La coccinelle, un insecte auxiliaire bien utile au jardin

Le 21 juillet 2015 par Clémentine Desfemmes

La coccinelle, insecte attachant et familier, est également un auxiliaire précieux au jardin. La coccinelle adulte et la larve dévorent les pucerons et n'ont pas leur pareil pour nous débarrasser de ces parasites un peu envahissants !

La coccinelle, l'un de nos insectes préférés !

La coccinelle, insecte de l'ordre des Coléoptères (comme les scarabées et les cétoines), familièrement appelée "bête à bon dieu", dispute à l'abeille sa première place sur le podium de nos insectes préférés ! Petite et toute ronde, joliment colorée, inoffensive, supposée même porter bonheur, et dont l'image est utilisée dans des dessins animés, des histoires pour enfants, des comptines : oui, la coccinelle, on l'aime, petits et grands ! Et il n'y a pas que dans l'imaginaire collectif que la coccinelle est un insecte sympathique : elle est également l'amie du jardinier... et l'une de ses plus fidèles alliées pour lutter contre des parasites très répandus dans les jardins : les pucerons.

Coccinelle à 7 points (Coccinella septempunctata)
Coccinelle à 7 points (Coccinella septempunctata)Agrandir l'image

La coccinelle, grande prédatrice de pucerons

Les coccinelles se nourrissent essentiellement de pucerons : ce sont des insectes aphidiphages. A l'occasion, quand les pucerons se font rares, elles peuvent aussi consommer des thrips, des cochenilles, des psylles, des aleurodes, ou encore du pollen et du nectar. Comme beaucoup d'insectes prédateurs, elles sont cannibales : une coccinelle adulte peut fort bien dévorer une larve... de coccinelle !

Elles sont très efficaces pour débarrasser une plante de ses pucerons : chaque coccinelle peut consommer plus de 50 pucerons dans une seule journée. Les coccinelles adultes et les deux derniers stades larvaires sont les plus voraces.

Larve de coccinelle attaquant un puceron
Larve de coccinelle attaquant un puceronAgrandir l'image

Utilisation de la coccinelle en lutte biologique

Les coccinelles sont très utilisées en lutte biologique : achetées sous forme d'oeufs ou de très jeunes larves, elles sont déposées sur des plantes parasitées par des pucerons. Comme les larves ne volent pas, elles restent sur la plante et s'acquittent consciencieusement de leur tâche : manger toujours plus de pucerons. Introduites au bon moment, ces auxiliaires sont tout aussi efficaces que de fâcheux traitements insecticides, sans en avoir les inconvénients écologiques. Mieux, les larves, devenues adultes, iront pondre à leur tour sur d'autres plantes infestées...

Quelques précautions à prendre pour mettre toutes les chances de son côté : ne pas avoir traité récemment la plante avec un insecticide (rémanence d'environ 3 semaines du produit), et s'assurer que les fourmis n'ont pas adopté l'une des colonies de pucerons, ou se débarrasser d'elles : elles défendraient leurs protégés (elles se nourrissent du miellat secrété par les pucerons) et tueraient les larves de coccinelles.

Larve de coccinelle à 7 points
Larve de coccinelle à 7 pointsAgrandir l'image

De l'oeuf à l'adulte, cycle de vie de la coccinelle

La coccinelle vit généralement une année, parfois davantage, dans des conditions favorables. Les adultes pondent au printemps, entre avril et juin, sur une plante porteuse de pucerons. Les oeufs, de couleur jaune, ovales et longs de 1 ou 2 mm, sont pondus par groupes de 10 ou 20 (voire davantage chez certaines espèces), sur ou sous les feuilles.

Ces oeufs éclosent en 5 jours environ à 20°C (lorsqu'il fait plus frais, comptez quelques jours de plus), et les petites larves, aussitôt nées, se mettent en quête de nourriture. On ne peut pas vraiment parler de chasse : la larve de coccinelle se promène sur les feuilles et le long des tiges et elle dévore tout puceron se trouvant sur son passage. La larve grossit et passe par 4 stades larvaires successifs, en muant à la fin de chacun des stades qui durent environ 4 à 5 jours.

Au terme du 4e stade a lieu la nymphose : la larve s'immobilise, se fixe à une feuille par l'extrémité de l'abdomen, forme une nymphe (= l'équivalent de ce que l'on appelle "chrysalide" pour un papillon) à l'intérieur de laquelle a lieu la transformation, puis, au bout d'une petite semaine, une jeune coccinelle adulte (appelée "imago") émerge de la nymphe et s'envole.

Nymphe de coccinelle
Nymphe de coccinelleAgrandir l'image

Combien de générations de coccinelle chaque année ?

Sous les climats plutôt frais, les jeunes coccinelles, devenues adultes relativement tard en saison (juin-juillet) attendront l'année suivante pour se reproduire : vers août-septembre, elles commencent leur hivernage et ne pondront qu'au printemps. Sous les climats plus doux, les pontes printanières ont lieu plus tôt (dès mars-avril) et les larves, bénéficiant de températures plus élevées, achèvent plus vite leur développement : les jeunes adultes peuvent alors s'accoupler et pondre immédiatement, vers juin-juillet, donnant ainsi naissance à une deuxième génération de coccinelles, dont les adultes débuteront leur hivernage plus tard, en octobre-novembre, et pondront au printemps suivant. On peut donc observer des larves de coccinelles tout au long du printemps et de l'été, mais c'est généralement entre avril et juin qu'elles sont les plus nombreuses dans la nature.

Chez la coccinelle, l'hivernage se fait donc toujours au stade adulte : les coccinelles se mettent à l'abri sous des feuilles, de la mousse, dans les anfractuosités de l'écorce d'un arbre, dans un bâtiment, la fissure d'un mur... Elles peuvent aussi rentrer à l'intérieur des habitations. Dans ce cas-là, les pauvres sont condamnées à mort : les températures trop élevées les empêchent de se mettre au repos et elles meurent de faim. Si vous en trouvez une, mettez-la dehors !

Quelques espèces courantes de coccinelles

  • Coccinella septempunctata, la coccinelle à 7 points (coccinelle européenne), sans doute la plus courante ;
  • Adalia bipunctata, la coccinelle à deux points (coccinelle européenne) ;
  • Hippodamia undecimnotata, la coccinelle à 11 points (coccinelle d'Europe méridionale), petite, allongée, présentant un dessin particulier sur le pronotum (partie située entre la tête et les élytres), et dont certains des 11 points sont parfois tout petits ;
  • Hippodamia variegata (coccinelle européenne), qui présente des points en nombre variable et de forme irrégulière, une petite taille et une forme allongée ;
  • Harmonia axyridis, la fameuse coccinelle asiatique, espèce invasive en Europe et particulièrement vorace, y compris pour les larves de nos coccinelles indigènes... Celle-ci présente une couleur (rouge, noire, orange...) et un nombre de points très variables, et contrairement aux autres espèces, ses pattes sont entièrement oranges.
Une coccinelle à deux points et deux coccinelles asiatiques
Une coccinelle à deux points et deux coccinelles asiatiquesAgrandir l'image

>> Découvrir d'autres insectes auxiliaires et autres bestioles utiles au jardin :

Ceci peut aussi vous intéresser

Commentez cet article 4

Vous aussi donnez votre avis au sujet de :
La coccinelle, un insecte auxiliaire bien utile au jardin

Questions / réponses

Les dernières questions posées par les jardiniers sur Gerbeaud.com :

Voir tout Poser une question

Réactions

Emeline lachambre
04/12/2017, à Angers

Répondre

Est ce qu'on peut utliser les photos de votre site pour un TPE de première S. SVP !

Yves62750
05/02/2017, à

Répondre

Bonjour, j'ai un vrai doute sur le nom de la larve de la coccinelle à 7 points. La première semble bien baptisée mais la seconde, adulte, serait plutôt Harmonia axyridis. (coccinelle asiatique) !

Janot831
04/06/2016, à Nègrepelisse

Répondre

Bonjour . Vue le nombre de ponte de coccinelle sur mes pommiers , je pensais avoir beaucoup de ces jolies petites bête,s'était sans compter sur les fourmis qui a ce qui me semble détruisent les larves ,j'en ai trouvé une multitude desséchées sous les feuilles . Comment lutter contre les fourmis sans nuire a mes coccinelle . Merci pour la meilleurs réponse .

Bab911
01/08/2015, à

Répondre

Dans notre commune au sud de la région parisienne, l'an dernier nous étions envahis de coccinelles asiatiques qui pour l'instant ne se sont pas trop montrées. Elles rentraient dans la maison et c'était très gênant. Quel impact sur "nos" coccinelles ? Faut-il s'en débarrasser ? Comment ? Merci