Consommer local et de saison avec les AMAP

Le 2 mai 2010 par Clémentine Desfemmes

L’AMAP est un mode de consommation de proximité : un producteur fournit chaque semaine des paniers de produits frais, souvent des fruits et légumes, à un groupe d’adhérents. Fraîcheur, qualité, culture respectueuse de l’environnement, avantages de la vente directe : tout le monde y gagne !

Un peu d’histoire

Contenu d'un panier de fruits et légumes bioLe concept précurseur de nos AMAP est apparu dans les années 60, au Japon, avec des structures baptisées « teikei » (terme signifiant « mettre le visage du paysan sur les aliments »). Des mères de famille, inquiètes des méfaits de l’agriculture intensive, se regroupèrent et passèrent un accord avec un agriculteur, en s’engageant à lui acheter à l’avance la totalité de sa production, à condition qu’il n’utilise pas de produits chimiques. Aujourd’hui, un foyer japonais sur 4 s’approvisionne auprès d’un teikei.

Ce nouveau mode de consommation de proximité s’est exporté aux Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne, au Portugal et en France, où on l’a baptisé AMAP, pour Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (la première AMAP française a été créée en 2001). Fin 2008, on comptait 25.000 adhérents en France.

L’AMAP en pratique

Une AMAP est « un partenariat de solidarité et de proximité, entre un paysan et un groupe de consom’acteurs, pour une agriculture pérenne, économiquement, socialement et écologiquement ». Juridiquement, c’est une association loi 1901. Le principe de fonctionnement est simple : un contrat lie un producteur, ou paysan (au sens noble du terme), à un petit groupe de consommateurs adhérents de l’association.

Du côté du producteur

Le producteur s’engage à mettre à disposition de ses adhérents, périodiquement (en général, chaque semaine), des produits frais (généralement des fruits et de légumes, parfois aussi de la volaille, des fromages, des oeufs…), qui composeront le contenu du panier hebdomadaire. La nature des produits proposés ainsi que leurs quantités sont définies à l’avance, lors de l’élaboration du contrat. La disponibilité des denrées varie ensuite en fonction de la météo, semaine après semaine : l’AMAP, c’est d’abord des fruits et légumes de saison. Les goûts des uns et des autres sont généralement pris en compte : par exemple, pour ceux qui n'aiment pas les navets, ni les blettes, ou qui sont allergiques aux fraises, il est possible, dans une certaine mesure, d'échanger les produits entre eux selon les préférences.

Le contrat prévoit également le jour et l’heure auxquels le producteur doit mettre les produits à la disposition des adhérents de la mise à disposition des produits (par exemple, chaque mercredi soir), ainsi que le lieu (directement sur l’exploitation, ou bien dans un hall d’immeuble, une cour, sur un lieu de travail…).

Du côté des consommateurs

Les adhérents, de leur côté, versent lors de leur inscription une cotisation correspondant à une saison de paniers (par exemple, printemps/été, ou automne/hiver). En moyenne, le montant du panier varie entre 8 et 20€ par semaine, et la cotisation globale est définie par le contrat. L’engagement est pris pour une période d’environ 6 mois, avec, la plupart du temps, un règlement à l’avance. Cependant, selon les AMAP et les accords prévus par le contrat, les consommateurs dont les revenus sont limités peuvent se voir proposer la mensualisation des versements (encaissement échelonné des chèques), ou encore une réduction du prix du panier en échange d'une aide à la distribution.

Un commerce équitable de proximité

Récolte de melon de CavaillonPour le producteur, le versement à l’avance des cotisations présente l’avantage de pouvoir bénéficier d’une avance de trésorerie lui permettant de faire face aux aléas climatiques et aux pertes liées aux problèmes phytosanitaires (ravageurs et maladies des cultures). Il peut aussi assurer les achats (semences, engrais, traitements) et le paiement des salaires sans avoir recours à l’emprunt bancaire. Autre atout non négligeable, le producteur peut ainsi compter sur un débouché commercial sûr (l’engagement se fait sur une saison complète) et valorisant :

  • Le travail de l’exploitant agricole est correctement rémunéré, car la suppression des intermédiaires évite la multiplication des marges commerciales. AMAP, cueillette à la ferme, ou vente sur le marché, tous ces modes de commercialisation offrent les avantages de la vente directe : la totalité de la somme versée par le consommateur revient au producteur. L’AMAP est ainsi une forme de commerce équitable de proximité.
  • Le paysan sait qui consomme ses produits, et l’échange avec les consommateurs lui permet de valoriser socialement son activité.
  • Enfin, il n’y a pas de gaspillage. Tout ce qui est produit est consommé : pas de contraintes de calibre, laissons faire la nature ! Cela permet en outre de diminuer les prix de revient des produits (il faut savoir que pour les fruits et légumes vendus en grande distribution, c’est jusqu’à 60% de la récolte qui peut être laissée de côté).

Un concept très apprécié par les consommateurs

De son côté, le consommateur sait qu’il achète des produits de saison de qualité, ultra-frais (la récolte a généralement lieu le matin même du jour de livraison), et cultivés avec peu, voire pas du tout, d’engrais chimiques et de pesticides. Très souvent urbain, l’adhérent retrouve grâce à l’AMAP un lien avec le sol et la campagne, et l’agriculture renoue avec sa fonction nourricière originelle. En ce qui concerne les prix, ils sont équivalents à ceux des grandes enseignes de distribution, mais le rapport qualité-prix est incomparable. Enfin, les producteurs donnent parfois la priorité aux variétés de fruits et de légumes anciennes, parfois oubliées : c’est l’occasion, pour le consommateur, de redécouvrir de nouvelles saveurs, et de réapprendre à les cuisiner !

L’AMAP, c’est écolo

Fruits et légumes fraîchement cueillisEnfin, l’AMAP est une bonne façon de consommer écolo. Moins de transports et moins d’emballages allègent l’indice carbone des produits, et les modes de production agricoles sont souvent bio, ou du moins respectueux de l’environnement. Les méthodes agronomiques à mettre en œuvre par le producteur sont décidées par les partenaires :  elles s’inspirent le plus souvent de la charte de l’agriculture paysanne et du cahier des charges de l’agriculture biologique (la plupart du temps, les producteurs sont certifiés AB).

Respect de la nature et de ses rythmes, transparence, maintien de la diversité des populations animales et des variétés végétales, limitation des impacts des cultures sur l’environnement, lutte contre la pollution sont autant de valeurs défendues par les AMAP.

Lancez-vous !

Vous pouvez adhérer à une AMAP existante (voir l’annuaire sur le site www.reseau-amap.org), mais les places sont chères, surtout dans les grandes villes. Pour éviter les inscriptions sur liste d’attente, créez votre propre association. Il vous suffit de dénicher un producteur intéressé et de réunir une quinzaine de personnes motivées. Parmi les adhérents, il faudra désigner un « noyau dur » formant un comité de bénévoles. Idéalement, ce comité comprend un coordinateur, un trésorier, un responsable de la communication interne, et éventuellement un responsable animation. Parlez-en autour de vous !

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