La limite au jardin - 2e partie

Le 28 août 2008

Il y a ceux qui aiment se sentir chez eux à l’abri des regards, d’autres qui apprécient que leur jardin soit aussi tout ce qui les entoure, enfin d’autres qui mixent les deux solutions. Mais qu’est ce vraiment que la limite ? Quelles notions se cachent derrière ce terme ? Quelles sont les façons de la mettre en valeur au jardin et de jouer avec ?

Un jardin qui s'agrandit

La technique du cadrage

Technique du cadrage

Technique du cadrage - M.D.

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Elle permet d’attirer l’œil sur un élément lointain ou proche et ainsi de le mettre en « tableau ». Si votre jardin est relativement petit, ce petit truc permet de justement d’attirer le regard vers le lointain et de faire oublier ses limites proches. Vous pouvez le réaliser en trouant un mur, une haie, ou justement en plantant pour encadrer la vue.

Faire s’effacer une clôture

Vous possédez une clôture et non une haie, vous la voulez plus légère et plus transparente, afin que la limite s’efface. Une astuce existe : vous pouvez y accrocher des plaques opaques, des gravures… disséminées ici ou là sur le grillage ou le barreaudage. Cela permet d’attirer le regard sur ces objets et de faire paraître la grille plus légère.

Jouer avec la perspective

Plaques sur clôture

Plaques sur une clôture - M.D.

Si votre jardin est petit et que vous voulez donner l’impression de repousser les limites, vous pouvez créer une allée droite qui va donner un point de fuite. Vous pouvez accentuer l’effet en disposant des pots, des topiaires… dont la taille va en décroissant.

L’effet miroir

Vous pouvez disposer à certains endroits stratégiques de votre jardin des miroirs dans lesquels vont se refléter la végétation, les aménagements… Idéal comme illusion d’optique ! N’oubliez pas de jouer avec les formes, leur nombre… et de les nettoyer de temps en temps !

Un jardin qui protège

Vous souhaitez, dans une partie de votre jardin, vous protéger des regards ? Ce n’est pas la peine d’en faire un lieu opaque et étouffant ! Une limite oui, une prison non !

Jouer sur les espèces, les formes et les feuillages des végétaux

Même si une haie de thuya ou de chamaecyparis protège efficacement contre les regards, il n’est peut être pas nécessaire d’en faire le tour du jardin complet ! Pour trois raisons : cela peut devenir étouffant, les haies monospécifiques empêchent la faune de se développer et si une maladie touche la haie, c’est toute la haie qui est touchée : et alors adieu au coin intime et protégé !
Il faut donc essayer de reproduire « l’effet lisière ». Vous pouvez marier des plantes caduques et persistantes (pour la protection contre les regards), jouer avec des formes en boules, plus strictes… et avec de feuillages épais, flous, colorés… afin que la limite ne fasse pas trop stricte. La haie devient alors vivante et ne ressemble plus à un mur « végétal ». Bien sûr, ces associations doivent être choisies selon l’ambiance que vous voulez donner, la place dont vous disposez…

Créer plusieurs plans et jouer sur les hauteurs

Afin de créer différentes scénettes dans votre jardin même petit, vous pouvez imaginer plusieurs petites chambres avec des ambiances ou des thèmes différents. Ainsi les limites ne sont pas seulement pas sur le pourtour du jardin mais participent à la mise en scène interne. Des limites dans les limites…

Le fait de jouer sur les hauteurs et la verticalité permet au regard d’être attiré par le ciel, une autre ouverture, qui elle, n’est souvent pas limitée. Sauf si vous habitez sous terre ! Voilà un autre moyen de faire oublier que votre jardin est petit et très limité !

Votre jardin est entouré de murs

Plante dans un muret

Plante dans un muret

Vous croyez être (trop) limités ? Dans votre espace et dans vos possibilités d’aménagement ? Détrompez-vous ! Voici seulement un « nouveau terrain de jeux » ! Afin de rendre des murs moins stricts, moins durs, vous pouvez y semer ou planter des sedums ou autres plantes grasses dans les porosités. Vous pouvez le peindre et en faire un véritable trompe l’œil ou tableau. Selon le mur en place, d’autres possibilités existent, à voir au cas par cas.

Pour « clore » ce chapitre qui pourrait contenir beaucoup plus de pages, je vous laisse méditer sur cette citation d’Alphonse Karr  dans Voyage autour de mon jardin aux éditions Ressources - Paris/Genève :

"Quelle étrange chose que la propriété,
Dont les hommes sont si envieux!
Quand je n'avais rien à moi, j'avais les forêts et les prairies, la mer et le ciel;
Depuis que j'ai acheté cette maison et ce jardin,
Je n'ai plus que cette maison et ce jardin."

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Mélanie Dupuis
Architecte paysagiste
http://melanie.dupuis.over-blog.fr

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