GLOZEL
La datation archéologique par la radiothermoluminescence
Cette méthode de datation est basée sur la radioactivité naturelle,
c'est à dire sur les rayonnements émis par la croûte terrestre,
par son atmosphère et par le soleil et les étoiles.
Introduction
On a de bonnes raisons de croire qu'il y a 4,5 milliards d'années,
une gigantesque explosion cosmique a engendré notre système solaire.
Les éléments constitutifs des atomes, électrons, protons, neutrons,
ont formé alors un "plasma" porté à très haute température qui s'est
refroidi rapidement en donnant naissance à des atomes. Ces atomes
sont des systèmes solaires miniatures constitués d'un noyau comprenant
des particules appelées " protons " et " neutrons ", et, gravitant
autour de lui, des " électrons ", particules 2 000 fois plus légères.
De la stabilité des atomes...
La plupart de ces atomes étaient stables. Dès leur naissance, ils
répondaient aux lois de la physique. D'autres sont nés malformés;
c'est à dire que les rapports du nombre des neutrons au nombre des
protons contenus dans leurs noyaux n'étaient pas convenables. Ils
étaient des atomes "instables". Cette instabilité se manifeste
physiquement par la radioactivité, c'est à dire par une émission
spontanée de rayonnements. Il s'agit, en fait d'une recherche spontanée
de stabilité nucléaire et pour l'obtenir le noyau émet des rayonnements.
Ces rayonnements peuvent être "particulaires" ou "électromagnétiques";
ils peuvent être matière ou lumière. Dans tous les cas, éjectés
par le noyau, ils sont porteurs d'énergie qu'ils déposent dans la
matière qu'ils "bombardent" et où ils pénètrent.
Depuis l'origine de la Terre, ces atomes instables radioactifs
n'ont pas cessé de se désintégrer en envoyant de l'énergie autour
d'eux. On sait que la radioactivité naturelle décroît depuis le
"Big Bang" originel, mais en considérant une période historique
- voire géologique - d'une durée relativement courte, on peut admettre
que le dépôt d'énergie radioactive correspondant aux désintégrations
naturelles, varie peu en fonction du temps écoulé.
Le principe de la thermoluminescence
 |
1) La terre est
extraite de la carrière |
La datation par la radiothermoluminescence est basée sur la relative
constance de ce débit de dose. Lorsqu'un minéral
organisé, un cristal de quartz, d'alumine de feldspath, par exemple,
est atteint par le bombardement dû à la radioactivité naturelle
créée par ces atomes radioactifs de la croûte terrestre, il se produit
un certain nombre de modifications de sa structure. Ces modifications
de structure, pour la plupart d'entre elles, sont durables, et leur
nombre est fonction du temps écoulé.
Or, si pour une raison quelconque, on apporte au cristal géologiquement
"bombardé" une élévation de température suffisante, les modifications
structurales induites au cours du temps par la radioactivité naturelle
disparaissent. L'énergie apportée par le "bombardement" radioactif
est libérée sous l'action de la chaleur et se manifeste par une
apparition de lumière qui dure pendant tout le temps nécessaire
au retour à l'état original. Ce phénomène s'appelle la radio-thermo-luminescence,
c'est à dire qu'il s'agit d'une lumière induite par la radioactivité
dans un minéral, et révélée par une élévation de la température.
Il est donc normal de rencontrer de nombreux cristaux naturels
radiothermoluminescents dans la croûte terrestre.
Et la poterie, dans tout ça?
 |
2) Le potier
modèle
une forme |
Imaginons qu'un potier gallo-romain ait façonné un objet. Lorsqu'il
le porte au four, les petits cristaux constitutifs de la poterie
sont portés à haute température. Ils avaient subi une irradiation
géologique naturelle et durant la montée en température du four,
ils émettent de la lumière en quantité proportionnelle à la valeur
de l'irradiation géologique reçue. Bien entendu, le potier gallo-romain
n'a pas remarqué cette lumière ou il n'y a pas attaché d'importance.
En fait, la radiothermoluminescence avait été remarquée et décrite
par les alchimistes, qui, évidemment, ne l'avaient pas expliquée.
 |
3) Le potier cuit la forme
qui devient un vase
(l'horloge archéologique
est remise à zéro) |
Lorsque la poterie a retrouvé la température normale, elle est
de nouveau soumise à l'irradiation tellurique et cosmique. Cette
irradiation est constante en fonction du temps et de nouveau le
bombardement radioactif induit des modifications structurales de
la matière. Le potier avait, lors de la cuisson, en quelque sorte
remis l'horloge archéologique à zéro.
Si, de nos jours, on soumet un prélèvement de cette poterie à
un chauffage convenable dans un appareil capable de mesurer les
quantités de lumière émise, on pourra, connaissant la quantité de
lumière correspondant à une année d'irradiation, se faire une idée
précise de la date de fabrication de l'objet.
|
4) La poterie après usage est enfouie
dans le site
archéologique. Elle reçoit le rayonnement cosmique
(soleil + galaxies) et le rayonnement tellurique |
Pour connaître le débit de dose naturelle,
on peut faire des mesures de la radioactivité du terrain où l'objet
a été découvert et en déduire le débit de dose annuel, ainsi que
la thermoluminescence annuelle correspondante. Dans la plupart des
cas, le contexte géologique permet de faire une hypothèse raisonnable
sur la valeur de ce débit de dose qui peut être éventuellement reproduit
au Laboratoire avec des sources radioactives d' intensité étalonnée.
En fait, on utilise la division suivante:

Pour finir
On remarque que la méthode ne s'applique qu'à des objets minéraux
ayant subi une cuisson, c'est à dire, terres cuites, poteries, céramiques,
etc ...
La méthode dite au Carbone 14 ne s'applique qu'à des vestiges
d'objets vivants (plantes et animaux).
Les deux techniques de datation sont, en fait, complémentaires
et ne peuvent pas être opposées.
nota:
on appelle "débit de dose" la quantité d'énergie déposée par le
rayonnement par unité de temps.
|