Toitures végétalisées : les jardins prennent de la hauteur

Le 28 septembre 2010 par Clémentine Desfemmes

Une toiture végétalisée, c'est tout simplement un toit vert : la couverture est constituée d'un substrat de culture et de végétaux. Du simple tapis de verdure au véritable jardin planté d'arbres, de fleurs ou même de légumes, le projet peut être plus ou moins ambitieux.

Une pratique ancienne, très répandue dans les pays scandinaves

Chalet traditionnel scandinave, avec son toit vert.

Chalet traditionnel scandinave, avec son toit vert

Installer un jardin sur un toit n'est pas une pratique récente. 600 ans avant J.-C., les Jardins suspendus de Babylone auraient déjà mis l'idée à profit. En Mongolie, en Turquie et chez certains peuples amérindiens, installer de la végétation sur les toits a longtemps fait partie des traditions. Dans les pays scandinaves, les maisons traditionnelles, dont le toit à double pente est couvert de verdure, font aussi partie des paysages. Gain de place pour certains, nécessité de d'isoler un bâtiment contre la chaleur ou le froid pour d'autres, les jardins sur les toits ont répondu, au cours de l'Histoire, à des problématiques très concrètes.

S'inspirant des pratiques scandinaves, les Allemands ont rapidement adopté les toitures végétalisées, qui sont désormais courantes outre-Rhin. On estime que 15% des constructions neuves sont ainsi équipées d'un toit végétal, et que ces toits végétalisés représentent près de 9 millions de m2. Les Français, pour leur part, sont longtemps restés assez frileux vis-à-vis des toits verts. Les premiers jardins sur les toits n'ont vu le jour en France qu'au début des années 90, et leur développement a dû attendre les années 2000 pour prendre de l'ampleur. 

Les multiples atouts des toits "verts"

Les toitures végétalisés sont d'abord esthétiques : en pleine ville, une vue sur des toits verts remplace avantageusement le gris du zinc et du béton, et à la campagne, un bâtiment couvert de verdure s'harmonise beaucoup mieux avec les paysages... Cependant, les atouts vont bien au-delà de l'aspect purement décoratif.

  • Ces toitures se comportent comme d'excellents isolants phoniques mais surtout thermiques, qui limitent les pertes de chaleur en hiver et rafraîchissent l'atmosphère dans les bâtiments durant l'été (avec un simple couvert végétal de 6cm d'épaisseur, la température à l'étage situé sous le toit diminue de 4 à 5°C). En ville, les toits végétalisés permettent aussi de réduire les îlots de chaleur urbains (les toits "classiques" emmagasinent beaucoup de chaleur), ce qui contribue à diminuer la température de l'air dans les grandes agglomérations en été.
  • Les jardins sur les toits limitent le ruissellement des eaux de pluie : 50 à 100% de l'eau qui tombe sur le toit est retenue.
  • La durée de vie du système d'étanchéité du bâtiment est considérablement augmentée, voire doublée.
  • L'avantage pour l'environnement est indéniable : fixation de CO2 et émission d'O2 par la végétation, captation des microparticules de pollution, création d'habitat pour la faune sauvage (oiseaux notamment) et donc impact positif sur la biodiversité.
  • Utilisation de surfaces jusqu'alors inoccupées, notamment pour permettre aux urbains de jardiner, ou pour créer de nouveaux espaces verts collectifs ou encore des surfaces de production maraîchère en ville (l'agriculture urbaine est un concept qui se développe depuis quelques années au Québec : les locavores, entre autres, s'en réjouissent !).

Eléments à prendre en compte avant de vous lancer

Toit végétalisé sur une crêche (Créteil)

Toit de la crèche Laplace de Créteil

Végétaliser sa toiture ne s'improvise pas. Inclinaison du toit, maçonnerie, étanchéité, esthétique, entretien, arrosage, autant d'aspects à ne pas négliger lors de la préparation du projet.

  • La structure de la charpente (bois, acier, béton...) supportera-t-elle un surpoids ? Comment assurer la pérennité et une parfaite étanchéité de l'installation ?
  • Quelles espèces végétales choisir, lesquelles sont à proscrire (en fonction des besoins en eau, de la sensibilité au vent, de l'entretien, du système racinaire, du poids et des dimensions des sujets adultes...) ?
  • Opterez-vous pour une végétalisation extensive (simple "tapis" végétal installé sur une faible épaisseur de substrat), semi-intensive (plus grande diversité de végétaux, pour un résultat décoratif), ou intensive (c'est-à-dire un vrai jardin sur le toit) ? 
  • En profiterez-vous pour rénover entièrement la toiture ?
  • De quel budget disposez-vous (le coût au mètre carré est très variable : de moins de 100€/m2 pour les installations les plus simples, à beaucoup plus pour un vrai jardin à installer sur une toiture entièrement repensée) ?

Pour vous aider à cerner au mieux vos besoins ainsi que les contraintes techniques à prendre en compte, sachez que des entreprises sont spécialisées dans la création et la mise en place de toitures végétales.

Les toits végétalisés sont-ils encouragés ?

En Allemagne, les Länder proposent des subventions pour ce type d'installation, de même que certaines villes suisses. En France, on commence aussi à s'y mettre : quelques villes (comme Lille) et départements (les Hauts-de-Seine par exemple) proposent des primes pour la végétalisation de toiture. A Paris, pas d'aide financière particulière, en revanche, le Plan d'Urbanisation Local (PLU) prévoit que les futures constructions et les réhabilitations importantes doivent intégrer dans leur projet un coefficient de végétalisation (appelé "coefficient biotope") variable selon les quartiers. Les toits végétaux devraient donc se multiplier dans les années qui viennent...

En savoir plus sur le site de l'Adivet (Association des Toitures Végétales)

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