La classification des végétaux selon Linné

Pour vous aider à mieux appréhender le monde végétal et tous ces noms que certains qualifient de "barbares", nous allons vous expliquer le fonctionnement de la classification des végétaux. Comment sont attribués les noms et comment s’organisent-ils ?

Carl von Linné et le latin

Species plantarum - Linné

Species plantarum - Linné

Le système de classification est basé sur la langue latine. Ceci peut paraître difficile à retenir mais c’est un moyen de mettre tout le monde d’accord. Si nous prenons l’exemple du noisetier commun, indigène chez nous, celui-ci peut avoir plusieurs noms communs (ou "vulgaires") comme noisetier, coudrier, avelinier... En latin, celui-ci ne possède qu’un seul nom Corylus avellana, ainsi tout le monde sait de quel arbre nous parlons. Si nous vous parlons d’avelinier ceci est moins sûr !

C’est Carl von Linné qui eut l’idée de réunir les végétaux sous un seul nom. Il classifie les végétaux (et les animaux) comme suit :

Règne…> Division…> Classe…> Ordre…> Famille…> Genre…> Espèce…> Cultivar, Variété.

En 1753, il rédigea un ouvrage intitulé Species plantararum où il référençait 8000 plantes en utilisant sa classification. Afin de simplifier la lecture aux amateurs, deux termes sont principalement utilisés : le genre et l’espèce. Cette classification est alors appelée classification binomiale. Aujourd’hui encore, sur les étiquettes des pépinières, vous retrouverez principalement ces deux noms. Pour cet article nous allons vous expliquer les 4 derniers termes, soit la famille, le genre, l’espèce et les cultivars ou variétés. Nous terminerons par le terme d’hybride qui est un peu à part.

D'où viennent les noms ?

Les noms donnés proviennent des botanistes qui ont trouvé ces plantes, de leur couleur, de la forme particulière des feuilles, des insectes qu’ils attirent… Ainsi "Corylus" veut dire "casque", par analogie à la forme particulière des bractées et du fruit.

La famille

Elle regroupe les genres qui ont le plus de ressemblances entre eux, ils ont des caractères généraux en commun. La terminologie des familles chez les végétaux est –acées. Le noisetier fait alors partie de la famille des Bétulacées. Dans cette famille nous retrouvons aussi le bouleau (Betula sp), le charme (Carpinus sp), l’aulne (Alnus sp)...

Betulacées - noisetier, bouleau, charme, aulne

Famille des betulacées : noisetier, bouleau, charme, aulne...

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Le genre

C’est le premier terme de la nomenclature binomiale. Il regroupe toutes les sortes de noisetiers sous un même terme qui est Corylus. Ce nom est donc en latin, il porte une majuscule et ne contient pas d’accent.

L’espèce

C’est le deuxième terme de la nomenclature binomiale selon Linné. Il s’écrit en minuscule, en latin et ne comporte pas d’accent. Il différencie alors les noisetiers entre eux une "première fois". Chez le noisetier nous pouvons différencier plusieurs espèces :

Ces trois espèces sont les plus connues; nous pouvons aussi trouver C. chinensis, C. cornuta, C. jacquemontii, C. heterophylla, etc. Nous remarquons une différence de feuilles, de port mais aussi de fruits, ils n’ont souvent pas la même origine géographique.

Noisettes avellana, maxima, colurna

C avellana, C. maxima et C. colurna

La variété / le cultivar

 

Noisetier tortueux

Noisetier tortueux

Ce ne sont pas exactement les mêmes termes mais ils sont souvent utilisés de la même manière. Le cultivar est une variété de plante, qui est dit unique, souvent les cultivars ne se reproduisent pas par semence, contrairement à la variété. Ils sont alors dits stériles mais ils peuvent se bouturer (multiplication végétative). Ils sont obtenus par culture des végétaux.

Ces deux termes regroupent des individus d’une même espèce mais qui présentent encore des différences entre eux.
Des variétés sont obtenues en cultivant un panachage qui peut être dû à un virus, en modifiant le génome d’une plante, en cultivant et en faisant se reproduire une plante qui s’est modifiée naturellement lors de sa culture…etc Ils s’écrivent en guillemets simples et portent une majuscule. Ils sont souvent moins stables que l’espèce type. Ils différencient les noisetiers entre eux une « seconde fois »
Nous retrouvons alors :

Et :

L’exemple ci-dessous vous montre un Corylus maxima 'Purpurea' qui perd, au fur et à mesure de sa croissance, sa couleur pourpre. Les nouvelles branches sont celles d’un Corylus maxima. Il produit alors deux sortes de feuillages et deux sortes de noisettes. Pour conserver le cultivar 'Purpurea', il faut alors supprimer toutes les branches de l’espèce type qui se forment. Sinon, cette dernière, plus stable, prendra l'ascendant sur le cultivar pourpre.

Noisetier pourpre - D.R.

Noisetier pourpre

Qu'est-ce qu'un hybride ?

Nous terminerons cette classification avec ce terme qui est un peu à part mais que vous retrouverez assez souvent dans vos pépinières. Les hybrides sont des croisements entre mêmes genres ou mêmes espèces et qui ont des données génétiques différentes. Ils sont souvent plus "avantageux" que leurs parents car ils présentent une meilleure vigueur. Ils sont toutefois stériles.

Ce n’est pas la même chose qu’une manipulation génétique puisque l’hybridation se fait aussi naturellement. Les hommes obtiennent les hybrides par pollinisation contrôlée. Ils s’écrivent avec un ‘x’ devant le genre, s’il s’agit d’une hybridation de genres ou devant l’espèce, s’il s’agit d’une hybridation d’espèces.

Nous pouvons ainsi trouver Corylus x colurnoides, issu de l’hybridation entre les espèces Corylus avellana et Corylus colurna.

Mélanie Dupuis
Architecte paysagiste
http://melodye.over-blog.net/

Gerbeaud
La passion du jardinage
https://www.gerbeaud.com/jardin/decouverte/classification-vegetaux-linne-1.php

09/06/2026 - 02:56:59