Les jardins à la française n'ont plus le monopole du terrain.
Les boules de buis finement taillées,
les labyrinthes géométriques de sapinettes, l'obsession de la
symétrie et cette incessante maîtrise de la moindre brindille ne
sont plus que des préoccupations de châtelains esseulés.
Aujourd'hui, on souhaite de la simplicité, de la vie au jardin. Et depuis
le XVIe siècle, le jardin anglais nous offre tout ceci. Un art rigoureux,
certes, mais étudié pour laisser vivre la nature dans son état
sauvage.
Un jardin à l'anglaise fait place aux allées sinueuses, bordées
de pavés. Privilégie une nature aux allures de campagne qui symbolise
le prolongement des paysages. Ici, on recrée des étangs dont les
branches des arbres effleurent l'eau. On installe des bancs dans des coins retirés
du jardin. On sculpte le paysage et multiplie les massifs pour créer de la profusion et de la structure. On mixe rigueur et liberté,
grâce à une terrasse recouverte de petit gravier, impeccablement
désherbée, et des parterres (très) bien garnis de corbeilles
d'argent, d'asters,
de lavandes, de soucis et de graminées...
Pendant ce temps, les quelques espaces de gazon, semés
en « full » ray-grass, restent propres, courts et bien
verts. Et sur ce point, les habitants de l'Ouest et du Nord de la France sont
avantagés du fait d'une plus grande humidité de climat qui garantit
une belle verdure au gazon.
Au gré d'une ballade dans des jardins anglais, on remarque une profusion
de roses
odorantes, grimpantes et remontantes. Toutes très florifères
et de préférence dans des tons suaves blancs, roses ou jaunes...
Le spécialiste toutes catégories depuis les années cinquante
est sans aucun doute David
Austin qui a réussi le parfait mariage entre variétés
anciennes et modernes. Il a ainsi pu offrir aux Anglais une fleur lourde, à
la tige souple et toujours très odorante.
Pour leurs très chères allées, les Anglais n'hésitent pas à mixer les plantes et les couleurs grâce à des fleurs comme les narcisses en fin d'hiver, les anémones de printemps, les ligulaires, les digitales, et les echinaceas (la purpurea et sa fleur rose vif très odorante a d'ailleurs beaucoup de succès). Pour la beauté des feuillages, les hostas ont de loin la préférence, suivies de prés par les heuchères. Toutes ces plantes ont également la caractéristique de s'adapter au même sol. Donc, menu identique pour tout le monde. A savoir une terre fraîche, légère (pas trop argileuse), humide avec un emplacement mi-ombre. Afin de s'assurer d'un recouvrement complet de la plate-bande en question, ne pas hésiter à planter entre 4 et 6 plants par m².
Enfin, tout bon jardin anglais possède une arcade de plantes
grimpantes. Les roses ont bien sûr la préférence, mais
le lierre ou
la vigne vierge peuvent tout aussi bien faire l'affaire. Quant aux haies,
il n'est pas interdit d'utiliser du buis, taillé ou non, selon ses envies.
Placée juste derrière une plate-bande, cette barrière végétale
permet d'éviter la propagation des odeurs des fleurs et les protège
des frimas de l'hiver et de ses vents violents.
Le design d'un tel jardin doit respecter ces quelques règles appartenant à la culture du jardinage à l'anglaise. Alors, on peut très bien faire appel à un artiste paysager et lui confier les plans de son jardin. Mais les plus bilingues d'entre les jardiniers peuvent également aller faire un tour sur quelques sites web de jardinage anglais et notamment celui de la très renommée Royal Horticultural Society (www.rhs.org.uk) : des plans y sont proposés.
Faustine Milard
Photos : UGArdener

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