Juillet au rucher

En juillet, la miellée se réduit de jour en jour. Depuis mai, des milliers de butineuses se sont épuisées du matin au soir à visiter toutes les fleurs du voisinage dans le but de constituer des stocks importants. Le moment est venu pour l'apiculteur de récolter sa part.

Extracteur tangentiel - D.R.

Extracteur tangentiel à manivelle
pouvant recevoir huit cadres.

La part en question –il n’est pas inutile de le rappeler- se trouve dans la (ou les) hausse(s). Le miel contenu dans le corps de ruche doit rester aux abeilles, il servira de provisions pour l’hiver. Certains apiculteurs extraient pourtant les deux ou quatre cadres latéraux du corps de ruche pour en récolter le miel. Puis, dans les jours suivants, ils reviennent avec de gros bidons pleins de sirop et nourrissent abondamment pour compenser. Cette pratique –rentable pour l’apiculteur- est à déconseiller : le meilleur aliment d’hiver pour nos amies ailées reste le miel, pas le sucre.

La récolte est à effectuer au plus tard fin juillet. Au-delà, bien que ce soit encore possible, il est toujours plus problématique de récolter : la miellée étant finie, les vieilles butineuses deviennent agressives et pillardes, les nuits se refroidissent davantage donc le miel coule moins bien. Choisissez une journée chaude et calme. Les jours d’orage et de vent sont à proscrire. Sortez les cadres l’un après l’autre, brossez les avec douceur pour chasser les abeilles et mettez les dans une hausse vide que vous aurez préalablement posée sur la ruche voisine. Enfumez le moins possible afin que le miel ne s’imprègne pas de l’odeur de la fumée. L’idéal est de travailler à deux : l’un qui tient l’enfumoir et l’autre qui manipule les cadres. Et lorsque la hausse est très lourde, on apprécie d’être deux pour la porter.
Trois appareils, tous en inox, sont nécessaires pour procéder avec facilité à la récolte : un bac à désoperculer, un extracteur et un maturateur.

  • Le bac à désoperculer : il recueille les opercules, c'est-à-dire les pellicules de cire qui obturent les alvéoles. Une fois le miel filtré, faites fondre la cire et échangez la contre des feuilles de cire gaufrée dans un magasin apicole.
  • L’extracteur : il existe quatre modèles : le tangentiel et le radiaire ; l’extracteur à manivelle et celui avec moteur électrique. Chaque modèle a ses avantages et un coût. Le moins cher est le tangentiel à manivelle. Inconvénients : il faut tourner la manivelle ; les cadres se déforment si l’on ne prend pas de précautions. A l’inverse, le radiaire à moteur électrique est le plus onéreux. Mais il permet de traiter plus de cadres à la fois sans les déformer. A vous de juger en fonction de vos moyens financiers. Disons tout de même que le modeste extracteur tangentiel à manivelle (voir la photo) convient très bien pour les apiculteurs qui n’ont que quelques ruches.
  • Le maturateur : ne choisissez pas un modèle trop petit. Celui de 100 kg est bien pratique, très maniable. Dans le maturateur, le miel se décante pendant plusieurs jours, toutes les petites particules de cire montant à la surface. Le robinet du bas permet de remplir facilement les pots avec un miel pur.

Après la récolte, traitez immédiatement contre le varroa avec les bandes Apivar. Une pochette de dix bandes convient pour traiter cinq ruches. Celles-ci devront rester de huit à dix semaines, le temps nécessaire pour que la molécule active agisse avec efficacité. Vers la mi-septembre, il faudra les retirer.

La récolte marque la fin de la saison apicole mais aussi le début des opérations d’hivernage. Nous en reparlerons dès le mois prochain.

D’ici là, offrez un petit pot de votre miel à vos voisins, amis, collègues et connaissances. S’il est vrai que  la musique adoucit les mœurs, il est non moins vrai que « le miel, symbole du savoir et de l’intelligence, apaise les tensions ».

Jean-Paul CHARPIN

Jean-Paul CHARPIN est apiculteur-conférencier. Si vous êtes intéressé(e) par une animation apicole dans votre établissement, contactez-nous !

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