l'autoproduction, auxquels nombre de consommateurs-jardiniers bio sont sensibles. Certains vont même plus loin, en élevant quelques poules pour profiter de leurs oeufs et limiter les populations de limaces, un ou deux moutons pour "tondre" et produire du fumier... Enfin, pour que la boucle soit bouclée, nombreux sont ceux qui passent par la case compost, qui est un incontournable du potager bio.

(*) chiffres Baromètre 2010 CSA pour l'Agence Bio

A lire aussi : Les produits bio en grande distribution, qu'en penser ?

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