Avec les incendies, les pluies acides et les aléas climatiques, la déforestation fait partie des agressions que l'homme inflige à la forêt. Dans certains pays, elle atteint des proportions très inquiétantes, et représente une menace sérieuse à l'échelle planétaire.
La déforestation est souvent associée à la forêt amazonienne. Et il est vrai que celle-ci a payé un lourd tribu aux activités humaines : on estime que si rien n'est fait pour enrayer le phénomène, d'ici 2030, elle aura disparu. Mais le déboisement concerne également les autres forêts primaires (c'est-à-dire celles qui n'ont jamais été transformées par l'homme), en Russie, au Canada, en Asie du Sud-Est et en Afrique. Celles d'Asie et d'Afrique sont actuellement les plus menacées. Ainsi, la forêt tropicale du bassin du fleuve Congo, qui est la 2e plus grande forêt primaire après celle d'Amazonie, est victime d'une intense exploitation illégale du bois : en 2050, elle pourrait bien être rayée des cartes.
Avant toute chose, il convient de rappeler qu'en Europe aussi, on a pratiqué une très forte déforestation jusqu'à la fin du XIXe siècle. A l'origine, la forêt devait composer l'essentiel des paysages ; et la quasi-totalité des surfaces cultivées en Europe a été conquise sur la forêt au prix d'un défrichement.
Aujourd'hui, la déforestation (et notamment celle de la forêt tropicale humide) concerne surtout les pays à forte croissance démographique, où elle est dictée par des nécessités de développement économique ou de survie des populations locales. Dans ces zones tropicales humides, la forêt est détruite essentiellement pour :
Bien souvent, dans les pays où la pression démographique est forte, la déforestation est (en dépit d'une idée communément répandue) le fait des populations locales qui, pour se nourrir, n'ont pas d'autre choix que de défricher. Elles disposent ainsi de bois de chauffage, de bois de construction et de surfaces agricoles à cultiver. Cependant, si ce déboisement fait tant de ravages, c'est parce que l'agriculture est souvent itinérante : les hommes déboisent une zone, la cultivent pour leur subsistance, puis l'abandonnent et vont défricher ailleurs, les sols tropicaux étant si fragiles qu'une réutilisation agricole des terres mises à nu est souvent impossible.
Cependant, dans certaines zones, la forêt disparaît au profit de cultures agricoles vouées à l'exportation (production d'huile de palme, de soja, de biocarburants), de l'élevage bovin (également pour l'exportation) ou d'une exploitation forestière (bois exotique) trop souvent illégale, et en tout cas menée sans aucun respect des écosystèmes.
La déforestation est lourde de conséquences, c'est pourquoi la protection du manteau forestier est une nécessité pour nous et pour les générations futures :
Face au défrichement opéré par les populations elles-mêmes à des fins vivrières, l'interdiction est sans doute une solution peu efficace. Il est bien plus intéressant de miser sur la sensibilisation au danger que présente la disparition des forêts, et surtout de faire participer les peuples autochtones aux projets de préservation des écosystèmes (maintien de la fertilité des sols pour pérenniser l'agriculture dans les zones déboisées pour éviter l'extension du phénomène, plantation d'essences à croissance rapide dans les zones où les arbres sont coupés pour obtenir du bois de feu ou de construction...).
Ailleurs, là où la forêt fait l'objet d'une exploitation intensive (coupes illégales de bois destiné à l'exportation vers les pays riches), la sauvegarde du patrimoine forestier passe par la généralisation des modes de gestion durable des forêts et des labels tels que FSC ou PEFC.
Gerbeaud
La passion du jardinage
https://www.gerbeaud.com/nature-environnement/deforestation.php
17/06/2026 - 10:11:44