pictogerbeaud.com

La faune du sol, pour un sol vivant et fertile

Le sol, voilà une notion qui parle au jardinier : une terre qu'on arrose, qu'on nourrit, où l'on plante, qui nous permet de récolter de bons légumes et de profiter d'un beau jardin... Mais le sol est bien plus qu'un simple support de culture. C'est un milieu vivant, abritant une incroyable biodiversité. Découvrez la foule de petites bêtes qui y vivent et lui permettent de rester fertile !

La pédofaune : une foule discrète et méconnue

Quand on pense "sol", en matière de jardinage, on pense surtout : terre, racines, éventuellement cailloux, argile, calcaire, pH, richesse, humus à la limite... Mais on pense rarement "pédofaune". Et pourtant, on estime que la faune qui vit dans le sol représente plus de 80% de la biodiversité animale. Ainsi, un seul mètre carré du sol d'une forêt de hêtre compte plus de 1000 espèces différentes d'invertébrés.

Les vers de terre sont sans doute les animaux du sol les plus familiers pour le jardinier (ils représentent d'ailleurs la première biomasse animale terrestre : une tonne de vers de terre par hectare de sol en moyenne, et jusqu'à 4 ou 5 tonnes / ha dans une prairie normande. Il existe cependant bien d'autres habitants du sol, moins connus...

Microfaune du sol : diploure
Microfaune du sol : diploure Agrandir l'image

Les principaux habitants du sol

Le sol est un milieu qui abrite des organismes présentant de grandes disparités (taille, morphologie, anatomie, mode de vie, régime alimentaire...). On classe habituellement les différents habitants du sol en fonction de leur taille : on parle ainsi, des plus petits aux plus grands, de microfaune, mésofaune, macrofaune et mégafaune.

Collemboles - Sol
Collemboles - SolAgrandir l'image

Mésofaune du sol : collemboles et acariens
Mésofaune du sol : collemboles et acariensAgrandir l'image

Le sol, un vaste terrain d'apprentissage

La science n'a commencé à s'intéresser à la faune du sol que vers la fin du 19e siècle. Même si, aujourd'hui, les scientifiques (zoologues, écologues, mais aussi agronomes) ont bien compris le rôle essentiel que la pédofaune joue dans le maintien de la fertilité des sols et l'équilibre des écosystèmes, le sol et ses habitants ont encore beaucoup de choses à nous apprendre !

Pourquoi une telle biodiversité dans le sol ?

Dans le sol, la vie a dû s'adapter à des conditions extrêment variées ; les organismes se sont donc diversifiés pour coloniser les différents types de milieux disponibles : profondeur, climat local, caractéristiques du sol (température, humidité, pH, granulométrie, composition chimique, richesse en matière organique...).

A noter : comme à chaque strate du sol correspondent des populations spécifiques (par exemple, certains organismes ne vivent qu'en surface, d'autres à une profondeur bien précise, le nombre d'individus et d'espèces diminuant avec la profondeur), on imagine qu'un travail du sol trop profond, pire, avec retournement de la terre, est tant décrié : retourner la terre dans le cadre d'un labour profond, c'est perturber ces équilibres fragiles, et c'est donc porter atteinte à la bonne santé du sol (lire : Retourner la terre... ou non ?).

Ver de terre dérangé par le travail du sol
Ver de terre dérangé par le travail du solAgrandir l'image

Sol vivant, sol fertile

Toutes ces petites bêtes ne sont pas là pour faire de la figuration. Elles ont toutes un rôle important à jouer pour le sol, et notamment sa fertilité.

Sol en bonne santé, fertile : aéré, sombre
Sol en bonne santé, fertile : aéré, sombreAgrandir l'image

Ainsi, la faune du sol a plusieurs actions :

Un sol vivant, c'est donc un sol fertile ; et pas de vie du sol sans couverture végétale, qui fournit, grâce à ses déchets, le gîte et surtout le couvert à bon nombre de petits habitants. C'est un cercle vertueux. C'est ce principe de sol vivant qu'appliquent, avec succès, la permaculture, et que l'agriculture biologique a bien compris.

Ver de terre dans un sol aéré, perméable
Ver de terre dans un sol aéré, perméableAgrandir l'image

Agriculture intensive : mort et épuisement des sols

A l'opposé, c'est l'absence de prise en compte de l'importance de la vie du sol qui fait du modèle agricole intensif un non-sens écologique, et qui aboutit, lui, à un cercle vicieux : labour profond + déchaumage (retrait des déchets verts au lieu de les laisser au sol) + pesticides = mort progressive du sol + perte de fertilité + compaction du sol + érosion.

Ce sol mort ne peut plus nourrir les plantes que l'on y cultive, d'où un éternel recours aux engrais minéraux, que le sol ne peut pas stocker et qui vont, entre autres, polluer par lessivage les nappes phréatiques et les cours d'eau. En outre, ce modèle non durable implique aussi une utilisation croissante de pesticides : les prédateurs naturels des ravageurs étant détruits avec les autres organismes du sol, il n'y a plus d'auto-régulation des populations, et donc... on traite (encore) avec des pesticides !

Traitement d'un champ avec un nématicide
Traitement d'un champ avec un nématicideAgrandir l'image

http://www.gerbeaud.com
La passion du jardinage