
La teigne a détérioré ces cadres.
Ils sont à rénover complètement.
Grâce à vos soins aussi préventifs qu’efficaces, les abeilles disposent des conditions optimales pour survivre jusqu’au printemps : une ruche saine avec un toit étanche et bien arrimé, une bonne isolation sur le plateau couvre-cadres, des provisions suffisantes. Il n’est plus possible maintenant de distribuer du sirop. Par contre, vous pouvez placer une plaque de candi sur les colonies nécessiteuses, aussi bien en novembre que courant janvier lorsque le soleil essaie timidement de réchauffer l’atmosphère. En tout cas, n’ouvrez plus les ruches, aucune manipulation ne doit être effectuée jusqu’à février-mars.
Si vous ne l’avez déjà fait, installez la grille métallique à l’entrée : il faut absolument empêcher les rongeurs de pénétrer dans les ruches. Outre leurs dégâts sur les cadres, leurs déjections dégagent une odeur insupportable pour les abeilles.
Ne réduisez pas la largeur de l’entrée de la ruche : sans entrée d’air suffisante, l’eau de condensation et les moisissures installeraient une atmosphère humide très préjudiciable. N’oubliez pas que les abeilles savent résister au froid mais pas à l’humidité. Pour le confort des abeilles, les fond grillagés présentent de gros avantages : bonne aération, absence de moisissures, bonne conservation de la cire.
Pendant cette période froide, l’activité sur la planche d’envol est très limitée : dans les moments doux et ensoleillés, quelques butineuses partent à la recherche d’un butin hypothétique, d’autres vont chercher un peu d’eau, les autres effectuent leur vol de propreté. Ces allées et venues -certes timides- témoignent cependant d’un fonctionnement normal de la colonie.
Si vous devez déplacer vos ruches de quelques
mètres, la période en cours est favorable. Attendez que
les abeilles restent confinées six ou sept jours consécutifs,
à cause du froid et de la grisaille. Déplacez vos ruches
avec d’infinies précautions –le mieux est d’être
deux- en évitant les chocs et le bruit. Tout dérangement
de la grappe d’abeilles et dommageable. Après une semaine
de confinement, les abeilles perdent la mémoire de leur ancien
emplacement.
Vérifiez la solidité de vos supports de ruches.
Bien qu’il n’y ait rien à faire dans les ruches, allez régulièrement visiter votre rucher pour un examen visuel rapide. Une branche que le vent a fait tomber sur une ruche, un toit qui s’est renversé, une paroi de ruche qu’un pic-vert a attaquée, autant d’incidents –et il y en a d’autres- qu’un apiculteur attentionné résoudra rapidement à condition qu’ils aient été détectés au plus tôt.
A l’atelier le moment est venu de réparer ruches et ruchettes vides. Les cadres que la teigne aurait ravagés ne sont pas forcément perdus. Raclez-les au maximum puis passez-les à la flamme purificatrice. Avec une nouvelle feuille de cire, ils seront prêts pour accueillir un essaim ce printemps. Soyez prévoyant, tout le matériel doit être opérationnel au moment où vous en aurez besoin.
L’automne et l’hiver sont des périodes où l’apiculteur doit prendre le temps de se cultiver : n’hésitez pas à commander au Père Noël un ouvrage qui complètera votre bibliothèque apicole. Vous y puiserez le savoir indispensable et des conseils toujours judicieux. Pour chacun d’entre nous, il faut reconnaître humblement que le champ de nos connaissances est toujours plus petit que celui de notre ignorance. Plus on apprend, plus on découvre de nouveaux domaines à explorer.
En somme : "Plus on sait, moins on sait".
Jean-Paul CHARPIN
Jean-Paul
CHARPIN est apiculteur-conférencier. Si vous êtes intéressé(e)
par une animation apicole dans votre établissement,
contactez-le
!

Ces conseils sont donnés pour un climat continental "moyen" de référence (zone 1 sur la carte).
Si vous jardinez sur le littoral (zones 2 et 3), vous pouvez avancer d'une quinzaine de jours au printemps,
et retarder d'autant en automne. Si vous habitez en montagne (zone 4), c'est l'inverse.