L'huile de palme, très décriée par les nutritionnistes et les ONG, Greenpeace en tête, fait couler beaucoup d'encre. Elle nuit à la santé cardiovasculaire et la culture du palmier à huile, cause de déforestation, est une calamité pour l'environnement.
Biscuits, pâtisseries, céréales du petit déjeuner, pâtes à tartiner, margarines, plats cuisinés, poissons panés, crèmes glacées, chips, pains industriels, pâtes à tartes, et même laits infantiles : la plupart des produits alimentaires transformés contiennent de l'huile de palme. Elle est ainsi l'huile la plus consommée dans le monde, devant l'huile de soja, l'huile de colza ou encore l'huile de tournesol. Elle n'est même pas toujours indiquée clairement sur les étiquettes : les termes "huile végétale" ou "matière grasse végétale" figurant dans la liste des ingrédients cachent bien souvent la présence d'huile de palme.
Mentions hypocrite et factuelle...
Pourquoi un tel engouement des industriels pour cette matière grasse ? D'abord, l'huile de palme est la moins chère du marché : le palmier à huile (l'huile est extraite de ses fruits) a un rendement à l'hectare 10 fois supérieur à celui du soja, et le coût de production de l'huile (extraction par pression à chaud de la pulpe des fruits, puis raffinage) est très bas. Ensuite, elle est stable à haute température, plus encore que l'huile d'arachide (qui, elle, est délaissée en raison des allergies qu'elle provoque) : les fabricants de produits cuits à des températures très élevées (chips, céréales, poissons panés...) l'utilisent donc massivement. Enfin, son point de fusion est élevé, c'est-à-dire qu'elle est épaisse et visqueuse à température ambiante : elle confère une texture particulière aux produits alimentaires qui la contiennent (biscuits, pâtes à tartiner...), contrairement à d'autres huiles plus liquides. Autre atout, sa saveur discrète lui permet d'être utilisée dans un très grand nombre de produits.
Pour la santé d'abord, l'huile de palme présente un bilan nutritionnel très négatif, en raison de sa teneur élevée en acides gras saturés (acide laurique, myristique et palmitique) : elle en contient environ 60%, soit encore plus que le saindoux. On connaît les méfaits de ces acides gras saturés : ils contribuent à augmenter le taux de cholestérol sanguin (notamment le cholestérol LDL, le "mauvais") et favorisent les dépôts graisseux dans les artères. Ces dépôts s'accumulent ou se détachent de la paroi, pouvant ainsi provoquer des infarctus ou des accidents vasculaires cérébraux.
Pour l'environnement, la production de l'huile de palme est également lourde de conséquences. Le palmier à huile est cultivé essentiellement en Asie du Sud-Est (l'Indonésie et la Malaisie assurent 80% de la production mondiale d'huile de palme), mais aussi en Afrique Centrale (Cameroun, République du Congo) et en Amérique du Sud (Colombie).
Pour répondre à une demande en huile de palme toujours plus forte, la production ne cesse de croître : elle est multipliée par 2 tous les 10 ans, depuis 30 ans. Et pour pouvoir produire plus, on accroît les surfaces cultivées, et on pratique une culture intensive. L'essor des surfaces plantées en palmiers à huile se fait généralement aux dépens des forêts primaires des régions tropicales de la planète : pour planter les palmiers, on détruit les forêts et, du même coup, toute la biodiversité qu'elles abritent. Les orangs-outans des forêts indonésiennes des îles de Sumatra et de Bornéo voient ainsi leur habitat se raréfier année après année, mettant en péril la survie de l'espèce, à l'instar de nombreux autres êtres vivants peuplant ces forêts dites "vierges". Cette déforestation galopante (rien qu'à Bornéo, ce sont 2 millions d'hectares de forêt qui disparaissent chaque année) est également une cause d'émission de CO2, sans parler de la pollution de l'eau et de l'air qu'entraîne la culture intensive.
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Certains industriels choisissent de s'approvisionner auprès de filières biologiques ou durables, mais la certification des plantations n'est pas sans poser de problème (l'impartialité des organismes certificateurs et la rigueur du cahier des charges sont mises en doute par les ONG). Dans tous les cas, les plantations certifiées sont rares : elles n'assurent que 4 à 5% de la production mondiale (et 0,2% pour les plantations en agriculture biologique). Et, bio ou pas bio, équitable ou non, issue de culture durable ou intensive, l'huile de palme est toujours aussi mauvaise pour la santé.
Sur l'impulsion donnée par Greenpeace, qui communique beaucoup sur le sujet depuis 2009, on pourrait bien assister à un véritable boycott de l'huile de palme par les consommateurs, qui sont déjà nombreux à s'en détourner. Certains industriels adoptent également un comportement responsable (Nestlé a momentanément renoncé à s'approvisionner en huile de palme indonésienne ; Unilever, pour sa part, continue à l'utiliser...), de même que des distributeurs, toujours à l'affût d'un moyen de se distinguer de leurs concurrents (le groupe Casino prévoit de supprimer peu à peu de ses rayons les produits contenant cette huile).
Gerbeaud
La passion du jardinage
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09/06/2026 - 11:59:10