Août au rucher

Nos colonies ayant prospéré jusqu’en juillet ont atteint leur apogée. Désormais, les abeilles vont gérer l’existant et se préparer doucement à l’hivernage. Finies les folies de l’essaimage et des miellées abondantes. L’activité se réduit de jour en jour et le calme s’installe durablement sur la planche d’envol.

essaim sortant de la ruche - D.R.

Cet essaim est à l'étroit dans sa ruchette
6 cadres. "Il fait la barbe".

Si vous n’avez pas encore récolté votre miel, il faut y penser urgemment. Sinon, les vieilles butineuses qui deviennent agressives ne vous faciliteront pas la tâche. D’autre part, les nuits étant parfois froides en août, le miel se raidit dans les alvéoles, son extraction devient alors plus compliquée.

Pour les apiculteurs qui installent provisoirement ou à demeure leurs ruches en zone montagneuse, le plaisir de la récolte peut se transformer en cauchemar lorsque les hausses sont pleines de mélèzitose. Il s’agit d’un miellat que les abeilles butinent sur les arbres de la forêt. Ce miellat se fige dans les alvéoles, il est impossible de l’extraire. Vous avez alors des hausses pleines dont vous ne savez que faire. Le mieux est de les conserver en l’état dans un local sec, sain et fermé, jusqu’au printemps prochain. Le moment venu, ce mélèzitose pourra constituer une nourriture d’appoint. On pourra aussi le faire transformer par les abeilles en miel liquide, nous aurons l’occasion d’en reparler.

Même si les butineuses sont moins nombreuses, il en reste encore qui visitent le trèfle blanc, la vigne vierge et le lierre pour en rapporter pollen et nectar. Ces provisions, stockées dans les alvéoles laissées libres par la réduction de la surface du couvain, serviront à passer l’hiver. Bien que des butineuses soient encore actives, il faut penser à nourrir les colonies dont les réserves s’avèrent insuffisantes. Ce nourrissage est à effectuer dès le début du mois. En effet, on sait que la prise du sirop et son stockage épuise les abeilles. Il vaut donc mieux faire effectuer ce travail par les vieilles butineuses qui, de toute façon, ne verront pas l’hiver. Utilisez pour cela un sirop du commerce. Vous pouvez aussi le réaliser vous-même. Dosez à 60-40, soit 60% de sucre et 40% d’eau. Ajoutez un peu de miel pour donner au mélange une odeur agréable et inciter les abeilles à emmagasiner cette nourriture d’appoint.

Il est bon aussi de donner à toutes les colonies un sirop stimulant, dosé à 40 % de sucre et 60% d’eau. Ce sirop stimulera la ponte de la reine. Les abeilles qui naîtront à la suite de cette ponte seront celles qui assureront le lien avec celles du printemps prochain. Plus ces abeilles d’automne seront nombreuses, plus la colonie sera en mesure de résister aux frimas hivernaux.

Traitez impérativement vos colonies contre le varroa. Comme chacun sait, ce parasite se développe de manière exponentielle. Sans traitement, la colonie est condamnée à brève échéance. N’utilisez que des produits homologués, ils ont fait leurs preuves. Renseignez-vous auprès du syndicat apicole de votre région.

Avec la durée des jours qui décroit inexorablement et le nombre de fleurs qui se réduit comme peau de chagrin, nos amies savent d’instinct que leur tâche est quasiment accomplie. Elles s’accordent en août un peu de répit dans l’attente craintive des deux saisons plus ou moins hostiles qui arrivent.

Chères amies ailées, vous nous avez procuré plaisir et satisfactions. Vous avez bien mérité un peu de repos. Bonnes vacances à vous aussi !

Jean-Paul CHARPIN

Jean-Paul CHARPIN est apiculteur-conférencier. Si vous êtes intéressé(e) par une animation apicole dans votre établissement, contactez-nous !

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