Février au rucher

L'hiver est encore bien là. Au début du mois, la seule opération apicole à faire est la surveillance régulière du rucher.

Parpaing sur une ruche. D.R. Jean-Paul Charpin

Stabilisez le toit de la ruche

Une rafale de vent qui emporte un toit de ruche, c’est une colonie condamnée. N’hésitez pas à stabiliser les toits avec une pierre plate bien pesante.

Un pic-vert qui perce la paroi d’une vieille ruche, c’est aussi la fin de la colonie. Si votre rucher reçoit la visite inopportune de ce pourtant bel oiseau, agrafez une planchette sur le trou. Entourez la ruche d’un fin grillage plastique, ceci suffira à dissuader l’agresseur de toute nouvelle approche. Au printemps, vous transvaserez les cadres de cette vieille ruche dans une neuve.

Les après-midi où la douceur se fait sentir, observez l’activité des abeilles sur la planche d’envol. Les enseignements à en tirer sont nombreux :

  • un va et vient de butineuses chargées de pollen (noisetiers, saules) témoigne de la bonne santé de la colonie. La reine s’est remise à pondre. Si la douceur persiste, ajoutez une plaque de candi aux colonies dont les provisions sont un peu justes, sans déranger les abeilles bien sûr.
  • une activité réduite des abeilles, sans rentrée de pollen trahit une colonie en difficulté. Peut-être la reine est-elle morte durant l’automne ou l’hiver ? Ou alors la reine est là mais trop âgée pour pondre ? Comme il est trop tôt pour ouvrir la ruche, il faudra établir le diagnostic en mars.
  • aucune activité : la colonie est morte. De faim peut-être.
  • aucune activité, l’entrée est souillée d’excréments : la colonie est morte, sans doute de maladie (nosémose). Détruisez les cadres et les cires, passez les parois de la ruche à la flamme du chalumeau.

Quoi qu’il en soit, évitez d’ouvrir les ruches en ce début février, sauf dans le sud de la France.

Vers la fin du mois, effectuez le traitement anti-varroas. Choisissez un après-midi chaud et ensoleillé, introduisez rapidement dans les ruches les deux lanières APIVAR et refermez aussitôt. Tout refroidissement de la colonie est préjudiciable.

A l’atelier, profitez des mauvais jours pour préparer le matériel que vous utiliserez bientôt. Désinfectez à la javel vos outils (lève-cadres, brosse, gants). Réparez les vieilles ruchettes et ruches vides qui vous seront utiles au moment de l’essaimage.

Futur apiculteur, si vous souhaitez vous lancer cette année dans la production de miel, février sera le mois où vous devrez aménager l’emplacement de votre rucher. Renseignez-vous préalablement auprès de la préfecture ou d’un syndicat apicole pour connaître les distances de voisinage à respecter dans votre département. Prévoyez un espace bien ensoleillé, à l’abri des vents dominants. Quelques arbustes à proximité seront les bienvenus. Disposez au sol des parpaings en guise de support pour deux barres de fer ou deux poutres en bois. Les ruches que vous y poserez plus tard devront être à 30 ou 40 cm au-dessus du sol, pour éviter l’humidité.

En février, un beau temps trop précoce n’est pas à souhaiter : les colonies redémarreraient avant l’heure et ne supporteraient pas toutes un retour brutal du froid. Comme disaient les anciens, « il faut laisser l’hiver se faire » !

Jean-Paul CHARPIN

Jean-Paul CHARPIN est apiculteur-conférencier. Si vous êtes intéressé(e) par une animation apicole dans votre établissement, contactez-nous !

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