Les papillons, des insectes à protéger

Comme la coccinelle ou l'abeille, le papillon est l'un des rares insectes à bénéficier d'un capital sympathie auprès de l'homme. Leur disparition inquiète ainsi le grand public, mais surtout les scientifiques : les papillons sont en effet étroitement liés à la santé des milieux naturels.

Les papillons disparaissent

Les papillons, avec 165.000 espèces décrites à travers le monde, représentent 10% des espèces animales connues. Après les Coléoptères, les Lépidoptères constituent ainsi la 2e famille la plus abondante sur terre en terme d'espèces. Les espèces les plus anciennes de papillons existaient déjà il y a quelque 70 millions d'années... Une abondance et une résistance apparente qui ne doivent pas masquer la réalité : comme les abeilles, les papillons sont fragiles, et disparaissent.

Papillon pollinisateur posé sur une fleur
Papillon pollinisateur posé sur une fleur - (Luc Baron / flickr.com)

D'abord, des espèces de lépidoptères s'éteignent : ainsi, depuis 25 ans, en Europe, 11% des espèces de papillons auraient disparu, tous habitats confondus. Ce chiffre atteint 19% pour les papillons vivant dans les prairies, 15% pour ceux des zones marécageuses, et 14% pour les papillons de forêts. En Grande-Bretagne, avec -70% d'espèces, le déclin est particulièrement inquiétant. Et même au sein d'une même espèce, les individus sont moins nombreux, ce qui n'est pas sans poser des problèmes de reproduction et de perpétuation de l'espèce : on considère par exemple qu'en milieu herbeux, en Europe, les papillons seraient deux fois moins nombreux aujourd'hui qu'il y a 15 ans.

Causes du déclin des espèces et des populations

Plusieurs causes pourraient expliquer un tel déclin :

Les papillons : un rôle majeur dans les écosystèmes

D'abord, les papillons comptent parmi les meilleurs bio-indicateurs témoignant de la santé des écosystèmes. Grâce à leur grande diversité et à leurs exigences écologiques variées (de nombreuses espèces de papillons ne vivent que dans un type d'habitat donné et, on l'a vu, dépendent d'un très petit nombre de plantes-hôtes), l'état des populations de papillons reflète fidèlement le niveau de qualité des différents milieux naturels. Une espèce de papillon qui décroît puis disparaît est le symptôme d'un écosystème très perturbé. Ensuite, les papillons jouent un rôle important dans les chaînes alimentaires et l'équilibre des écosystèmes, essentiellement en tant qu'agents pollinisateurs et proies pour les oiseaux, les chauves-souris et les batraciens.

Actias isabellae, un sublime papillon et une des espèces protégées en France
Actias isabellae, un sublime papillon et une des espèces protégées en France - ( Carmelo Peciña / flickr.com)

Ainsi, en protégeant une espèce de papillon, on protège en même temps tout un ensemble d'espèces animales et végétales qui lui sont directement liées, ou qui ont les mêmes exigences écologiques. Sur les 5200 espèces de papillons dénombrées en France, 24 espèces et 26 sous-espèces sont aujourd'hui protégées.

Les jardins, un lieu de vie à ne pas négliger pour les papillons

En France, les jardins représentent un million d'hectares, soit 4 fois plus que la totalité des réserves naturelles. C'est dire le rôle qu'on à jouer les jardiniers dans la protection et la conservation des papillons ! Pour favoriser ces insectes et leur offrir un lieu de vie et de reproduction, commencez par ne pas détruire systématiquement la moindre chenille : tolérez la présence d'un nombre raisonnable de ces larves qui, certes nuisibles lorsqu'elles sont nombreuses, n'en donneront pas moins de beaux papillons. Bien entendu, évitez autant que possible les insecticides chimiques et les herbicides, au profit de traitements biologiques.

Chenille de  Proserpinus proserpina (Sphinx de l'Epilobe, Sphinx de l'Oenothère) - espèce protégée
Chenille de Proserpinus proserpina (Sphinx de l'Epilobe, Sphinx de l'Oenothère) - espèce protégée - (gbohne / flickr.com)

Ensuite, laissez une place à quelques espèces de plantes à fleurs qui fourniront à ces charmants insectes de quoi butiner, et donc se nourrir : le buddléia, ou arbre à papillon (le bien nommé !) est l'une de leurs plantes préférées, mais pensez aussi aux haies variées et aux arbustes autochtones (sureau, aubépine, prunellier, troène, lilas...), aux aromatiques (menthe, thym, verveine, mélisse, ciboulette...), aux vivaces d'ornement telles que belles de nuit, asters, centaurées, oenothères, sauges ornementales, ancolies, ou encore aux grimpantes comme le chèvrefeuille ou le lierre. Du côté des annuelles et des bisanuelles, semez cosmos, reines-marguerites, oeillets de poète, digitales, pétunias... D'une manière générale, préférez toujours les plantes indigènes aux plantes exotiques et les fleurs simples aux fleurs doubles, qui sont plus difficiles à butiner. Enfin, abandonnez aux insectes bénéfiques un petit coin au fond de jardin, où vous laisserez pousser orties, chardons, pissenlits et autres fleurs sauvages.

Le saviez-vous ?

On reconnaît un papillon de jour (ou rhopalocère) à ses ailes jointes sur son dos, dressées, lorsqu'il est au repos. La chrysalide (qui protège la nymphe, étape intermédiaire entre la chenille et l'adulte) est "nue". Pour le papillon de nuit (ou hétérocère), ses ailes ne s'accolent pas et demeurent plus ou moins à l'horizontale. Sa chrysalide est enveloppée dans un cocon de soie.

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Lien vers l'Observatoire des Papillons des Jardins

Gerbeaud
La passion du jardinage
https://www.gerbeaud.com/nature-environnement/papillons-insectes-proteger.php

09/06/2026 - 07:02:36